Création de l’O.N.U.

L’objectif de l’ONU figure dans la chartre de l’Organisation des Nations Unies signée à San Francisco le 26 Juin 1945 par 51 Etats.

Les Etats membres s’engagent à respecter le principe de l’égalité entre nations petites ou grandes et à unir leurs forces pour maintenir la paix et la sécurité internationale.

De plus ils doivent respecter le droit des peuples à disposer d’eux même et favoriser le développement entre les peuples de relations amicales.

L’ONU tente de préserver la Paix par le recours à des moyens pacifiques et diplomatiques comme l’indique l’article 33 : <<rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation…>>.

Pour le << règlement judiciaire>>. L’ONU dispose d’une Cour internationale de justice à la HAYE.

L’ONU dispose avec l’article 43 de la possibilité de demander à ses membres d’envoyer leurs Forces armées pour assurer des opérations militaires de maintien de Paix.

Le siège de l’ONU est à NEW YORK.

 

En même temps la France s’engageait dans la mise en œuvre par le gouvernement français, du programme du Conseil National de la Résistance.

  • Rétablissement des quarante heures.
  • Vote de la loi sur la nationalisation de l’électricité et du gaz.
  • Nationalisation des grandes compagnies d’assurances.
  • Extension du nombre et des attributions des comités d’entreprises.
  • Généralisation de la Sécurité Sociale incluant la Retraite des vieux.

 

 

Pour faire vivre l’héritage de la Résistance et ces idéaux nous appelons les jeunes générations à prendre le relais.

                                                       Le secrétariat

Maillé et son histoire

 

En 1940, lorsque les Allemands s’installent à Maillé et ses environs, la commune compte un peu plus de 500 habitants. Le village se trouve sur un axe stratégique, à proximité de la ligne de démarcation, coupé du nord au sud par la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux. Le village est longé par l’ancienne route nationale 10 (RD 910). Et à proximité du village, le camp de l’intendance militaire de Nouâtre.

Le 25 août 1944, pendant que Paris fête sa libération, Maillé est pratiquement rayé des cartes. Cerné par les troupes allemandes vers 9 heures du matin, le village vit les premiers instants d’un drame qu’aucun objectif militaire ne justifiera. Les habitants de Maillé sont traqués, massacrés dans leurs champs, leurs maisons, leurs jardins, leurs caves…

124 personnes de 3 mois à 89 ans sont sauvagement assassiner: 37 hommes, 39 femmes, 48 enfants de moins de 15 ans dont 26 de moins de 5 ans et 2 nouveau-nés, parmi les morts sept cheminots ont été froidement fusillés dans le passage à niveau.  Les seuls qui échappent à la mort sont ceux, qui ont pu se cacher avant l’arrivée des Allemands ou qui ont simulé la mort au milieu des cadavres. Le bétail n’est pas épargné. Tout ce qui bouge ce jour-là est tué. 52 habitations sont brûlées, il n’en reste que 8 sur la totalité du bourg après le passage de la barbarie nazie.

Seul le sous-lieutenant Gustav Shlueter a été reconnu responsable d’homicides volontaires « accomplis à l’occasion ou le prétexte de l’état de guerre mais non justifiés par les lois et coutumes de la guerre » par le tribunal militaire permanent de Bordeaux. Malheureusement, il n’a jamais été retrouvé, et les troupes qui étaient sous ses ordres ce 25 août 1944 n’ont pas été identifiées.

Le surlendemain, les 124 massacrés sont enterrés dans une fosse commune dans le cimetière du village.

En témoignage des rescapés de la cave de l’école où Michel GANDAR avait 10 ans ses parents instituteurs ont pu échapper au massacre parce qu’ils se sont réfugiés dans la cave de l’école en compagnie d’une dizaine d’autres personnes.

Notre camarde Michel GANDAR en 2008 en compagnie des camarades de l’ANCAC de la section de Bordeaux nous a fait découvrir le village de Maillé.

« N’OUBLIONS JAMAIS ce massacre par les nazis »

Monument en gare de MAILLE : figurent les sept noms des fusillés :Mme Renée GOUARD 38 ans – Pierre GRANET 56 ans – Paul MILORY 45 ans – Baptiste SORNIN  43 ans– Auguste THERNEAU  43 ans – Yvon MILLORY 45 ans – Joseph SONDAG 23 ans.     

 

 

Guy MOQUET

17 ans

Etudiant Militant des JC

 

 

Il nait à Paris le 26 avril 1924. Etudiant au lycée Carnot, il se passionne très tôt pour la po­litique et choisi, dès l'arrestation de son père, le syndicaliste cheminot et député communiste Prosper Môquet, de suivre ses traces.

 Le 13 octobre 1940, Guy Môquet, alors âgé de 16 ans, est arrêté Gare de l'Est par des policiers français qui recherchent les militants communistes. On l'interroge. On veut lui faire livrer les amis de son père.

