Création de la sécurité sociale

 

 

1945 les ravages de la guerre ont mis en lumière la fragilité de l'archi­tecture de la protection sociale do­minée par les dispositifs optionnels: mutuelles, assurances sociales...

Dès 1944, le Conseil National de la Résistance élabore un « plan com­plet de sécurité visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence ».

Dans la France libé­rée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain, ajoute Ambroise CROIZAT de la fédération CGT de la métallurgie. C'est à lui que revient la responsabilité d'éla­borer les grandes lignes du projet. A partir du constat des limites des assurances sociales de l'époque et de la place prise par les salariés et leurs organismes syndicales et politiques dans la résistance, celui-ci inscrit dès 1944 le principe d'un plan complet de sécurité sociale visant à « assurer à tous les citoyens des moyens d'existence dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail ».

 Dans un pays ravagé par la guerre, mettre en œuvre une protection sociale pour laquelle chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins demandait un fort courage politique.

Si la sécurité sociale est un produit de l'histoire du peuple français, elle est surtout une réforme démocra­tique née des rapports de forces et des luttes sociales qui modèlent le type de réponses que la société doit apporter. C'est ainsi qu'elle joue un rôle actif dans notre économie, agis­sant à la fois sur la consommation et sur la production, comme en té­moigne encore son efficacité en tant qu'amortisseur social de la crise, malgré les successions de mauvais coups qui ont frappé les salariés.

Ce n'est pas de trop de dépenses que souffre la sécurité sociale mais d'un manque de rentrées, notam­ment dû au chômage de masse et aux dettes patronales. On ne compte plus les déclarations politiques, pa­tronales, bancaires ou assurantielles qui veulent privatiser.

 Au regard de notre histoire, nous avons toujours la certitude que l'action de masse est indispensable pour la défendre et l'actualiser au niveau des besoins d'aujourd'hui.