Discours de clôture

 

Robert MOULLIERE

 

Mesdames, Messieurs, Chers Amis, Chers Camarades,

Nous voici arrivé au terme de notre Congrès National, un Congrès qui aura, une nouvelle fois, démontré toute l'ardeur et le sérieux des délégués dans leur analyse de la situation et le souci de maintenir notre Asso­ciation au plus haut niveau.

Comme vous le savez, ce n'est pas moi qui devais être à la tribune pour clore nos travaux puisque j'avais demandé mon remplacement mais, au dernier moment, la situation s'est compliquée. Nous étions dans une situation difficile n'ayant pas de candidature, j'ai donc accepté de prolonger mon mandat avec votre soutien.

Je serai donc très court dans mon inter­vention.

Oui! Nous devons avoir à tous les niveaux le souci de pérenniser notre ANCAC. Nous sommes encore une association qui se porte bien malgré la disparition de nombreux cama­rades responsables.

Ce Congrès a montré une nouvelle fois tout l'engagement, le dévouement des délégués de poursuivre notre action pour nos droits à ré­paration mais également celui de la Mémoire qui reste un élément fondamental de notre Association.

A ce sujet, je voudrais vous informer qu'il vient de sortir le document historique sur les cheminots victimes de la répression 1940-1945. Ce travail qui a duré 3 ans sous la direction de Thomas FONTAINE docteur en histoire en partenariat avec la Direction SNCF, Rail Mémoire, IHS - CGT des Cheminots -Rails et histoire et de l'ANCAC.

Ce livre est un mémorial qui représente les 2 229 victimes de la répression, un livre qui

vous permettra de retrouver toute l'histoire de ces Cheminots Résistants fusillés et vous apportera un plus pour la mémoire collective. Il est actuellement en vente dans les librairies au prix de 25 euros.

J'y ajoute également celui de notre combat pour la PAIX dans le monde. Il serait temps que les grandes puissances s'engagent sur le chemin de la PAIX et de l'égalité sociale pour tous les peuples et non pas de poursuivre celui de la guerre avec des budgets militaires toujours en progression.

Mais dans un premier temps, je voudrais à mon tour remercier chaleureusement la section de TOULON, son Président Louis DUTTO, Muriel SIGAUD et toute l'équipe pour l'organisation de ce 40e Congrès National qui marquera la ville de TOULON puisqu'il y a ef­fectivement 40 ans que notre regretté Marcel GINESY organisait le 20e Congrès en 1977 dans cette ville.

40 ans après, nous voici de nouveau dans cette belle ville de TOULON. Malheureuse­ment nous avons perdu de nombreuses per­sonnalités de notre Association, en premier lieu tous les grands Résistants 1939-1945 qui ont été à la Direction de l'ANCAC.

Nous pensons à eux en ce 40e Congrès Na­tional. Ils ont su maintenir l'ANCAC au plus haut niveau pendant de nombreuses années.

Aujourd'hui, notre génération a beaucoup plus de mal, les effectifs se réduisent, les responsables de Sections de Réseaux ont une santé fragile mais tous ont la même détermi­nation à savoir conserver notre ANCAC.

Je voudrais également remercier la munici­palité de TOULON pour son aide matérielle.

Monsieur le Député VITEL qui nous a ac­compagnés pendant ces 2 jours - Madame MACARY représentant le Directeur de Région.

Remercier le Directeur d'IGESA qui nous a permis de tenir ce Congrès National dans d'excellentes structures où il fait bon y sé­journer.

Enfin, je remercierai nos amis des Associations d'Anciens Combattants ARAC-UFAC-FNDIRP, de l'ANACR - FNACA, Monsieur Roger FERRE,

Monsieur Bruno CASSANAS, Membre du Bureau National de l'ANACR,

Monsieur Leonid KRAVINSKY, UFAC du VAR,

Monsieur BRULEFERT de l'ARAC du VAR,

Madame Blandine ACKERMANN, représen­tant la FNDIRP,

Madame Brigitte CREVET, Adjointe au Maire d'OLLIOULES,

La Fédération CGT des Cheminots représen­tée par Cyrille RENEAUD, membre du Bureau Fédéral.

 

Ceci étant dit, le Congrès National se ter­mine avec, en toile de fond, une dégradation de la situation économique et sociale de notre pays. Le programme du Conseil National de la Résistance qui était une référence se voit dépouillé de son contenu. Depuis des mois, des actions ont été menées par les organi­sations syndicales pour faire opposition à ce démantèlement.

Je pense en particulier à la loi EL KHOMRI.

A l'action des Cheminots Actifs Retraités pour la défense du Service Public et de leur statut.

Malheureusement, le rapport de force n'est pas suffisant. L'ANCAC, pour sa part, a par­ticipé à ces mouvements, même s'il n'en est pas de la responsabilité des Anciens Combat­tants, nous sommes aussi des citoyens avec leurs appréciations dans tel ou tel domaine de la vie de la Nation.

Le nouveau Président de la République qui vient d'être élu devra tenir compte du mécontentement qui règne actuellement dans la population.

