LES MUTINERIES DANS LA GRANDE GUERRE

 

 

A partir de 1917, des actes d'indiscipline collectifs et des manifestations se multiplient au sein des troupes françaises. Passibles du tribunal militaire, les mutins disent non à la guerre. Certains le paieront de leur vie.

 

Il faut se souvenir qu'en 1917, l'armée française a perdu 950.000 hommes, la guerre a commencé depuis trente mois et 400.000 soldats ont été faits prisonniers en Allemagne.

 

Les premiers refus d'aller au front ont commencé juste après l'exploit de la bataille de VERDUN. Les combats sont décidément très rudes. En avril 1917, les mutineries se multiplient avec le désastre de l'offensive du Chemin des Dames qui piétine et envoie à l'abattoir des centaines de milliers d'hommes.

 

C'est la désillusion, et la colère monte chez les poilus : entre 30.000 et 80.000 d'entre eux se révoltent ! Ce sont des mutins individuels ou bien des actes collectifs d'indiscipline.

 

De nombreux soldats crient « à bas la guerre » tandis que d'autres, en pleine révolution russe, chantent l'internationale.

 

Des combattants refusent de rejoindre leurs tranchées ou de se rendre dans les positions qui leur sont ordonnées. Ils désobéissent.

 

Leurs revendications sont claires et précises : ils refusent de prendre part à des offensives inutiles et beaucoup trop souvent coûteuses en vies humaines. Les poilus ne veulent plus aller au casse-pipe. Dans leurs courriers, des hommes écrivent que « ces Messieurs ont trop abusé, ils croyaient jouer avec des soldats de plomb».

 

En mai 1917, le Général Philippe PETAIN remplace le Général Robert NIVELLE, commanditaire de l'offensive meurtrière du Chemin des Dames.

 

Le Général Philippe PETAIN affirme qu'il ne peut accepter les mutineries qui touchent maintenant pas moins de 68 divisions.

 

La grogne et la colère se répandent à travers les lignes comme une traînée de poudre. Plus de 250 « incidents » se seraient produits dans de nombreux régiments, notamment d'infanterie. $o»Jc-

 

Les enquêtes sont menées, les mutins sont identifiés, arrêtés et emprisonnés. Plus de 3.300 soldats passent en Conseil de guerre. Ils sont jugés et les sentences vont de la dégradation à une peine de prison ou à une condamnation aux travaux forcés.

 

440 d'entre eux sont condamnés à mort et doivent être passés par les armes pour abandon de poste ou refus d'obéissance.


50 d'entre eux seront effectivement fusillés, le Président de la République, Raymond POINCARE, usant de son droit de grâce pour commuer les autres peines capitales en des peines d'emprisonnement.

 

IL FAUT RAPPELER QUE :

 

Dès 1914, des soldats furent fusillés « pour l'exemple ».

 

En 1917, après les mutineries, ils seront 629 à être condamnés à mort. Durant les quatre
années, les conseils de guerre passèrent par les armes quelques 550 militaires français sous
prétexte de «
refus d'obéissance en présence de l'ennemi ou d'abandon de poste ».....

 

Après le printemps 1917, le Général Philippe PETAIN tente de mettre fin au mécontentement des soldats en améliorant leur vie quotidienne par le repos, la nourriture et le rythme des permissions.

 

Avec d'autres, l'A.N.C.A.C demande la réhabilitation de tous les fusillés pour l'exemple.

 

 

René PA


1498701
Aujourd'hui
Hier
Cette semaine
Semaine dernière
Ce mois
Mois dernier
Total
1348
3905
17596
1454244
58293
114461
1498701
Votre IP: 54.226.227.175
15/12/2017 08:16