Les derniers trains de la déportation

 

Jusqu'au dernier moment avant leur repli, les Allemands continuent d'organiser l'acheminement de trains de déportés de France vers le Reich. En région parisienne, de grands convois partent encore le 31 juillet pour les détenus juifs de Drancy, et le 17 août, pour les détenus résistants de Compiègne. D'autres convois transportant des détenus des prisons et camps de province, parviennent à traverser la France durant l'été, malgré des retards souvent considérables dus à l'état du réseau. Des déportés réussissent à s'évader, parfois avec l'aide de cheminots comme a Toul lorsque passe le convoi des détenus de l'île d'Aurigny (Manche), ou le 18 août à Sorgues (Vaucluse) lorsque des détenus d'un train parti six semaines auparavant de Toulouse sont transbordés dans un autre convoi qui les emmènera à Dachau.

Dans plusieurs cas sont attestées des tentatives de retardement de ces derniers convois par des cheminots de l'Exploitation : des employés aiguillent un train vers une voie de garage, un chef de gare retarde la mise à disposition du matériel. Mais, sans liaison avec un plan précis visant à libérer les détenus, ces initiatives ne font que retarder l'échéance. Le seul détournement actuellement connu d'un de ces trains a lieu en Ardèche en août 1944. La présence d'un wagon comprenant 71 détenus en provenance de Marseille est signalée le 3 août par des cheminots des gares du Teil puis de Peyraud. Le train est détourné sur Annonay où il est stoppé définitivement par les FFI avec l'aide des Américains le 4 au matin. Ce n'est pas contre les convois, mais plutôt contre les prisons, au moment de la libération des villes, que les résistants tentent d'agir en négociant ou forçant la libération des détenus. Si le dernier train parti de Compiègne le 26 août est stoppé à Péronne le jour même, c'est en exécution d'une convention passée à Paris entre le consul suédois Nordling et les autorités militaires allemandes de la zone de Paris. L'agent de la gare de Chaulnes, averti, a pu transmettre l'ordre à temps à son homologue allemand, avant que le train ne pénètre dans le ressort du commandement militaire allemand de Bruxelles.

 


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