Madame Cécile Rol-Tanguy

une grande dame de la résistance s’est éteinte

 le 8 mai 2020 à 101 ans

 

Elle est née Le Bihan à Royan le 10 avril 1919. Elle est la fille du syndicaliste François Le Bihan ouvrier électricien et cofondateur  du Parti Communiste Français qui sera déporté à Auschwitz dans le convoi des 4500 où il y mourra en 1943.

Cécile après l’obtention de son brevet élémentaire à 16 ans elle est formée au métier de sténodactylographe  et suit un stage au secrétariat administratif du syndicat de la Confédération Générale du Travail CGT de la compagnie Parisienne  de distribution d’électricité. En novembre 1936 elle est engagée au syndicat des métaux CGT d’Ile de France dont le secrétaire n’est autre qu’Henri Tanguy.

Cécile Rol-Tanguy milite à l’union des filles de France et participe à des réunions du Comité d’aide à l’Espagne Républicaine, puis elle adhère au Parti Communiste en 1938 qu’elle ne quittera jamais.

Elle devient la marraine de guerre d’Henri Tanguy, engagé dans les brigades internationales et qu’elle épouse le 19 avril 1939. Ils auront cinq enfants.

Au début de juillet 1940 elle entre dans la clandestinité. Henri une fois démobilisé la rejoint à Paris. Elle devient agent de liaison et prend les surnoms de Jeanne, Yvette et Lucie. Seul Marcel Maillard connaît leur véritable nom et leur adresse.

C’est elle qui notamment informe Jean-Pierre Timbaud qu’il est recherché. Elle cache des armes dans le landau de ses enfants. Le 19 Août 1944, elle rédige sous la dictée d’Henri l’appel à l’insurrection des Parisiens: « Aux Patriotes aptes à porter des armes la France vous appelle ».

Après la guerre Cécile Rol-Tanguy devient co-présidente de l’Association des Combattants de l’Espagne Républicaine dont sa fille Claire deviendra secrétaire générale.

Elle prend l’engagement avec son mari de rester adhérente au PCF et abonnée à L’Humanité  jusqu’à sa mort, Henri Rol-Tanguy meurt en 2002.

En janvier 2014, elle salue avec Odette Nilés dans une tribune du Monde la décision du transfert des cendres de Pierre Brossolette, Geneviève Anthonioz de Gaulle, Germaine Tillon et Jean Zay au Panthéon.

Le 27 mai 2014, elle participe aux commémorations organisées à l’occasion de la journée Nationale de la Résistance.

Elle est titulaire des plus hautes distinctions de la République Française, Commandeur de la Légion d’Honneur et à la dignité de Grand Officier, Grand Croix de l’Ordre National du Mérite et élevée à la dignité de Grand- Croix en 2017 pour ses 75 ans de services.

Médaille de la Résistance 1945 homologuée lieutenant FFI en janvier 1946.

Que sa vie serve d’exemple à la jeunesse française et encore merci Madame pour votre engagement aux côtés de votre mari pour chasser les nazis hors de France et que plus jamais nous ne connaîtrons les affres de la guerre qui firent des millions de morts dans toute l’Europe.

L’ANCAC salue la mémoire de cette grande dame de la Résistance et offrons à ses enfants et petits enfants nos plus sincères condoléances.

                                                                                 Annette COLAS Amie de l’ANCAC