Chaque année à la même date, nous nous réunissons pour commémorer la grève insurrectionnelle du 10 août 1944.

 

Chaque année nous nous rappelons le sacrifice de ces résistants de ces anonymes.

Mais ce qui a amené l’héroïsme des cheminots en 1944 doit être connu des plus jeunes générations, En ce sens cette commémoration qui précède celle de l'arc de triomphe dans la soirée doit avoir valeur pédagogique.

Oui l'amour de la paix, de la fraternité, de la liberté, de l’égalité, l'espoir d'un avenir meilleur, le refus de l'ordre établi de l'occupant nazi ont été les moteurs de celles et ceux qui se sont engagés, parfois au péril de leur vie, dans la résistance.

Le dire, le répéter constitue une modeste pierre à l’édifice de la mémoire collective quand tous les moyens sont utilisés pour gommer, effacer de la mémoire les réalités de cette période.

La grève du 10 août 1944 a contribué, avec d’autres évènements, au soulèvement des parisiens pour libérer Paris.

Mais cette grève insurrectionnelle n’est pas arrivée toute seule, elle est la suite de plusieurs évènements qui l’ont précédée :

  • Le 1er mai et le 14 juillet 1944, les cheminots participent aux grèves et aux manifestations. Nombre d’entre eux sont arrêtés, déportés.
  • Le 6 août, la fédération CGT des cheminots, encore dans la clandestinité, dépose un ultimatum à la direction de la SNCF. Elle exige avant le 10 août la libération de milliers de résistants emprisonnés et que satisfaction soit donnée à plusieurs revendications.
  • Le 10 août 1944, les Organisations syndicales appelaient les cheminots à la grève afin de paralyser les transports ferroviaires des troupes hitlériennes.

  Dans la journée, ce mouvement gagne d’autres ateliers. Au soir du 10 août des milliers de cheminots sont en grève dans une vingtaine d’établissement, l’action se développe dans les gares et les dépôts.

 Tous ces évènements, ne se déroulent pas sans réactions de l’occupant nazi qui poursuit les arrestations les prises d’otages, les fusillades et les déportations.

Il faut se souvenir que le soulèvement Parisien et la libération de la France n’est pas un évènement spontané mais bien le fruit d’hommes et de femmes qui dès 1940, alors que la CGT œuvrait dans la clandestinité, ont choisi la résistance à l’occupant nazi au péril de leur vie. Je cite Jean FUMEAUX « le 11 novembre 1940, le jour où les étudiants manifestaient à l’Arc de Triomphe, nous, on obtenait un arrêt de travail de dix minutes ».

 

Des morts et des déportations les cheminots en ont compté 1370 dans les combats ou les destructions, citons ici Pierre SEMARD, Auguste GARNIER, Jean CATELAS ou encore Georges WODLI tous dirigeants de la fédération CGT.

Le programme issu de l’ensemble des forces françaises de la résistance réunies dans le CNR fixait des objectifs de progrès social mais surtout de liberté :

  • Liberté de la presse, des associations, de manifester, droit de grève.
  • Sécurité sociale, droit à la santé, à la retraite, statut de la fonction publique,création des Comité d’Entreprise. Le droit aux loisirs, à l’instruction, à la culture, au travail et à un revenu décent.
  • En matière économique, le programme se donnait les moyens du contrôle par la nationalisation des secteurs clés de la vie économique : La production d’énergie, les communications et les transports.

Parce qu’il constitue encore notre quotidien, ce programme n’appartient pas au passé, il porte des valeurs d’émancipations humaines et de civilisations. Il se conjugue au présent et notre devoir est de le faire connaître aux jeunes générations. Son nom les jours heureux.

Résister, le mot n’est pas de trop aujourd’hui et il convient plus que jamais de le conjuguer au présent comme aimait à le dire Lucie AUBRAC ou comme l’explique Robert HERNIO dans son ouvrage « Avant que les cloches sonnent ».

Un seul mot d’ordre RESISTER !!!

Nous nous devons, en ce 88ème anniversaire de l'ANCAC, saluer le travail de ses membres.

Cette association qui fournit à travers la vie des sections la matière à sauvegarder, pour l'avenir, la mémoire de ce passé que certains voudraient voir oublié. Et exige la reconnaissance des droits des anciens combattants. En ce sens, il faut saluer l’action pour la PAIX engagée sans relâche par l’ANCAC.

Même si aujourd’hui la période est différente, les enjeux sociaux sont au cœur des débats, notamment, la remise en cause des indemnités chômage et celle du système des retraites et l’âge du départ à taux plein.

C’est le sens du combat mené par la CGT et la fédération des cheminots lorsqu’elle s’oppose au démantèlement de l’entreprise publique de service public.

La question de la survie des territoires et du rôle des services publics dans le pays sont de plus en plus posés.

L’exemple récent d’un gouvernement, sans réelle prise en compte des réalités. Avec la valse-hésitation autour d’un train de primeurs, qui a conduit une personne bornée, nouvellement en charge de l’écologie, à faire rouler un train vide et parallèlement 80 camions.

Du rapport de forces dépendra notre capacité a réorienter certains éléments prévus par la directions de du GPF et le gouvernement. D’ores et déjà des perspectives d’actions sont lancées pour la rentrée.

Devant la remise en cause systématique des acquis sociaux, la CGT pour aujourd’hui et pour demain continuera d’exiger de nouveaux droits pour les salariés.

 

 

              Philippe DELESPAUX

            Secrétaire National Adjoint