1940 – 1944 : les années noires du Palais Bourbon

C’est un des secrets les mieux gardés de l’occupation : le Palais Bourbon, symbole de la République a connu une page sombre de son histoire pendant la seconde Guerre Mondiale entre 1940 et 1944, l’occupant nazi a installé dans ces lieux une bonne partie de son administration, allant même jusqu’à y tenir le procès de sept jeunes Français arrêtés en octobre 1941 par le commissaire de la brigade spéciale criminelle Georges Veber.

            Fernand Zalkinov 19 ans, Robert Peltier, Tony Bloncourt 20ans, Christian Rizo 19 ans, Pierre Milan 17 ans, Roger Haulet 19 ans et Acher Semahya 27 ans : issus des couches populaires, ils étaient ouvriers ou étudiants, leurs crimes attentas contre l’armée allemande, atteinte à la sûreté de l’Etat, entente avec l’ennemi. Le qualificatif de communiste leur est attribué des le début de l’enquête. Dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale, ils sont jugés au nom du peuple allemand, leur procès se déroule du 4 au 6 mars 1942 dans la galerie des fêtes du Palais Bourbon, le gouverneur militaire allemand pour la France Carl Heinrich Von Stülpnagel, décide de donner un grand retentissement à ce procès en en faisant un procès à grand spectacle, la presse et le cinéma sont convoqués et Van Stülpnagel est là en personne avec son état major. Il ne s’agit en fait que d’un simulacre de justice.

            Les Nazis reprochent au groupe d’avoir mené en trois mois plus de dix sept opérations de guerre. Ils sont condamnés à mort le 6 mars 1942 et fusillés le 9 mars au Mont Valérien.

            Dans une lettre adressée à la mère de Christian Rizo, Maître Wilhem l’avocat chargé de sa défense et ayant assisté aux derniers moments des condamnés écrit (ils ont pris congé dans la dignité le courage et la foi de leur conviction).

            Deux d’entre eux étaient juifs. Ce pan de l’histoire est resté enfoui dans l’indifférence générale et ce n’est que le 9 mars 2000 qu’un hommage solennel de la Nation leur est rendu et une plaque commémorant le sacrifice de ses jeunes Résistants est apposée sur la façade de l’Hôtel de Lassay à l’initiative de Laurent Fabius Président de l’Assemblée Nationale. La plaque rappelle qu’ils sont morts pour la France et qu’ils sont décorés à titre posthume de la Médaille Militaire, la croix de Guerre avec palme et de la Médaille de la Résistance, mais pas de la Légion d’Honneur alors que le commissaire Français Georges Veber lui sera décoré de cette distinction en 1953. !!!

            Voilà les faits oubliés de l’histoire car ces jeunes gens sont morts en héros et reniant en aucune façon leurs convictions politiques, ils étaient tous communistes.

 

 

Annette COLAS