Opération Frankton Il y a 75 ans

 

C'était sans doute l'une des missions les plus audacieuses et les plus dangereuses de l'armée Britannique pendant la seconde guerre mondiale.

L'Opération au nom de code Frankton était destinée à attaquer des bateaux allemands basés dans le port de Bordeaux ; des navires qui assuraient la liaison entre l'Europe et l'Extrême Orient en transportant des armes à l'aller et des matières premières comme du caoutchouc au retour.

 

Le 7 décembre 1942, en pleine nuit un sous marin Britannique au large de Montalivet (début de l'estuaire de la Gironde) met à l'eau cinq Kayaks, les 10 hommes du commando dirigé par le major Hasler doivent de nuit descendre la Gironde jusqu'à Bordeaux, placer leurs charges explosives magnétiques sur les coques des navires et une fois leur mission accomplie  se rendre à pied jusqu'à Ruffec (en Charente 160 kms) quel périple puis prendre contact avec la résistance qui se chargera de les rapatrier en Angleterre.

 

Deux hommes seulement Herbert Hasler et William Sparks arriveront au bout de la mission le 11 décembre et pourront rejoindre leur pays sains et saufs en passant par Lyon Barcelone et Gibraltar cinq mois après le raid, quatre navires allemands ont été coulés ou sérieusement endommagés mais huit hommes du commando ont trouvé la mort noyés ou fusillés après leur arrestation par les allemands ou les gendarmes français.

 

Cette histoire à beau être connue il reste toujours des zones d'ombre, par exemple on sait depuis peu que deux membres du commando dont l'embarcation avait chaviré à l'entrée de l'estuaire et qui avaient été capturés par les allemands ont été emprisonnés le 8 décembre à Royan avant d'être transférés à Blanquefort (Gironde) où ils ont été fusillés car considérés comme terroristes.

 

Voilà le destin hors du commun de ces jeunes hommes qui ont combattu le nazisme et sont des héros pour nous Français.

 

Amie de l'A.N.C.A.C Annette COLAS

LES MUTINERIES DANS LA GRANDE GUERRE

 

 

A partir de 1917, des actes d'indiscipline collectifs et des manifestations se multiplient au sein des troupes françaises. Passibles du tribunal militaire, les mutins disent non à la guerre. Certains le paieront de leur vie.

 

Il faut se souvenir qu'en 1917, l'armée française a perdu 950.000 hommes, la guerre a commencé depuis trente mois et 400.000 soldats ont été faits prisonniers en Allemagne.

 

Les premiers refus d'aller au front ont commencé juste après l'exploit de la bataille de VERDUN. Les combats sont décidément très rudes. En avril 1917, les mutineries se multiplient avec le désastre de l'offensive du Chemin des Dames qui piétine et envoie à l'abattoir des centaines de milliers d'hommes.

 

C'est la désillusion, et la colère monte chez les poilus : entre 30.000 et 80.000 d'entre eux se révoltent ! Ce sont des mutins individuels ou bien des actes collectifs d'indiscipline.

 

De nombreux soldats crient « à bas la guerre » tandis que d'autres, en pleine révolution russe, chantent l'internationale.

 

Des combattants refusent de rejoindre leurs tranchées ou de se rendre dans les positions qui leur sont ordonnées. Ils désobéissent.

 

Leurs revendications sont claires et précises : ils refusent de prendre part à des offensives inutiles et beaucoup trop souvent coûteuses en vies humaines. Les poilus ne veulent plus aller au casse-pipe. Dans leurs courriers, des hommes écrivent que « ces Messieurs ont trop abusé, ils croyaient jouer avec des soldats de plomb».

 

En mai 1917, le Général Philippe PETAIN remplace le Général Robert NIVELLE, commanditaire de l'offensive meurtrière du Chemin des Dames.

 

Le Général Philippe PETAIN affirme qu'il ne peut accepter les mutineries qui touchent maintenant pas moins de 68 divisions.

