Rapport du président au conseil national

Le 10 aout 2022

 

 

Chers camarades,

C’est avec plaisir que nous nous retrouvons à l’occasion du 78eme anniversaire de la grève insurrectionnelle du 10 aout 1944.

En effet, le 10 aout 1944, les organisations syndicales clandestines appelaient les cheminots à la grève afin de paralyser les transports ferroviaires des troupes hitlériennes. C’est pour commémorer cette date historique que notre corporation se rassemble chaque année, dans le souvenir pour raviver la flamme sous l’Arc de Triomphe.

Depuis notre assemblée générale nationale du 24 mai 2022, nous constatons une situation politique nouvelle : un président de la République mal élu sur une politique contestée. La logique institutionnelle voulait que les Français élisent une majorité de députes favorables à son programme. Le problème c’est que la plupart des Français ne veulent pas de cette logique. En effet, la nouvelle assemblée nationale, sortie des urnes, lors de la séquence qui a suivie celle de l’élection du président de la République, créent une situation politique inédite. Il faut que le président et son gouvernement entende le message envoyé à la suite de ces deux périodes électorales que nous venons de traverser. Les Françaises ont émis un signal de défiance de colère parfois, mais aussi celui d’urgence pour un changement profond en faveur de nos vies, des solutions rapides et durables face aux crises que nous traversons.

Nous voulons des réponses aux questions sociales, pouvoir d’achat, salaires, retraites mais aussi aux grandes questions d’avenir que sont le changement climatique, le projet de retraite à 65 ans, la paix.

Les attentes des salariés, des retraites, des anciens combattants aussi sont très fortes face à la crise actuelle. Le politique est attendu sur ces questions du fait de l’urgence qu’il y a, il faut entendre les revendications du monde du travail dans lequel les retraité-es, les jeunes, les personnes seules, sans oublier les anciens combattants qui n’ont plus de ministère dédié. Le milieu associatif est légitime et doit être entendu. Rémunérer celles et ceux qui travaillent, étudient, sauver l’hôpital public.

 Les primes remplacent les augmentations des salaires, les primes sont une duperie : cheque inflation, prime carburant, les primes se multiplient, même si un coup de pouce et un moyen d’aider les plus démunis a court terme, elles ne constituent pas un salaire et surtout ne comportent pas de cotisations sociales. L’augmentation du SMIG serait autrement plus efficace.

On sait que la lutte qui se prépare sur la reforme des retraites se jouera sur plusieurs plans, avec des discours visant à présenter la reforme comme indispensable.

Gouvernement et patronat n’assument toujours pas leurs responsabilités face à une situation sociale de plus en plus difficile : Quatre priorités : l’éducation, la santé, l’écologie et le pouvoir d’achat.

Concernant le grand âge, nous n’avons pas encore vu le bout d’une mesure conséquente et efficace. Les grandes entreprises connaissant une situation financière très favorable. La fortune des milliardaires à augmente de 236 millions d’euros, une somme qui permettrait de renforcer le budget de l’hôpital public. Cent vingt services d’urgences sont en grandes difficultés et souvent partiellement ou totalement fermés. Une rupture radicale est urgente, l’accès au service public sur tout le territoire et pour tous. Sur l’absence d’alternative, il faut mobiliser les salariés, les retraités, autour de l’idée que si d’autres choix sont faits, cela bénéficierait à chacune et à chacun, mais aussi à la collectivité.

 

Pour les anciens combattants et veuves, comme vous le savez, toutes les associations d'anciens combattants demandent depuis longtemps que le budget soit l'équivalent d'une année sur l'autre, cela réglerait une grande partie du contentieux qui existe actuellement.

 

C'est pourquoi nous demandons :

La revalorisation du point de pension militaire d'invalidité qui devrait être automatiquement indexé sur l'inflation (le retard constaté est de7,61%).

Nous demandons avec insistance, que la campagne double soit attribué aux anciens combattants en Afrique du Nord, fonctionnaires, travailleurs de l'État et assimilés, sur la base du temps passé et de la loi du 14 avril 1924.

