UNE FEMME RESISTANTE

Devenue ROCHAMBELLE dans la 2eme DB.

 

 Retransmettre le parcours d’un proche qui s’est la guerre 1939/45 n’est jamais facile, surtout quand il fait partie de la famille.

Pour rassembler tout un tas de souvenirs et la nécessité de conserver une trace, il suffit de contempler les livres d’histoire et les documents qui attestent cette authenticité.

Marguerite MARCHANDEAU, l’héroïne de cette aventure, est ma tante, sœur cadette de mon père, une femme hors du commun.

Agée de dix-neuf ans lorsque la 2eme guerre mondiale éclate, elle n’accepte pas la capitulation française et décide de répondre à l’appel du General DE GAULLE pour servir, ensuite, comme ambulancière, en 1944, dans la 2eme Division blindée du Général LECLERC.

Apres l’évacuation de mai 1940 vers ST HILAIRE DE TALMONT (Vendée), c’est l’exode à pied sur les routes de France et le mitraillage sans vergogne de l’aviation allemande avec leurs redoutables « STUKA ».

L’année suivante elle commence à participer à des actions rebelles. Plusieurs fois interrogée par la gestapo, elle parvient à s’échapper du lycée CHANZY à CHARLEVILLE qui sert de prison, pour rejoindre son compagnon résistant au bar « au petit moine », près de la gare de l’est à PARIS, refuge et point de chute des combattants. Pourchassée, elle entre dans la résistance et signe son engagement dans le réseau « MITARIDATE »près de COURNON d’AUVERGNE, le 1er aout 1942. Sous le commandement du Lieutenant-colonel BRESSAC.

Chargée des missions de parachutage la nuit (conteneurs remplis de provisions, cartes d’alimentation et d’identité vierges, postes de radio, d’argent : livres sterling, lires italiennes, marks allemands, etc.), cela lui rappelle ses premiers contacts avec les résistants quand il fallait secourir les pilotes abattus par la DCA pour leur permettre de rejoindre l’Angleterre.

Pour des raisons de sécurité, son allure générale était modifiée, elle était teinte en blonde et portait des vêtements très voyants, cette transformation provisoire était le meilleur moyen, en ne cherchant pas à se cacher, elle n’attirait pas l’attention des allemands sur son activité.

Infiltré  par l’ABWEIR (service de renseignements allemand) et piégé par de nouvelles arrestations, le réseau est démantelé en octobre 1943, elle est contrainte à la fuite. Elle rejoint l’Espagne à travers les Pyrénées à pied avec l’aide de guides, dans des conditions difficiles (la faim, le froid et la fatigue). Et obtenir le statut de réfugiée politique.

Après un contrôle au commissariat de PAMPLUNE, c’est ensuite la surveillance dans le petit village de UBERWAGA de UBILLA en BISCAYE. Puis c’est MADRID, MALAGA et enfin CASABLANCA après l’ouverture de la frontière Espagnole vers l’Afrique du nord.

Au MAROC le général LECLERC est en train de former sa division blindée. Florence CONRAD une américaine d’origine française réussit à faire venir des Etats-Unis dix-neuf ambulances Dodge toutes neuves et former trente-huit ambulancières. Marguerite se lance dans l’aventure et baptise son ambulance « CHARLEVILLE » du nom de son pays natal Ardennais.

Le groupe ROCHAMBEAU est né, (et avec lui les ROCHAMBELLES) Il porte le nom du comte de ROCHAMBEAU (Jean Baptiste de VIMEUR). Incorporée dans la 2ème DB (1ère compagnie médicale), elle signe son engagement le 18 janvier 1944 pour la durée de la guerre plus trois mois. Après plusieurs cours de perfectionnement, elle rejoint MERS-EL-KEBIR puis le port de LIVERPOOL en Angleterre et enfin stationne dans le YORKSHIRE.

Le 6 juin 1944, les Allies débarquent sur les côtes normandes : Opération « OVERLORD ».

A leur suite, Elle arrive sur le sol de France. En mettant le pied sur la plage d’UTAH BEACH, Marguerite et plusieurs soldats se sont mis à genoux pour embrasser le sol Français, en pleurant.

La bataille de Normandie est déjà commencée. Rattachée le 8 août au 15ème corps de la 3ème armée américaine, l’hôpital volant suivait la division, Les ROCHAMBELLES prenaient en charge les blessés. Elles montaient sur les chars en flammes pour sortir les hommes sans mettre le pied à terre à cause des mines. L’une d’elles aura les jambes broyées par une grenade.