Incarcéré à la prison de Fresnes, le jeune militant est inculpé, sous le même chef d'accusation que son père, «d'infraction au décret du 26 septembre 1939, portant dissolution des organisa­tions communistes». Le 23 janvier 1941, il est acquitté par la 15ème chambre correctionnelle de Paris, et doit être mis en liberté surveillée.

Guy Môquet n'est pourtant pas relâché. Au contraire, il est transféré à la prison de la Santé, à Paris, le 10 février suivant. L'adolescent s'impatiente, écrit au procureur mais rien n'y fait. Il est transféré à la prison de Clairvaux, dans l'Aube, puis au camp de Choisel à Châteaubriant, en Loire-Inférieure (Loire-Atlantique actuelle), où sont détenus d'autres militants commu­nistes généralement arrêtés entre l'automne 1939 et 1940.

Arrivé le 16 mai 1941, il est à la baraque 10, la baraque des jeunes où il lie de nombreuses ami­tiés.

 

22 octobre 1941

Guy Môquet va mourir. Quelques minutes avant d'être conduit sur le lieu d'exécution, alors rassemblés avec ses camarades dans la baraque 6, il écrit une dernière lettre à sa famille, cette fameuse lettre qui commence par, «Je vais mourir !», et se termine par, «Je vous embrasse de tout mon cœur d'enfant».

 Enfin, il griffonne un dernier petit mot pour une jeune communiste, Odette Leclan (aujourd'hui Odette Nilès), militante de l'union des jeunes filles de France. Il a fait sa connaissance un mois plus tôt alors qu'elle vient d'être internée au camp de Choisel et multiplie les contacts à travers une palissade de bois surmontée d'un grillage, qui sépare le secteur des garçons et celui des filles. Tombés rapidement amoureux, le jeune Guy regrette, dans ses dernières lignes, le baiser qu'elle lui avait promis.

Après l'arrestation de Prosper, Guy, sa mère Juliette et son petit frère Serge s'étaient réfugiés à Bréhal, dans la Manche. Il revient à Paris, seul, et milite avec ferveur au sein des jeunesses communistes réorganisées clandestinement. Il distribue des tracts et colle des papillons proclamant la politique du Parti, y compris après l'entrée des Allemands dans Paris, le 14 juin 1940, et la proclamation de l'Etat Français, le 10 juillet suivant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Châteubriant 22 octobre 1941.

 

Ma petite maman chérie, Mon tout petit frère adoré, Mon petit papa aimé,

 

Je vais mourir! Ce que je vous demande, à toi en particulier, petite maman, c'est d'être très courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean; j'ai embrassé mes deux frères, Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire, hélas !

J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées. Elles pourront servir à Serge qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour. A toi, petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la vie que tu m'as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beau­coup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme. Dix-sept ans et demi. Ma vie a été courte! Je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous, je vais mourir avec Tintin. Michel. Ma­man, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine, je ne peux pas en mettre davantage, je vous quitte tous, toutes, toi maman, Séserge, fwpa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !

Votre Guy qui vous aime.

Guy.

Dernière pensée: «Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les vingt-sept qui allons mourir.»

Hommage aux 27 fusillés de Chateaubriant le 22 octobre 1941

 

Le mercredi 22 Octobre 1941, en début d'après-midi, les Allemands regroupent à Châteaubriant, au camp de Choisel, vingt-sept otages. Dans une baraque du camp, ils peuvent écrire une dernière lettre, avant d'être conduits à la carrière de la Sablière, située à la sortie de la ville, pour y être exécutés. Leur exécution se déroulnt en trois salves, à 15H50, 16H00 et 16H10. Tous refusent d'avoir les yeux bandés et les mains liées. Ils meurent en chantant la Marseillaise.

 

