Intervention de Didier Le Reste à la Mairie du 10ème arrondissement de Paris

 

 

Mesdames, Messieurs, Chers Amis Chers camarades,

J’ai le plaisir au nom de la municipalité du 10ème arrondissement de Paris à vous souhaiter la bienvenue en ces lieux qui vous sont maintenant familiers puisque vous y tenez depuis quelques temps le conseil national de votre association, je dirai de notre association, l’Association Nationale des Cheminots Anciens combattants, Résistants, Prisonniers et Victimes de guerre.

Avec cette cérémonie en cette Mairie, succédant à celle tenue ce matin en gare de l’Est, nous honorons celles et ceux qui ont combattu l’occupant et au prix de leur vie nous permettent d’être libres aujourd’hui.

Les résistants Français et ajoutons-y les étrangers au moment où le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie reprennent de la vigueur, oui honorons tous les combattants patriotes qui n’ont jamais courbé l’échine pour maintenir la France au combat contre la plus abominable entreprise de barbarie que l’humanité ait connue.

Résister et combattre c’est être fidèle aux idéaux défendus par ces résistants anonymes ou plus emblématique comme a été Pierre Semard ou encore Guy Moquet qui écrivait avant d’être fusillé sur une planche de la baraque 19 au camp de Chateaubriant :

« Les Copains qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir »

A cet instant, on pense bien naturellement comme cela a été rappelé ce matin au lourd tribut que la corporation des cheminots a payé à la liberté, à l’indépendance et à la paix.

Oscar Wilde disait « La jeunesse est le seul bien qui vaille »

74 ans après sa publication, les valeurs que le programme du CNR affirme : « Liberté, Justice sociale, Solidarité » sont à l’évidence à leur seul énoncé, les seuls susceptibles de constituer le socle d’une République Citoyenne où la jeunesse peut trouver les repères dont elle a besoin.

C’est pourquoi, il convient de saluer et d’encourager toutes les initiatives qui portent le devoir et le travail de mémoire singulièrement en direction des jeunes générations.

Le temps passe mais le temps ne tue pas le Passé quand les enseignements d’hier conservent un caractère d’actualité.

La tendance de l’histoire, c’est toujours de perdre la relativité.

Lorsque le devoir de mémoire n’est pas répété et que la transmission des faits historiques n’est pas correctement réalisée, il se trouve toujours quelques révisionnistes et ils sont plus nombreux depuis quelques années, qui s’empressent de la déformer pour mieux nous la faire oublier.

Commémorer, rendre hommage, n’a rien d’archaïque, de passéiste, mais c’est nous attacher modestement mais dignement, avec lucidité et détermination à être les fiers héritiers de celles et ceux qui sont morts pour notre liberté pour lesquels nous nous devons de prolonger leur combat.

Ceci afin de mieux comprendre les défis de notre société d’aujourd’hui et de construire l’avenir.

En ce sens, il faut saluer l’action pour la PAIX engagée sans relâche par l’ANCAC dans un contexte notamment international ou les foyers de tension nationalistes, les guerres régionales se développent comme progressent les extrémismes et populismes de tous poils.

Comme les cheminots l’ont montré ces derniers mois par leur lutte exemplaire visant à s’opposer aux politiques de casse du bien commun, du démantèlement d’un grand service publique en résonnance avec le programme de CNR.

Ne laissons jamais sans réagir, salir la mémoire des résistants, travestir la réalité de faits historiques.

Unis par leur statut depuis 1938, les cheminots sont porteurs d’esprit de solidarité et de lutte, valeurs qui sous l’occupation, structurent de manière prépondérante une conscience de résistance reconnue historiquement et politiquement.

Ainsi la corporation dans sa plus large composition s’est particulièrement distinguée par des actes de résistance, de désobéissance, de désorganisation et de sabotage des transports malgré un attachement légendaire à leur outil de travail.

Vous le savez sans doute, à partir d’une histoire vraie a été réalisé un film intitulé « Je suis vivante et je vous aime – SARAH »

C’est justement l’histoire d’un train de déportés juifs. Celui-ci s’immobilise dans une gare, un incident matériel provoqué par un sabotage en est la cause. Les soldats Allemands sont furieux et menaçants. Ces trains étaient encadrés, rappelons-le, par l’armée Allemande, par les SS, la gestapo, et aussi par des cheminots Allemands. Il était impossible de les approcher. Un cheminot assure l’inspection du train, il entend une voix et un message tombe sur le ballast. A partir de cet écrit, il tentera de sauver une famille sans y parvenir. Un seul rescapé un petit garçon qu’il va adopter.

Oui dans notre corporation, la résistance a été à l’honneur des cheminots. Nous pouvons en être fiers et nous comporter comme de dignes héritiers de ces engagements.

C’est pourquoi, sans fétichisme du passé, des commémorations comme celle d’aujourd’hui sont indispensables pour le devoir et le travail de mémoire, pour honorer celles et ceux qui ont perdu la vie au combat mais aussi et surtout pour rappeler les valeurs auxquelles ils croyaient et la noblesse de leur engagement.

Le grève du 10 août 1944 dont on commémore aujourd’hui le 74ème anniversaire, qui constituera une phase ultime de la « Bataille du rail », la seule grève dont aimait à rappeler notre Camarade Georges Séguy qu’elle fût politique puisque « insurrectionnelle » participe de cette haute ambition que je rappelais précédemment.

 

 

Didier LE RESTE

 


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