Conférence de paix de Paris de 1919

 

C'est une conférence internationale, organisée par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale afin de négocier les traités de paix entre les Alliés et les vaincus, (les Allemands ne sont pas conviés !)

La conférence débute le 18 janvier 1919

Elle se termine en août 1919, après 6 mois de discussions et 1 646 séances tenues par 52 commissions techniques avec entre-temps quelques interruptions. Elle prépare le traité de Versailles avec l’Allemagne qui sera signé en juin 1919. Elle consacre la disparition de trois empires, l'Empire allemand, l'Empire austro-hongrois et l'Empire ottoman, et la création de nouveaux Etats en Europe : renaissance de la Pologne, création de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie.

Les colonies allemandes sont partagées entre le Royaume-Uni, la France, la Belgique, l'Afrique du Sud, les États-Unis et le Japon, tandis que le Proche-Orient, anciennement possession turque, est divisé en mandats attribués par la Société des Nations à la France et à l'Angleterre. Des réparations de guerre sont exigées de l'Allemagne, qui voit son territoire à l'est amputé, entre autres, du couloir de Dantzig, administré par la Pologne, comme d'une partie de la Haute-Silésie, tandis que le Reichsland Elsass-Lothringen (Alsace-Lorraine) redevient Français, que le nord du Schleswig redevient Danois et que la région d'Eupen et de Malmédy est donnée à la Belgique.

NB - Il n'aura fallu que 45 minutes pour signer la paix qui met fin à quatre années d'hécatombe sans précédent. 27 délégations représentant 32 puissances se sont réunies dans la Galerie des Glaces du château de Versailles. Le traité crée la Société des Nations et définit les sanctions contre l’Allemagne forcée à accepter ce qu’elle considère comme un « diktat »

 

Pourquoi ce traité prépare la seconde guerre mondiale ?

Ils sont quatre. L'Italien Orlando, le Britannique Lloyd-George, le Français Clemenceau et l'Américain Wilson. A eux quatre, ils ont rédigé le traité qui va s'imposer aux 32 puissances qui vont se réunir dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, et surtout à l'une d'entre elles : l'Allemagne.

Les négociations durent depuis six mois et les quatre alliés ont eu bien du mal à s'accorder sur une version finale. L'Italie n'est pas satisfaite : Orlando a d'ailleurs un moment claqué la porte pour soutenir ses revendications. Rome veut en particulier planter son drapeau sur la côte dalmate de la mer Adriatique. Mais elle sera attribuée à la toute nouvelle Yougoslavie. L'Italie est furieuse de cette demi-victoire.

Mais sa colère et sa frustration ne sont rien à côté de celle de l'Allemagne. Elle qui ne s'estime pas vaincue par les armes subit l'humiliation de devoir entériner une défaite à l'endroit même où elle a vécu sa plus éclatante victoire : celle de 1870. C'est en effet dans cette galerie des Glaces où les tables sont disposées sous la figure de Louis XIV, qu'elle a proclamé l'empire allemand. Les Français n'ont pas manqué cette occasion de rendre l'affront. Elle doit aussi signer un texte sur lequel elle n'a pas eu un mot à dire. Ce n'est que le 7 mai qu'elle en prend connaissance. Berlin multiplie les demandes d'amendements et les contre-propositions. Tout est rejeté. Elle connaît donc l'ampleur de la sanction en arrivant sous les ors versaillais : elle perd 15% de son territoire, huit millions de citoyens, doit laisser la France exploiter une partie de son charbon, voit ses forces armées réduites à portion congrue et doit accepter une zone démilitarisée le long du Rhin. Face à ces conditions, l’Allemagne doit accepter des réparations encore non définies, mais d'un montant qu'elle sait d'avance astronomique.

Partout en Allemagne, le traité n'est déjà plus appelé que par son surnom : le "Diktat" de Versailles. Les vainqueurs pensent qu'il servira de leçon aux Allemands et fera vraiment de cette abominable guerre la "der des ders".

En juin 1919, un caporal bavarois né en Autriche, véritable héros de guerre, se découvre des talents d'orateur en assurant la propagande anticommuniste parmi les soldats, à la demande de ses supérieurs. Il ne digère pas cette paix et moins encore ce traité. Dans l'ébullition révolutionnaire qui saisit l'Allemagne de 1918-1919, il est chargé de surveiller un groupe ultranationaliste. Il ne tardera pas à le rejoindre. Le monde va bientôt apprendre son nom : il s'appelle Adolf Hitler.

 

Dates des traités après l'armistice de 1918...

  • Le traité de Versailles le 28 juin 1919 entre les Alliés et l'Allemagne,
  • Le traité de Saint-Germain-en-Laye le 10 septembre 1919 entre les Alliés et l'Autriche,
  • Le traité de Neuilly le 27 novembre 1919 entre les Alliés et la Bulgarie,
  • Le traité de Trianon le 4 juin 1920 entre les Alliés et la Hongrie,
  • Le traité de Sèvres le 10 août 1920 entre les Alliés et l'Empire ottoman.