Ouverture du conseil national par Robert Baptier

 

 

Deux mois et demi viennent de s'écouler depuis notre assemblée générale nationale. Nous pouvons saluer sans dommages la fin heureuse de la canicule. aujourd'hui comme chaque année depuis 1967 nous commémorons la grève déclenchée le 10 août 1944 à l'initiative des cheminots qui fut déterminante dans la libération de Paris. Elle s'inscrit dans l'histoire de notre lutte pour nos libertés et notre indépendance. En cette année 2019 pour ses 75 ans nous ferons de la commémoration un symbole pour faire œuvre de mémoire et pour que l'histoire n'oublie pas dans toutes les régions de la France occupée.  Les cheminots ont su s'organiser résister pour chasser l'occupant, susciter des arrêts de travail, des grèves.  La grève partie de la région parisienne a eu un effet prépondérant dans l'insurrection populaire et la libération de la France. Nous saluons  la mémoire de tous les combattants français et alliés tombés pour la libération du pays. Pendant ces 5 années de guerre, de multiples arrêts de travail, d'actions revendicatives viennent s'ajouter aux actes de sabotage et entretenir et développer l'esprit combatif à l'appel du comité central de grève des cheminots. Le10 aout la grève insurrectionnelle est lancée. Elle débute dans les gares de Vitry, Villeneuve, Noisy-le-Sec, La plaine, Montrouge, Charolais et la Villette. Les arrêts de travail s’enchainent.

 

Dans les jours qui suivent la grève générale touche les grandes villes comme Nice Toulouse Marseille Draguignan. Les 18 et 19 aout Toulouse déclenche la grève. Le drapeau tricolore est hissé à MATABIAU.

S'en est fini pour le moment de la canicule dans les hôpitaux les EHPAD, les urgences sont en permanence au bord de la rupture et leurs personnels sont en grève depuis plus de 4 mois.

Les pompiers sont confrontés à des interventions toujours plus nombreuses avec des effectifs inchangés par rapport aux besoins.

À l'école à l'université les vacances ne changeront rien avec le rejet de la réforme Blanquer.

Le calme relatif à la SNCF ne doit pas faire illusion. Le gouvernement a lancé ses brûlots sur les retraites et l’assurance chômage au début de l’été. Macron a un objectif bien précis porter un coup fatal aux différents régimes de retraite au profit d'un système unique dans le même temps la réforme ferroviaire fragilise le financement du régime spécial des cheminots à statut.

Comment dit-on déjà ? pour l'instant ça va ….

La politique étrangère en France et dans les pays de l’Europe n'existe pas. Les bruits de bottes se font pressant du côté de l’Iran alors que les crises s’enlisent en Syrie et au Vénézuela.

L’Accord de l'Union européenne sur le Mercosur et le CETA est en cours, et dont nous ne connaissons pas le réel contenu ils veulent nous faire manger de la viande latino-américaine issue de l'élevage intensif bourrée d'antibiotiques, amarré aux griffes de l’agrobusiness Qui se soucie peu de la planète avec la déforestation au Brésil.

Sur la situation générale vous l'entendez chaque jour à la télévision ou à la radio la situation économique se dégrade de jour en jour. Fermetures d'usines, d'entreprises, les villages et les villes de province voient le service public raréfié vous pourrez bientôt acheter votre billet de train au bureau de tabac du coin c'est cela le progrès voulu par le gouvernement macron. La loi pour un nouveau pacte ferroviaire de juin 2018 va transformer le Groupe Public  Ferroviaire (GPF) et ses filiales on a un Groupe Public Unifié (GPU) au 1er janvier 2020. Si cette réforme devait se mettre en place en l'état elle impacterait l'ensemble des activités des cheminots, les activités voyageurs et marchandises.

L'annonce de l'arrêt du train reliant Perpignan à Rungis : ce train de primeur est une des liaisons ferroviaires qui acheminent des produits frais. Une mobilisation massive a permis de retarder ce projet.

Il faut aussi soutenir le référendum d’iniative partagée (RIP) contre la privatisation d’Aéroports de Paris.

Concernant la campagne double, les dérisoires retombées du décret censé apporter la réponse du gouvernement à cette question, provoque de la colère. La FNACA avait saisi le défenseur des droits pour lui affirmer le caractère spécifique de la guerre d’Algérie qui écarte ipso-facto les participants du bénéfice des mesures accordées aux autres générations du feu…

Nous entendons bien faire valoir que la volonté politique doit surmonter ces obstacles juridiques ces conditions sont discriminatoires en ceci qu’elles n’ont été prises que pour des impératifs budgétaires.   

Les mesures rognant le pouvoir d’achat ne cessent de tomber. Notre devoir est de réagir, nous l’avons fait le 04 juin dernier chez les cheminots pour dire non au blocage des pensions de retraite pour une fiscalité plus juste. Il est prévu des moments d’actions du septembre. Les attaques incessantes sur la Sécurité Sociale créée en 1945 dans un pays en ruine fut conçue par le conseil National de la Résistance. Comme un système universel démocratique accessible à tous. Qui pourrait nous faire croire aujourd’hui que ce système n’est plus viable. Les veuves attendent toujours le rétablissement de la demi-part fiscale, il faut revaloriser la retraite de CBT.

Mon prédécesseur Robert MOULLIERE est intervenu par courrier auprès du premier ministre pour la campagne double, cette lettre est pour l’instant restée sans réponse. Au cours de l’Assemblée Générale de l’UFAC, Robert est intervenu auprès de la secrétaire d’état, elle à reconnu que le décret du 10 juillet 2010 ne réglait en rien la situation. Elle avait acceptée de se pencher sur le dossier en nous demandant de lui fournir des éléments supplémentaires.

Le dossier de la campagne double nous rappelle que cette guerre sans nom, décidément, on n’en aura pas fini. Cette histoire encore à vif. Cette mémoire empêchée, censurée, un travail de longue haleine de l’ANCAC pour faire vivre notre demande de campagne double.

 Ce combat que nous menons nous rappelle cette guerre, notre engagement en AFN, nos douleurs. Comment oublier ce passé qui nous colle à la peau, nous, les appelés du contingent. Mais l’histoire nous rattrape avec ce mépris à notre égard, continuons notre action c’est toujours le temps passé en opération de guerre qui justifie l’octroi de la campagne double aux autres générations de feu. En effet, aucun document officiel ne permet aux anciens combattants d’établir le nombre d’actions de feu ou de combat qu’ils ont essuyé le décret les met dans l’impossibilité de démontrer quoi que ce soit. Ce qui les prive purement et simplement du droit à réparation qu’ils tiennent de la loi de 1924 en raison de leur participation à des opérations de guerre.  

L’ANCAC veut fédérer les autres associations d’Anciens Combattants sur cette revendication.

Il est indispensable de s’unir pour agir avec efficacité. Pour rester les porte-voix des intérêts de nos adhérents.

Robert BAPTIER