 

La grogne et la colère se répandent à travers les lignes comme une traînée de poudre. Plus de 250 « incidents » se seraient produits dans de nombreux régiments, notamment d'infanterie. $o»Jc-

 

Les enquêtes sont menées, les mutins sont identifiés, arrêtés et emprisonnés. Plus de 3.300 soldats passent en Conseil de guerre. Ils sont jugés et les sentences vont de la dégradation à une peine de prison ou à une condamnation aux travaux forcés.

 

440 d'entre eux sont condamnés à mort et doivent être passés par les armes pour abandon de poste ou refus d'obéissance.


50 d'entre eux seront effectivement fusillés, le Président de la République, Raymond POINCARE, usant de son droit de grâce pour commuer les autres peines capitales en des peines d'emprisonnement.

 

IL FAUT RAPPELER QUE :

 

Dès 1914, des soldats furent fusillés « pour l'exemple ».

 

En 1917, après les mutineries, ils seront 629 à être condamnés à mort. Durant les quatre
années, les conseils de guerre passèrent par les armes quelques 550 militaires français sous
prétexte de «
refus d'obéissance en présence de l'ennemi ou d'abandon de poste ».....

 

Après le printemps 1917, le Général Philippe PETAIN tente de mettre fin au mécontentement des soldats en améliorant leur vie quotidienne par le repos, la nourriture et le rythme des permissions.

 

Avec d'autres, l'A.N.C.A.C demande la réhabilitation de tous les fusillés pour l'exemple.

 

 

René PA

 

Année 1918

 

9 février. Paix séparée entre l'Allemagne et le gouvernement ukrainien à Kiev.

3 mars. Paix séparée entre Lénine et les empires centraux, signée à Brest-Litovsk. La Russie abandonne la Pologne russe, la Lituanie, la Courlande. Elle s'engage à évacuer la Livonie, l'Estonie, à reconnaître l'indépendance de la Finlande et de l'Ukraine.

18 mars. La Roumanie signe un traité de paix préliminaire avec les puissances centrales à Buftea.

Mars-juillet. Grande bataille de France.

21 mars. Début de la bataille de Picardie.

23 mars. Paris est bombardé par les Pariser Kanonen (et non la Grosse Bertha).

30 mars. Le général Pershing met les forces américaines à la disposition de Foch. Deux millions de soldats américains sont envoyés en Europe à partir d'avril (50000 victimes). Ce renfort continu (200000 hommes par mois) renverse l'équilibre au profit de l'Entente. 9 avril. Offensive allemande en Flandre vers Hazebrouck. Bataille de la Lys, fatale au corps expéditionnaire portugais, dont les survivants sont enrôlés dans l'armée britannique (fin le 29 avril). 14 avril. Foch est nommé commandant en chef des armées alliées.

26 avril. Les forces allemandes cessent leur offensive en Picardie sans succès.

7 mai. Traité de paix de Bucarest, la Roumanie cède la Dobroudja à la Bulgarie et une partie des Carpates à la Hongrie. Elle reçoit la Bessarabie au détriment de la Russie.

27mai. Offensive allemande du Chemin des Dames. Contre-offensive alliée en Picardie : le 28 mai, la première division américaine enlève le village de Cantigny.

30 mai. Les Allemands atteignent la Marne à Château-Thierry. Neuf obus sont lancés sur Paris. 9 juin. Offensive allemande entre Montdidier et Noyon vers Compiègne.

15 juillet. Offensive allemande en Champagne. 18 juillet Seconde bataille de la Marne. Début de la grande contre-offensive alliée. Les Alliés (Français et Américains) obligent les Allemands à se replier au nord de la Marne. Les Allemands doivent renoncer à l'offensive prévue dans les Flandres. 8 août. Offensive alliée en Picardie. Victoire des alliés sur la Somme.

15 septembre. Offensive alliée à Salonique. 15 septembre. Li bération de Nancy.

18 septembre. Percée de la ligne Hindenburg

19 septembre. La Bulgarie signe l'armistice. 26 septembre. Foch lance une vaste offensive convergente en Lorraine en direction de Mézières et en Belgique vers Bruges.