Liste des 27 otages fusillés

  • Jules Auffret, 39 ans, ouvrier gazier, de Bondy, conseiller général communiste de la Seine.
  • Henri Barthélémy, 58 ans, de Thouars, retraité de la SNCF, militant communiste.
  • Titus Bartoli, 58 ans, de Digoin, instituteur honoraire, militant communiste.
  • Maximilien Bastard, 21 ans, de Nantes, chaudronnier, militant communiste.
  • Marc Bourhis, 44 ans, de Trégunc, instituteur, militant communiste trotskiste.
  • Émile David, 19 ans, de Nantes, mécanicien-dentiste, militant communiste.
  • Charles Delavacquerie, 19 ans, de Montreuil, imprimeur, militant communiste.
  • Maurice Gardette, 49 ans, de Paris, artisan tourneur, conseiller général communiste de la Seine.
  • Désiré Granet, 37 ans, de Vitry-sur-Seine, secrétaire général de la Fédération CGT des papiers et cartons.
  • Jean Grandel, 50 ans, employé des PTT, maire communiste de Gennevilliers, conseiller général communiste de la Seine, secrétaire de la Fédération postale de la CGT.
  • Pierre Guéguin, 45 ans, de Concarneau, professeur, maire communiste de Concarneau et conseiller général du Finistère, communiste critique : refuse d'accepter le pacte germano-soviétique et rompt avec le PCF, puis se rapproche des trotskistes.
  • An Huynh-Khuong dit « Luisne », 29 ans, de Paris, professeur, militant communiste.
  • Eugène Kérivel, 50 ans, de Basse-Indre, capitaine côtier (marin pêcheur), militant communiste.
  • Raymond Laforge, 43 ans, de Montargis, instituteur, militant communiste.
  • Claude Lalet, 21 ans, de Paris, étudiant, dirigeant des Jeunesses communistes.
  • Edmond Lefevre, 38 ans, d'Athis-Mons, métallurgiste, militant communiste.
  • Julien Le Panse, 34 ans, de Nantes, peintre en bâtiment, militant communiste.
  • Charles Michels, 38 ans, de Paris, ouvrier de la chaussure, député communiste de la Seine, secrétaire de la Fédération CGT des cuirs et peaux.
  • Guy Môquet, 17 ans, de Paris, étudiant, militant communiste, fils du député de la Seine Prosper Môquet déporté au bagne de Maison-Carrée.
  • Antoine Pesqué, 55 ans, d’Aubervilliers, docteur en médecine, militant communiste.
  • Jean Poulmarc'h, 31 ans, d'Ivry-sur-Seine, secrétaire général de la Fédération CGT des produits chimiques, militant communiste.
  • Henri Pourchasse, 34 ans, d'Ivry-sur-Seine, employé de préfecture, responsable de la Fédération CGT des cheminots, militant communiste.
  • Victor Renelle, 42 ans, de Paris, ingénieur-chimiste, militant communiste, créateur du syndicat des techniciens des industries chimiques.
  • Raymond Tellier, 53 ans, de Paris, ingénieur-chimiste, militant communiste.
  • Maurice Ténine, 34 ans, d’Antony, docteur en médecine, militant communiste.
  • Jean-Pierre Timbaud, 31 ans, de Paris, mouleur en bronze, secrétaire général de la Fédération CGT de la métallurgie, militant communiste.
  • Jules Vercruysse, 48 ans, de Paris, ouvrier du textile, secrétaire général de la Fédération CGT des textiles, militant communiste.

 

Victor RENELLE

53 ans

Ingénieur - chimiste Chef de laboratoire

 

Il entre en 1931 à la société Duco. Il est arrêté par la police française le 5 octobre 1940, 97 boulevard Magenta à Paris.

Condamné à six mois de prison pour reconstitution de syndicat dissous, il est conduit à Clairvaux (Aube), puis transféré au camp de Châteaubriant (Loire-Inférieure).

Un ordre de libération arrive cependant, comprenant une condition, liée aux besoins militaires des Allemands : si l'ingénieur accepte de mettre son savoir au service de l'ennemi, il bénéficiera d'un lieu de résidence assigné.

Victor RENELLE répond qu'une libération acquise dans de telles conditions ferait de lui un traite à son pays et qu'il la refuse.

Il est fusillé le 22 octobre 1941.

 

Maurice TENINE

34 ans Docteur en médecine

Conseiller municipal communiste d'Antony

 

Naît le 10 Août 1907 à Alexandrie (Egypte).

Sa famille, des émigrés juifs de Russie acquis aux idées bolcheviques, s'installe deux ans plus tard en France, faute d'avoir obtenu un visa pour les Etats-Unis.

Les TENINE obtiennent la nationalité française en 1926. Le père travaille comme chauffeur de taxi à la compagnie G7. Maurice fait de brillantes études secondaires au lycée Lakanal de Toulouse puis au lycée Voltaire de Paris : il est présenté en 1923 au concours général en mathématiques, français et histoire.

Pendant ses études. Maurice gagne sa vie comme traducteur de l'allemand et du russe pour les Editions Pavot et les Editions sociales internationales.

On lui doit ainsi la première traduction de la Crise sexuelle, de Wilhelm REICH, en 1934.

C'est ainsi qu'il rencontre et épouse une jeune traductrice originaire de Bessarabie, Annette (Etléa) GALABURDA.

Le couple aura une fille en 1934. Son engagement politique est précoce : à l'âge de seize ans, il est arrêté lors d'une manifestation en faveur de SACCO et VANZETTI, deux anarchistes Italo-américains condamnés à mort au terme d'un procès inique. Il milite activement à l'Union fédérale des étudiants et au PCF. dont il est conseiller municipal pour Fresnes.

