Au cœur de la guerre de 1914-1918

 

Souvenons-nous en cette année 2020, 102 ans après, que jamais dans l’histoire passée, ce conflit mondial a changé l’idée même de faire la guerre.

Le déluge de feu qui s’abat sur les hommes, souvent sacrifiés pour quelques mètres de terrain gagné, banalisé la mort comme la manière de la donner d’où l’expression « BOUCHERIE ». Symboliquement, l’apparition des gaz marque une escalade dans l’horreur. Evidemment, la guerre, dite la grande guerre, fut un déchainement de violence.

Des milliers d’hommes furent mobilisés, encadrés, armés et jetés les uns contre les autres. Les moyens de destruction massive que la civilisation industrielle était capable de multiplier furent employés sur terre, sur mer, sous la mer et dans les airs. Subissant les tranchées, les bombardements d’une artillerie de plus en plus puissante, sans pouvoir se défendre, les hommes fragilisés et vulnérables furent massacrés ou pulvérisés.

La guerre n’épargne pas les civils, et c’est le cas de la plupart des guerres. Le discours de guerre exprime une violence extrême contre un ennemi diabolique et ridiculisé.

La censure bloquait toute pensée contestataire. Jamais de tels moyens industriels et de telles quantités d’hommes n’avaient été employés, la propagande portée aussi loin.

Dans tous les pays beaucoup d’industriels en tirèrent un profit et sont partout associés à la direction de l’économie. Les fabricants de canons, d’obus, de tanks et les entreprises du textile sont chargées de coordonner la production d’armements et faire tourner l’industrie de guerre.

La grande guerre fut la première à mobiliser 70 millions d’hommes dans 36 des 59 états mondiaux. La France a mobilisé 8 millions d’hommes. Les adolescents furent mobilisés dès 14 ans et les vieillards jusqu’a 70 ans. Le temps de travail prolongé. La France fit venir plus de 200 000 travailleurs coloniaux.  Les salaires furent contrôlés par l’état et les femmes furent sous-payées.

Après quatre années de conflit, la France, triomphante, panse néanmoins ses plaies, certaines sont béantes. La société a été profondément modifiée. Le monde paysan s’est affaibli. Spectaculaire chute des naissances … des centaines de milliers de veuves et d’orphelins.

L’écrivain Anatole France dira : on croit mourir pour la patrie et on meurt pour les industriels.   

 

Robert BAPTIER