GRANDEUR, HONNEUR, RESPECT, A NOTRE ANCAC.

Notre association des cheminots anciens combattants, qui va fêter ses 90 ans en 2021, mérite qu’un hommage lui soit rendu avec éclat. Pour cela, je me suis penché sur son passé et j’ai œuvré afin que nos précédents présidents, qui ont tant donné, non seulement pour le monde combattant cheminot, mais pour un meilleur avenir des retraités et actifs, que les moins jeunes et les jeunes, soient mis à l’honneur et en tête d’affiche. Eloges que l’on ne peut pas passer outre. Aujourd’hui, notre association, à cause de la diminution d’effectif et par manque de candidats, ralentit son rythme, son enthousiasme. Alors, permettez-moi, de vous en rappeler son historique, avec considération, grandeur et respect pour  les noms de tous ces Présidents Nationaux, qui,  depuis sa fondation jusqu’à nos jours, ont tout donné de leur temps pour les droits anciens combattants et en particulier des cheminots. Après cette entrée en matière honorifique, en voici le texte tel qu’il a été présenté du début jusqu’à nos jours et au profil des années.  Ne m’en veuillez pas, mais, je me vois dans l’obligation d’écourter quelques passages car beaucoup trop longs. De l’historique, j’en garde l’essentiel et malgré tout, « Jeunes Anciens Combattants » comme le disaient nos fondateurs, je suis fier aujourd’hui de pouvoir raviver les noms de nos glorieux Présidents Nationaux. Marc DUPUIS, présent le 24 novembre 1931 à la réunion constitutive à Paris, ne fut pas le premier président national élu, mais c’est par lui que notre ANCAC a pris naissance. Donc, dans l’ordre, les présidents nationaux qui ont été élus : Laurent COMBIER, André ACKERMANN, André LAMY, Bernard BERGER, Yves SCHMITER, Jean FOURNIER, Robert MOULLIERE et Robert BAPTIER. De nombreux militants ont apporté un soutien efficace à nos glorieux Présidents.

« Dans les années 1919/1920, au sortir de la première guerre mondiale, des groupements de cheminots anciens combattants furent constitués sur la base des anciens réseaux. Malgré cela de nombreux cheminots restèrent inorganisés parce que les associations existantes ne donnaient pas suffisamment de garanties de neutralité et d’indépendance à l’égard des pouvoirs publics et surtout des réseaux. A tel point que ces derniers ne furent pas compris parmi les bénéficiaires de la Loi de 1924 attribuant les bénéfices de campagnes doubles et simples. C’est pourquoi, le dimanche 24 novembre 1931, 45 cheminots membres de l’ARAC et avec l’accord de celle-ci, se réunirent avenue Saint Ouen à Paris, pour créer une association démocratique, indépendante et dynamique, ouverte à toutes les catégories de cheminots AC, mobilisés et victimes de guerre. Dès sa fondation, l’ANCAC, se fixa deux objectifs indissociables : Défendre sans compromission les intérêts matériels des cheminots et notamment obtenir les bénéfices de la Loi de 1924. Associer à l’hommage aux morts, la mise en garde des vivants sur tous les problèmes de la Paix, des libertés et de la démocratie. Des 20 membres fondateurs, sous la houlette de notre estimé Marc DUPUIS, président d’honneur de l’Association et membre du Bureau National, l’ANCAC était née. Petit à petit, ses rangs se renforcèrent et le premier Congrès National se tint à Paris, le 20 octobre 1935. Les statuts furent adoptés. C’est ainsi que le 24 novembre 1935, à l’issu du Congrès National, l’association fut déclarée à la Préfecture de Police du département de la Seine sous l’égide de la loi du 01 juillet 1901. Déclaration n° 79-501-1584 publiée au journal officiel du 11 décembre 1935 page 13040. Toutefois, l’ANCAC était consciente que seule l’action unie était susceptible de faire aboutir les revendications, sauvegarder les intérêts républicains et la Paix grâce à l’organisation des congrès nationaux, toujours à Paris, en 1937 et 1939. Elle ne se résigna jamais à la division du monde combattant et fut à l’origine, dès avant la seconde guerre mondiale pour des accords communs en faveurs des droits.

En 1934, face au complot, elle appuya de toutes ses forces le vaste mouvement populaire. C’est la raison pour laquelle, qu’en 1940, l’ANCAC fut dissoute, son siège pillé, ses biens dispersés, ses militants poursuivis, traqués, emprisonnés.

L’ANCAC pris place résolument dans les combats de la Résistance pour la libération de la Patrie. Dès la libération, en 1946, l’ANCAC et ses rescapés sortent de l’illégalité, respectés par tous et organisent le 4ième Congrès National. Ainsi, l’association reforma ses rangs grossis de toutes les catégories nouvelles d’AC avec ou sans uniformes, de victimes de guerre de toutes sortes.

Puis, l’ANCAC tout entière, unie derrière son Conseil National agit dans l’action pour les bonifications de campagne les groupements d’AC des chemins de fer. Enfin, en 1964, grâce à l’action unie, les efforts de tous furent couronnés de succès. Les cheminots intéressés purent enfin bénéficier des bonifications de campagne de guerre double et simple. Sur le plan national, l’ANCAC est membre de l’Union Française des associations de Combattants (UFAC) où elle occupe deux postes d’administrateurs. Sur le plan international elle est membre de la Fédération Mondiale des Combattants (FAMAC), étant donné son appartenance à l’UFAC. La constitution de son Union des Cheminots Résistants lui a permis d’adhérer à la Fédération internationale des Résistants (FIR) où elle fut représentée par le Président général de l’ANCAC à Rome, Berlin, Bruxelles, Moscou, Stockholm.

Voilà la tâche que s’étaient assignée les fondateurs de l’ANCAC : Reconnaissance, défense, égalité des droits de tous les cheminots AC et VG, défense de la PAIX et des libertés démocratiques.

Après 40 Congrès Nationaux dont le dernier fut organisé à Toulon en 2017 et 4 Assemblées Générales Nationales, notre ANCAC peut prétendre, encore aujourd’hui, avec justesse, être à la hauteur de cette lourde responsabilité dans la continuité et le devoir qu’elle s’est fixée.

Rendons un grand hommage à tous ces présidents nationaux qui ont su donner ce fabuleux nom (ANCAC), à jamais inscrit dans les annales de la SNCF et dans le monde combattant, sans oublier tous ceux qui étaient aux côtés des Présidents et qui ont œuvré avec force pour nos droits. Je cite : Passicot, Frabregas, Blandin, Rayer, Schasmann, Ginésy, Rouquette, Berchoux, Petit, Bastion, Bozza, Floris, Simone Harlay, Louisette Lefranc, Mérenda, Dissoubray, et bien d’autres…rappelons-nous que certains de nos grands cheminots ont donné leurs noms au célèbre film « La bataille du Rail » pendant cette grande et longue période noire.

Vous ne douterez pas de la fierté et l’honneur que j’éprouve d’avoir été un jeune militant, qui a pris de l’âge, et d’être encore aujourd’hui, dans notre grande association cheminote.

J’adresse tous mes remerciements à Jean Fournier, notre ancien Président National de l’ANCAC, pour l’aide précieuse qui m’a apporté pour la rédaction de cet article.

 

                                                                                                   Louis Dutto.