La division se mit en mouvement pour reconquérir PARIS. C’est le capitaine DRONE qui entra le premier dans la capitale pour sa libération.

Le plan de marche était établi vers BACCARAT. Le 30 septembre alors que la division progressait, « CHARLEVILLE » fut victime d’une explosion. Marguerite était a son tour brancardée par ses collègues vers l’hôpital volant puis transférée au VAL DE GRACE. La ROCHAMBELLE Ardennaise est mise en observation et contrainte  au repos.

Pour des raisons de santé, elle est mutée au bureau des AFAT (auxiliaires féminines de l’armée de terre). D’une nature trop active pour se retrouver dans un bureau, elle refuse son ambition était de retourner sur le front pour apporter son aide aux soldats blessés. Marguerite s’était engagée dans l’armée pour être sur le terrain, au péril de sa vie.

Après la délivrance de sa feuille de route elle rentra chez elle à MOHON dans les Ardennes.

La ROCHAMBELLE sera démobilisée le 1er janvier 1945.

Parmi ses nombreuses décorations notons :

  • La CROIX de CHEVALIER de l’ORDRE NATIONAL du MERITE.
  • La CROIX DE GUERRE avec citation à l’Ordre du régiment.
  • La Médaille des Evades de France.
  • La CROIX du Combattant Volontaire.
  • La Médaille de la France Libre :

« Répondant à l’appel de lac France en péril de mort. Vous avez rallié les Forces Françaises Libres. Vous avez été de l’équipe volontaire des bons compagnons qui ont maintenu notre pays dans la guerre et dans l’honneur. Vous avez été de ceux, qui au premier rang, lui ont permis de remporter la victoire. Au moment où le but est atteint,

Je tiens à vous remercier, Amicalement, Simplement, Au nom du de la France ! »

1er Septembre 1945.   Charles DE GAULLE

 

Marguerite, ma tante, est décédée en juillet 2004 à l’Age de 84 ans à ST Hilaire de Riez (Vendée).

 

                                                                                   JEAN MARCHANDEAU

                                                                                   A.C en Afrique du Nord.

Source : Editions L’Harmattan (collection mémoires du XXe siècle).

75éme Anniversaire du Débarquement de Normandie le 6 juin 1944

Le 6 juin 1944 à l’aube une armada de 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s’approche des côtes normandes.

Elle s’étale sur un front de 35 kms et transporte pas moins de 130 000 hommes, Britanniques, Américains, et Canadiens pour la plupart. Plus de 10 000 avions la protègent.

Baptisé du nom de code (Overlord) cette opération aéronavale demeure la plus gigantesque de l’histoire.

Dwight Eisenhower, les généraux Bradley et Patton et le Maréchal Britannique Montgomery décident de débarquer en Normandie, au sud de la Seine, l’objectif est d’installer une tête de pont sur les plages, puis de s’emparer du port en eau profonde de Cherbourg afin d’intensifier les débarquements d’hommes et de matériels.

Il n’empêche que d’impressionnantes fortifications parsèment le littoral océanique des Pyrénées à la Norvège. C’est « le mur de l’Atlantique ». L’arrière-pays du Cotentin a aussi été inondé dès janvier 1944 par les Allemands et protège contre d’éventuels atterrissages par des pieux, tranchées, mines.

Vers minuit trois cents éclaireurs sont parachutés derrière les marais du littoral sur la presqu’île du Cotentin. Ils balisent les terrains d’atterrissages pour les planeurs qui les suivent, 23500 parachutistes de trois divisions sont lâchés derrière les lignes Allemandes, leur mission est de dégager la plage Utah et de couper la route qui relie Caen à Cherbourg à Sainte-Mère Eglise mais certains d’entre eux tombent au centre du village où ils sont mitraillés par les Allemands avant d’avoir touché terre.

A l’intérieur des terres, les réseaux de résistance s’activent, ils ont été avertis par la BBC par le message codé des vers de Verlaine    

« les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone »

Le général Eisenhower reconnaitra que les réseaux de résistance les ont beaucoup aidés.

Au matin du jour J à 5h30 les avions bombardent les fortifications des plages et des falaises. Une heure plus tard cinq divisions commencent à débarquer sur les plages aux noms codés de l’ouest vers l’est : Utah et Omaha, Gold, Juno et Sword.

