Gare du nord

Le mardi 12 novembre 2019, Jean-Pierre Farandou, président du directoire de SNCF, a commémoré le 101ème anniversaire de l’Armistice de 1918 en présence de nombreuses personnalités et de Zelda Crambert, directrice des lignes Transilien HK.

Jean-Pierre Farandou, Mme Alexandra Cordebard, (à gauche) Maire du Xème arrondissement de Paris et Mme Maxence Ansel (à droite), conseillère régionale d'Ile-de-France.

De nombreux élus, des représentants des associations d’anciens combattants, des administrateurs de SNCF et des responsables des organisations syndicales étaient présents aux côtés de Jean-Pierre Farandou pour cette cérémonie. Après l’accueil des personnalités, l’orchestre Harmonie du Chemin de Fer du Nord a interprété une marche militaire qui a conduit le cortège jusqu’au Monument aux Morts de la gare de Paris-Nord, où des gerbes ont été déposées. Un moment suivi d’une minute de silence et de la Marseillaise.

Le Président de SNCF a salué la mémoire des 7 500 cheminots morts pour la France c qui ont assuré l'acheminement des troupes, le ravitaillement du front, le transport des blessés, des permissionnaires, puis à partir de 1915, le retour des démobilisés, des prisonniers :

«Nous nous inclinons devant leur grandeur. Ne les oublions pas ; n 'oublions pas ces guerres dont le souvenir nous engage à nous battre tous les jours, pour la paix et pour la liberté», a-t-il conclu.

 

 Discours du président M. FARANDOU Jean-Pierre

Gare du Nord - Mardi 12 novembre 2019

Cérémonie de commémoration du 11 novembre 1918

 

 

 

 

Madame la Maire du 10e arrondissement de Paris,

Madame la Conseillère régionale d'Ile-de-France, représentant la Présidente de la Région Ile-de-France,

Monsieur l'administrateur général, chef du service de la mémoire et des affaires culturelles, représentant Monsieur le Préfet de Police de Paris,

Monsieur le sous-préfet représentant monsieur le Préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris,

Monsieur le Président du Comité Régional du Tourisme Paris Ile-de-France

 

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les représentants des autorités militaires.

Mesdames et Messieurs agents de la Surveillance Générale de SNCF,

Mesdames et Messieurs les Présidents et représentants des associations d'anciens combattants qui faites tant pour honorer la mémoire de tous les agents SNCF, nos collègues, nombreux et exemplaires, parles Français, morts pour la France,

Mesdames et Messieurs les administrateurs de SNCF et Responsables des organisations syndicales,

Mesdames et Messieurs, Chers collègues cheminots,

Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, chers amis.

Je vous remercie de votre présence, en gare du Nord, pour célébrer le 101e armistice du 11 novembre 1918, qui acte la fin de la « Grande Guerre » que l'on appelait également la « Der des Ders » car tous voulaient que cette première guerre mondiale soit aussi la dernière.

Le 7 novembre 1918, le Maréchal Foch quitte Sentis avec la délégation britannique. La voiture restaurant 2419D a été aménagée en bureau par la Société des Wagons-Lits. C'est au cœur de la forêt de Compiègne qu'elle est utilisée pour la première fois.

A quelques mètres, un autre train est arrêté dans la brume. Les deux trains sont garés sur deux tronçons de voies ayant leur origine dans la gare de Rethondes. Ces voies faisaient partie d'un épi de 4 voies destiné à l'artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF).

Peu de temps après leur arrivée, le Maréchal Foch fait prévenir les plénipotentiaires qu'il les recevra dans son train à 9h00. Les négociations commencent.

Le 11 novembre à 2h05, le général Weygand donne lecture du texte définitif des conditions d'Armistice. Il comprend 24 articles spécifiant notamment la cessation des hostilités 6 heures après la signature de l'Armistice, l'évacuation des pays envahis, l'abandon du matériel de guerre, matériel de chemin de fer, retour des prisonniers...

Le 11 novembre à 5h20 du matin l'armistice est signé.

A 11H00, la sonnerie « Cessez le feu » retentit sur le front.

C'était la fin de 4 longues et terribles années de combats meurtriers, la fin d'une guerre mondiale.

Les français et leurs alliés ont célébré leur victoire. Ils s'étaient battus pour leur patrie et pour la liberté. Ils avaient consenti pour cela, à tous les sacrifices et à toutes les souffrances. Ils avaient connu un enfer que nul ne peut se représenter. Une victoire amère.

Dès le lendemain de l'armistice, commença le funèbre décompte des morts, des blessés, des mutilés, des disparus. En France mais aussi dans chaque pays.

Les pertes humaines de la première guerre mondiale s'élèvent à environ 18,6 millions de morts. Ce nombre inclut 9,7 millions de morts pour les militaires et 8,9 millions pour les civils.

Vainqueurs et vaincus furent plongés pour longtemps dans le même deuil. La France, principal théâtre des combats, compte 1,7 million de morts, dont 300 000 civils.

Il n'existe pas de commune sans monument aux morts. Ils sont 30 000 monuments aux morts à égrener la litanie des noms d'une jeunesse disparue. Parmi eux, 7500 cheminots sont morts pour la France. Ils étaient mobilisés à leur poste, où ils ont assuré le départ des rappelés et l'acheminement des troupes, le ravitaillement du front, le transport des blessés, celui, à partir de 1915, des permissionnaires ; puis le retour des démobilisés, des prisonniers, des morts enfin.

Guerre mondiale, guerre totale.

Les femmes, pilier de l'effort de guerre, aux champs, dans les usines, dans les hôpitaux, les femmes répondent massivement et dès le début à l'effort de guerre : c'est le travail, l'aide bénévole, le quotidien du foyer à gérer seule, le soutien moral au soldat, avec l'aide des enfants. Les femmes de la Grande Guerre ont aussi subi, dans les territoires du Nord, les douleurs de l'occupation. D'autres ont décidé de résister au patriotisme aveugle en s'opposant au militarisme et à la guerre ou en dénonçant des conditions de travail pénibles, dangereuses et sous-payées. En 1918, 800 000 veuves noircissent le paysage, mais le grand nombre de morts et de mutilés met une chape de plomb sur leur douleur et leurs difficultés de vie.

Sur ce sol de France, le monde entier était venu combattre. Des jeunes hommes de toutes les provinces et de l'Outre-mer, des jeunes hommes venus d'Afrique, du Pacifique des Amériques et d'Asie sont venus mourir loin de leur famille dans des villages dont ils ne connaissaient même pas le nom.

Soldats indigènes recruté dans les colonies françaises de l'Afrique subsaharienne, les tirailleurs sénégalais ont été de tous les combats. Ils sont en première ligne avec les poilus pendant la Grande Guerre. Ce sont environ 200 000 sénégalais qui se battent sous le drapeau français, dont plus de 135 000 en Europe. Environ 15 % d'entre eux, soit 30 000 soldats, y ont trouvé la mort soit plus de 2 % des pertes totales de l'armée française et beaucoup sont revenus blessés ou invalides.

La France sait ce qu'elle doit à ses combattants et à tous les combattants venus du monde entier. Nous nous inclinons devant leur grandeur.

Ne les oublions pas ; n'oublions pas ces guerres dont le souvenir nous engage à nous battre tous les jours pour la paix et pour la liberté.

 

Je vous remercie.