La grève des cheminots et l’insurrection Parisienne

 

De Gaulle comme les résistants tien­nent à ce que les Parisiens partici­pent à leur propre libération. Mais alors que les organisations clandestines de la mouvance communiste prônent la grève générale pour déboucher sur une insur­rection libératrice, la plupart des autres et les représentants d'Alger voudraient une insurrection brève précédant de peu l'ar­rivée des Alliés. Or, à la mi-août, après avoir gagné la bataille de Normandie, les Amé­ricains se préparent plutôt à contourner la capitale pour éviter une bataille coûteuse en temps et en hommes. En décidant fina­lement, toutes tendances confondues de déclencher l'insurrection, les résistants vont leur forcer la main. Le 19 août, les édi­fices publics sont occupés. Paris se couvre de barricades le 22, jour où Eisenhower autorise la 2e DB du général Leclerc et la 4e DI américaine à marcher sur la capitale, qu'elles libèrent le 25 août.

 

Dans l'accord unanime pour lancer l'in­surrection, la grève générale déclenchée au préalable en région parisienne joue un rôle important. Les cheminots ont été à son origine, en particulier les militants de la CGT et des comités populaires. Un comité central de grève a été constitué dès le mois de mai. Ce sont les manifestations patrio­tiques du 14 juillet 1944 qui enclenchent le processus. Des débrayages ont lieu dans nombre de dépôts et ateliers SNCF et des manifestations imposantes se déroulent dans Paris, à Ménilmontant et en banlieue, notamment à Vitry-sur-Seine où sept cheminots sont arrêtés par les Allemands. Dans les semaines qui suivent, pour obtenir leur libération des mouvements de grève alternent avec des prises de paroles par des cheminots résistants que protè­gent des camarades armés.

Le jeudi 10 août, la plupart des ateliers et des dépôts de la région pari­sienne sont touchés par des arrêts de tra­vail de durée variable. La grève devient véritablement générale le lendemain. Les Allemands prennent alors des otages, ce qui provoque des retours au travail le plus souvent symboliques.

A partir du 15, le mou­vement franchit une étape décisive : il s'é­tend à une partie de la police parisienne, aux transports, puis aux postiers et conduit, le 18, la CGT et la CFTC à proclamer la grève générale interprofessionnelle. Le lende­main, l'insurrection parisienne débute.

Durant l'insurrection, tandis que cer­tains cheminots participent aux combats de la Libération dans les rues de la capitale, d'autres prennent le contrôle des dépôts et ateliers. Ils en organisent la garde et la surveillance pour les protéger contre les tentatives de destructions par les Allemands en retraite et contre les éventuels pillages

 


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