Le commando français de 177 hommes commandé par le capitaine de corvette Philippe Kieffer avait pour objectif de prendre d’assaut une position fortifiée : un ancien casino à Colleville Montgomery. Aujourd’hui trois de ses soldats sont toujours en vie.

Les hommes progressent sur les plages sous le feu des Allemands qui tirent du haut des blockhaus. La résistance de la Wehrmacht est rude au dépit de la médiocrité des troupes en particulier sur Omaha-Beach où les Américains frôlent la catastrophe.

La chance sourit enfin aux alliés et à la fin de la journée 135 000 hommes ont réussi à poser le pied sur le sol français.

Les Américains déplorent 3400 tués et disparus, les Britanniques 3000, les Canadiens 335, mais au total les pertes s’avèrent beaucoup moins importantes. Les bombardements des villes normandes ont par ailleurs causé beaucoup de victimes civiles et des villes ravagées à 95%.

Au soir du 6 juin, les alliés ont finalement réussi à établir une tête de pont sur la côte où ils peuvent débarquer des millions d’hommes en vue d’une offensive de longue haleine pour libérer la France, la Belgique, le Luxembourg, les Pays Bas.

Saluons le courage des alliés qui ont contribué à la victoire et à la reddition sans conditions de l’Allemagne nazie.

 Annette COLAS

 

 

 

1921

 

C'est l'année, le 28 janvier précisément où le soldat inconnu est inhumé sous l'Arc de Triomphe lors d'une cérémonie officielle.

 Émise dès novembre 1916, l'idée d'honorer un soldat inconnu ne se concrétise qu'après l'Armistice, le lieu d'inhumation faisant encore l'objet de débats.

Le 8 novembre 1920, la chambre des députés décide enfin du lieu et le 11 novembre 1920, le cercueil fait son entrée solennelle sous l'Arc de Triomphe mais ne sera mis en terre que le 28 janvier suivant.

L’Arc de Triomphe est un haut lieu symbolique depuis que la dépouille du soldat inconnu a été inhumée.

Deux ans plus tard, André Maginot, alors ministre de la Guerre, soutient le projet d’y installer une "flamme du souvenir" qui est allumée pour la première fois le 14 novembre 1923. Elle commémore le souvenir des soldats morts au combat et ne s’éteint jamais...

LE MONT VALERIEN

Le Mont-Valérien, à Suresnes (Hauts-de-Seine), est une belle colline qui domine Paris de toute sa masse boisée. Haut lieu de mémoire, il s’agit surtout du premier site français d’exécution de résistants et d’otages par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. C’est ici que Missak Manouchian et ses camarades ont été passés par les armes. Au total, 1 008 personnes ont été fusillées dans la clairière, dont Honoré d’Estienne d’Orves, Gabriel Péri, Boris Vildé, Georges Paulin, Jacques Solomon, Georges Politzer ou Joseph Epstein...

Une nouvelle signalétique permanente a vu le jour à l’intérieur du site, ainsi qu’une toute première exposition temporaire. Visible en plein air, elle est dédiée aux auteurs des 31 graffitis encore visibles dans la chapelle.

« La plupart ont été réalisés le 2 octobre 1943. Ce jour-là, 50 résistants et otages ont été conduits ici pour être exécutés. Ils ont été enfermés dans la chapelle avant la sentence. C’est là qu’ils ont gravé leurs derniers mots avant de mourir »

Dans la chapelle, il y avait aussi Louis Melotte, otage communiste arrêté avec un pochoir « Boches assassins » sur lui. Ou encore le communiste juif Chuna Bajtsztok, le membre de l'état-major de l'Armée secrète Armand Dutreix, ou le jeune Jean Rimbert, qui peignait des croix de Lorraine en ville et participait à des actions de sabotage.

 « Sur les 1008 fusillés, 60 % sont des résistants condamnés à mort par un tribunal militaire allemand. Les autres sont fusillés en tant qu'otages pour ce qu'ils sont: des juifs et des communistes. On voit bien quel était le projet répressif de la Wehrmacht: tuer les ennemis immédiats armés et tuer les ennemis idéologiques ciblés.

L’immense majorité des fusillés du Mont-Valérien ont été arrêtés et livrés aux Allemands par des Français.

En tout, 22 na­tionalités sont représentées parmi les vic­times du Mont-Valérien.