Ce qui implique l'abrogation du décret numéro 2010-890 du 29 juillet 2010, qui est incontestablement inopérant.

 

L'attribution de la demi-part fiscale aux veuves :

Pour les veuves d'anciens combattants dont l'époux, en possession de la carte du combattant, est décédé avant l'âge de 65 ans, qui n'avaient donc pas bénéficié de la retraite du combattant et sont exclues du bénéfice de la demi-part fiscale. Mme Darrieusecq qui était ministre en charge des anciens combattants est remplacée par Sébastien Lecornu ministre des Armées., Lors de sa prise de parole, ce dernier a souligné qu'il était également le ministre de la Mémoire des anciens combattants et pleinement le Ministre des anciens combattants. Toutefois, il n'en porte pas le titre.

 

Dans le même temps, toute référence à une responsabilité directe de l'État envers les anciens combattants s'estompe.

 

La Mémoire des anciens combattants n'est pas la Réparation due à ceux-ci. Le Ministre, qui à aucun moment ne cite le combattant actuel ou à venir, semble entendre la mémoire de ceux, malheureusement décédés, des guerres passées !

 

 

Ainsi la Réparation disparue avec leur décès : il ne reste plus que leur mémoire. Faut-il comprendre que les nouveaux combattants, n'ont pas droit à cette Réparation. C'est bien ce que de nombreux acteurs de la vie publique, politiques comme financiers, laissent entendre régulièrement quand ils proposent de moderniser notre Droit à Réparation.

Le combattant est celui qui combat. Il obéit aux ordres du Président de la République, Chef des Armées. Il a le devoir de se sacrifier s'il le faut, parce que celui-ci le lui a demandé, et, malheureusement nous constatons trop souvent que les missions qu'accomplissent nos soldats leur sont souvent fatales.

Ne pas assumer ce Droit à Réparation qui leur est dû au prétexte que c'est leur métier et qu'ils sont payés pour le faire, c'est les inscrire dans le Droit commun.

 

Il existe un lien de chair et de sang entre la France et ses soldats ; entre le Président de la République, Chef des Armées, et ses soldats.

Plusieurs mouvements de grève à la SNCF revendiquent l’amélioration du pouvoir d’achat des embauches etc…

La direction de la SNCF a proposé aux organisations syndicales une nouvelle mise à jour du statut pour s’adapter à la nouvelle organisation du groupe appliquée à partir du 1er juillet Création de quatre nouvelles « positions de rémunération »’ application du statut aux salaries transférés dans les filiales SNCF voyageur. Le statut demeure le cadre garantissant aux cheminots statutaires l’application de leurs droits. Le texte est ainsi « mis en adéquation avec la loi » relative au nouveau pacte ferroviaire de 2018 prévoyant la création de cinq sociétés anonymes, ainsi qu’aux disposition découlant de l’ouverture à la concurrence approuvée par le conseil d’administration de la SNCF. Le texte change de vocabulaire, il ne faut plus dire « EPIC » (établissement public à caractère industriel et commercial, mais « société », le terme Groupe public ferroviaire (GPF) est remplacé par « les sociétés SNCF » qui forment le groupe public unifié « GPU » depuis le 1er janvier 2020. Ce dossier est contesté par les organisations syndicales les conflits qui se répandent sur la planète peuvent à tout moment devenir plus dangereux et tout particulièrement en Ukraine. Il faut condamner sans réserve l’intervention russe, comme il faut également regarder avec responsabilité la volonté des pays membres de l’OTAN d’encercler la Russie, dans une militarisation visant à l’étrangler. Exiger un cessez-le-feu immédiat, mettre fin à la tutelle des USA en Europe. Réaffirmer la souveraineté des peuples, d’Ukraine, de Russie, mais aussi de chaque pays d’Europe instaurer la paix est une urgence, le respect de la charte des Nations Unies, la ratification du traité visant à interdire l’utilisation et la prolifération des armes nucléaires. Personne n’a la solution pour faire gagner les idées de progrès social et au moins contrer les régressions annoncées.

Bonne journée à toutes et à tous.

Robert Baptier