Il a entre les mains une motion sur ce qu'at­tendent les Anciens Combattants de sa part, nous serons donc très attentifs aux premières décisions qui seront prises. Les réponses faites à la Motion de l'UFAC sur les points prioritaires des Anciens Combattants laissent une porte ouverte à la négociation.

Je ne reviendrai pas sur la résolution des droits à réparation, car nous en avons débattu durant ce congrès. Nous connaissons main­tenant les points prioritaires du contentieux avec une demande supplémentaire à savoir, notre souhait de voir attribuer la carte du combattant à tous les militaires qui ont été en Algérie après le 2 juillet 1962, jusqu'au 1er juillet 1964.

Simplement je voudrais dire un mot sur la campagne double. Il me semble que nous devons être fiers du travail accompli par tous les militants de l'ANCAC, qui se sont souvent battus seuls pour qu'enfin ce droit à répara­tion soit reconnu officiellement.

Souvenez-vous de cette bataille juridique. Toutes les Associations d'Anciens Combat­tants ont reconnu la détermination de l'AN­CAC.

Maintenant, il va falloir faire admettre au nouveau gouvernement, que cette campagne double n'a pas été attribuée dans le respect de la loi.

Nous pensons que cette campagne double qui n'a jamais été liée par le passé, ni à des problèmes de carte du combattant, ni à des questions opérationnelles, doit reprendre à ses origines le problème du stationnement sur les territoires concernés comme le prévoit la loi du 14 avril 1924 et qui a été appliquée à tous les conflits antérieurs et, plus près de nous aux OPEX.

Pour cela, nous aurons besoin de l'unité du monde combattant et, en particulier de l'UFAC qui joue pleinement son rôle de ras-sembleur et d'interlocuteur auprès du gouver­nement. Comme je l'ai dit au début de mon intervention, que reste-t-il soixante douze ans après la victoire sur le nazisme, le 8 mai 1945.

Après ces événements majeurs pour l'his­toire de la France, force est de constater que le monde est fort bien loin des aspirations et des espérances des peuples, celle d'un monde de PAIX, celle d'une société huma­niste, démocratique et solidaire.

Actuellement, nous connaissons des guerres dans plusieurs pays en Asie, en Afrique, en Syrie. Notre société connaît le racisme, la xénophobie, la montée des inté­gristes. Notre rôle est de montrer la nécessité de transmettre la connaissance de ce qu'a été la réalité monstrueuse du fascisme lorsqu'il a été au pouvoir.

Nous sommes très inquiets également de l'attitude du Président Américain Donald TRUMP qui reprend le rôle de gendarme du monde. Si nous condamnons avec force le régime de BACHAR AL ASSAD, responsable des massacres et des tortures de son peuple, nous sommes prudents avec l'intervention des Américains lors du bombardement effectué en Syrie il y a un mois. Une façon d'amplifier le climat de guerre, ce qui nous rappelle l'inter­vention en IRAK qui a mené au désastre ce pays et qui a favorisé le terrorisme que nous connaissons aujourd'hui.

C'est pourquoi nous sommes de ceux qui demandent que la France se retire de l'OTAN. Un organisme de guerre au service des ETATS UNIS. Seul l'ONU est en capacité de régler les conflits par la négociation et joue pleine­ment son rôle pour la PAIX et la Sécurité des peuples.

Nous sommes conscients qu'il faut com­battre le terrorisme qui se développe au­jourd'hui mais la France doit être prudente dans ses interventions et ses déclarations.

C'est dans ce contexte que l'ANCAC entend poursuivre son travail de mémoire. Rappeler que la PAIX est un combat permanent qui né­cessite un investissement collectif. Depuis sa création, notre Association a toujours affirmé que la PAIX est un droit de l'homme, ce qui consiste à renoncer à la violence sous toutes ses formes.

 

Chers Amis, chers Camarades,

Lors de ce congrès, nous avons mis l'accent également sur l'Avenir de notre Association.

Vous l'avez constaté comme moi, nos rangs se dégarnissent. Le recrutement devient dif­ficile.

Notre tâche sera de trouver des solutions pour pérenniser l'ANCAC. Nos rencontres avec les diverses Associations Cheminotes, les organisations Syndicales Cheminots doivent nous permettre de sensibiliser les jeunes cheminots pour qu'ils franchissent le pas en adhérent comme « AMI de l'ANCAC ». Notre statut le prévoit.

Ils seront donc en capacité de prendre des responsabilités à tous les niveaux afin de poursuivre la démarche qui est la nôtre depuis plus de 80 ans.

A savoir notre travail sur la mémoire, notre combat pour la PAIX et le désarmement.

Oui ! Tous ensemble, donnons un élan de jeunesse à l'ANCAC.

 

VIVE LE 40e CONGRES VIVE L'ANCAC VIVE LA PAIX

 


1401529
Aujourd'hui
Hier
Cette semaine
Semaine dernière
Ce mois
Mois dernier
Total
2832
5568
30380
1347377
75582
118010
1401529
Votre IP: 51.255.65.25
20/11/2017 16:50