« Soit 20 % d'étrangers et 17 % des fusillés sont juifs. D'un point de vue partisan, 65 % sont communistes et 35 % représentent la totalité des composantes de la Résistance combattante, dont les gaullistes.

La cloche portant les noms des 1008 exécutés 

Cette exposition temporaire sera remplacée en décembre, par une autre consacrée à la construction des mémoires

Il est donc possible de découvrir le Mont, pour se souvenir des 1009, âgés de 17 à 72 ans. En ce moment, un grand soleil de printemps éclaire la colline.

De quoi se dire « que la nature est belle et que le cœur me fend ».

L’ANCAC participera à la cérémonie d’hommage aux fusillés

du Mont-Valérien qui aura lieu le samedi 25 mai 2019 à 14H

1921

 

 

 

C'est l'année - le 28 janvier précisément où le Soldat inconnu est inhumé sous l'Arc de Triomphe lors d'une cérémonie officielle.

 Émise dès novembre 1916, l'idée d'honorer un soldat inconnu ne se concrétise qu'après l'Armistice, le lieu d'inhumation faisant encore l'objet de débats.

Le 8 novembre 1920, la Chambre des députés décide enfin du lieu et, le 11 novembre 1920, le cercueil fait son entrée solennelle sous l'Arc de Triomphe mais ne sera mis en terre que le 28 janvier suivant.

L’Arc de Triomphe est un haut lieu symbolique depuis que la dépouille du Soldat Inconnu a été inhumée.

Deux ans plus tard, André Maginot, alors ministre de la Guerre, soutient le projet d’y installer une "flamme du souvenir" qui est allumée pour la première fois le 14 novembre 1923. Elle commémore le souvenir des soldats morts au combat et ne s’éteint jamais...

Les violons de la Shoah : la musique contre l’oubli.

Des violons ayant appartenu à des déportés juifs dans les camps de la mort ont résonné à Dresde le temps d’un concert. Ils ont été patiemment restaurés par Amnon Weinstein, un luthier israélien lui-même issu d’une famille de juifs lituaniens ayant échappé à la Shoah.

 

Le soir là sur la seine du Philarmonique de Dresde (Allemagne) Amnon Weinstein reçoit une ovation debout du public, c’est lui, le luthier de Tel Aviv qui a redonné vie aux violons des déportés juifs d’Auschwitz que les musiciens du Philarmonique viennent de faire résonner.

Chacun des 16 violons a résonné dans les camps de la mort. Les nazis imposaient aux musiciens juifs de jouer pour accompagner les condamnés vers les chambres à gaz. Le luthier Israélien a entamé son travail de restauration de ces instruments il y a 20 ans. Il a redonné vie à plus de 60 violons parmi ceux-ci un violon marqué à l’intérieur par le luthier allemand qui l’a fabriqué ; Il avait écrit <<Heil Hitler en 1936  et dessiné une croix gammée>> il faut que ça reste.

Chaque violon à son histoire comme celui qu’il a dû nettoyer d’une épaisse poussière noire … celle des cendres des fours crématoires.

Benny Boret, lui, a confié au luthier de Tel Aviv un violon rescapé de la guerre. Il a appartenu à un jeune juif lyonnais et qui enfermé dans un train qui les conduisait à Drancy en 1942 a pu confier son instrument à un cheminot. Benny Boret raconte <<c’est un violon, je n’en n’ai  plus besoin, je vais vous le faire passer par la petite ouverture au dessus de la porte mais promettez moi de le garder. L’instrument est resté longtemps caché. Il porte aujourd’hui le nom du père de Benny Boret rescapé lui aussi de la Shoah.

Dans son atelier de Tel Aviv Amnon Weinstein continu de recevoir des instruments à restaurer.

Pour moi, c’est une mission de retrouver tous les violons qui ont quelque chose à raconter  de la guerre parce qu’il ne faut pas oublier ça. Si on écoute bien la musique, ont peut comprendre ce qu’ils veulent dire, les violons parlent, les violons racontent.

Le 27 janvier 2019 sera l’anniversaire de la libération du camp de la mort d’Auschwitz par les troupes soviétiques. N’oublions jamais les millions de morts de la Shoah exterminés par un régime qui se croyait la race supérieure et qui ont anéanti des millions de femmes d’enfants, d’hommes de tous âges et de conditions sociales différentes.

A l’heure où le populisme refait surface en Europe n’oublions jamais les victimes innocentes de la Shoah.

Annette COLAS

Amie de l’ANCAC