27-30 septembre. La ligne de Hindenburg est brisée.

29 septembre. Réunion à Spa du gouvernement, du haut commandement et de l'empereur d'Allemagne. Les généraux, face à l'épuisement de l'armée, suggèrent de demander l'armistice sur la base des « quatorze points » de Wilson. L'état-major bulgare demande un armistice suite à l'offensive de l'armée française d'Orient (Franchet d'Esperey) en Bulgarie.

3 octobre. Max von Baden forme un nouveau gouvernement en Allemagne. La demande d'armistice est adressée aux États-Unis dans la soirée.

24-29 octobre. Offensive italienne victorieuse à Vittorio Veneto. Les Autrichiens refluent sur tous fronts.

29 octobre. Armistice de Salonique. Le gouvernement autrichien demande l'armistice à l'Italie.

31 octobre. La Turquie signe l'armistice à Moudi

3 novembre. L'Autriche-Hongrie signe l'armistice Villa Guisti en Italie.

9 novembre. Révolution en Allemagne, abdication du Kaiser Guillaume II.

10 novembre. Profitant de la victoire des Alliés, I Roumanie entre à nouveau en guerre et réoccupe Transylvanie.

11 novembre. Signature de l'armistice dans la clairière de Rethondes entre l'Allemagne et les Alliés, marquant la fin de la Première Guerre mondiale.

 

 

 

27 Mai Journée nationale de la résistance

 

 

UNE JOURNÉE REVENDIQUÉE DÈS 1945 PAR LES ASSOCIATIONS ISSUES DE LA RÉSISTANCE

 

 

Plaque apposée au 48 rue du Four

 

 

Se souvenir, pourquoi ?

« Événement majeur de notre histoire, la Résistance n'est pas seulement l'affaire de ceux qui la vécurent, y participèrent, l'organisèrent. Bien au-delà du souvenir, elle continue de génération en génération, à dispenser à tous son lucide enseignement.

Cet événement majeur réclame un moment fort au cours duquel chacun puisse, non seulement l'honorer et le célébrer, mais avant tout le comprendre !

Incessante pédagogie de l'espoir, la Résistance reste à l'œuvre dans la mémoire collective des Français. Elle est une des forces profondes qui structurent notre durée, proclament notre passion de la liberté et donnent un sens véritable à notre héritage. »

Jean MARCENAC, poète Résistant

 

 

« Au volontariat que fût le nôtre, il y a plus de soixante-dix ans, doit succéder un nouveau volontariat au service des valeurs de la Résistance. Une société est en péril lorsque le tissu social se déchire, quand la fracture s'élargit entre ‘’le peu’’ qui ont trop et le ‘’reste ‘’ qui a peu, quand la désespérance frappe une large fraction de la population.

Sans justice, sans égalité, sans solidarité, la démocratie devient un mot vide de sens.

La remise en cause de ce qu'on appelle les acquis de la Résistance, notamment sur le plan social, constitue un recul historique qui tend à priver de son sens véritable le combat du peuple français pour sa libération. »

Robert CHAMBEIRON, Résistant, secrétaire général adjoint du Conseil national de la Résistance

Obsèques de Pierre SEMARD le 10 mars 1945

 

Arrivée le 9 mars à la gare de Lyon à PARIS, la dépouille mortelle de Pierre SEMARD est veillée pendant la nuit dans la gare puis portée le 10 au matin vers le cimetière du Père Lachaise

où elle est enterrée à proximité du mur des fusillés de la Commune.

La garde d'honneur est formée d'agents des gares qui ont participé à la veillée mortuaire.

Programme du Conseil national de la Résistance

(15 mars 1944)

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans  cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la

Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

 

I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée

par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le  C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan del’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction de s comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

Le but de ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par-dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.

Ces comités devront :

1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :

a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états-majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organiser des milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état-major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;

4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.

Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d’assurer :

- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

- le respect de la personne humaine ;

- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la

loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;

- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;

- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

- la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;

- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une  politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accord ant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

- le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les incitera à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

 

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

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