Il participe également en 1933 à l'accueil des réfugiés allemands. Mobilisé de septembre 1939 à juillet 1940 comme infirmier, il est déchu de son mandat d'élu le 9 février 1940. Après la défaite, il retourne à la vie civile et à son cabinet. Il crée en janvier 1941, avec son confrère Jean-Claude BAUER, le journal clandestin « Le Médecin français ». Arrêté le 17 février 1941, il est interné administratif à Clairvaux puis, en mai suivant, à Châteaubriant. Médecin-major, il endosse sa vareuse d'officier de Santé français lorsqu'il est désigné parmi les 27 otages de Châteaubriant.

Le 29 août 1945, il est fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume, avec attribution de la croix de guerre avec palmes, en tant que pionner de la Résistance médicale. Sa femme, également membre du PCF, est arrêtée près de Nice en octobre 1943 et internée à Drancy. Déportée, elle meurt à Auschwitz.

Julien LE PANSE

34 ans

Peintre en bâtiment

 

Arrêté au début de 1941 pour reconstitution du syndicat illégal CGT sur le lieu de son travail, il est emprisonné à Nantes et envoyé à Châteaubriant à la fin d'avril 1941.

Il loge à la baraque n°3 du «PI» qui deviendra plus tard la «22».

C'est là que le 22 octobre on vint le chercher pour le conduire au supplice.

Julien Le Panse rédigea lui-même le jour du crime ce poignant appel si plein de confiance dans l'avenir :

 

« Adieu, adieu camarades, prenez courage, nous serons vainqueurs. Vive l’Union Soviétique, julien. Fusillé par les Allemands.»

 

 

   

Jules VERCRUYSSE

48 ans

Secrétaire de la Fédération CGT du textile
             
             

 

Né le 1er mai 1893 à Roncq (Nord) Travaille dans l'industrie textile.

Mobilisé et blessé au visage durant la première guerre mondiale. Il fut décoré de la Croix de guerre et de la médaille militaire.

Il milite activement au sein de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC). Il adhère au Parti communiste.

Secrétaire du syndicat unitaire du Textile de la Seine en 1929.

Secrétaire du syndicat général des ouvriers et ouvrières de la teinture et parties similaires de la région parisienne qui est dissous le 21 novembre 1939.

Arrêté le 5 octobre 1940, il fut interné successivement dans plusieurs prisons avant d'arriver au camp de Châteaubriant, avec le groupe des «cent», le 15 mai 1941.

 

 

Jules AUFFRET

39 ans

Conseiller général communiste de la Seine Maire adjoint de Bondy

 

 

 

Arrêté en novembre 1939 en vertu du décret Daladier, il est interné successivement à Maillet, l'île d'Yeu, Aincourt, Fontevrault. Clairvaux et enfin Châteaubriant où il arrive le 15 mai 1941. De la baraque 6 qu'il occupe, il est envoyé à la 19 le 23 septembre.

Jules Auffret est doué d'un sang-froid et d'une force de caractère peu communs.

Le matin du 22 octobre, alors qu'il savait qu'il allait mourir le jour même, il dit à l'un de ses camarades qui le regardait tristement laver son linge : «ça donnera moins de travail à ma femme, mais il n'aura pas le temps de sécher, tu t'en occuperas si tu n'es pas du voyage.» Et comme son ami pleurait, il ajouta encore :

«Ne pleure pas, c'est dans l'ordre des choses, l'essentiel pour ceux qui restent, c'est de ne pas oublier».

                            

           

Jean POULMARCH

31 ans

Secrétaire du syndicat CGT des industries chimiques

Naît à Paris en 1910, dans une famille de cheminots d'origine bretonne. Entré dans les chemins de fer après l'obtention de son brevet, il adhère très jeune à la CGTU et à la Jeunesse communiste, devenant membre de son comité central en 1936. A partir de 1938, il est secrétaire général du syndicat CGT des produits chimiques de la région parisienne. Il appartient également, de 1936 à 1940, au Conseil national économique.

La déclaration de guerre, en septembre 1939, le trouve à Constantine, où il est mobilisé. Libéré de ses obligations militaires un an plus tard, il rentre clandestinement en métropole, à Ivry-sur-Seine, où il participe à la constitution des Comités populaires et à l'organisation des syndicats clandestins. Arrêté le 5 octobre 1940, il est interné successivement à Aincourt, à Fontevrault, à Clairvaux puis au camp de Choisel (Châteaubriant). Il est fusillé à la carrière de La Sablière le 22 octobre 1941.

 

Jean GRANDEI

50 ans

Maire communiste de Gennevilliers Conseiller général de la Seine

Ancien secrétaire de la Fédération CGT de la poste

 

 

Arrêté fin octobre 1940, interné à Aincourt qu'il quitte le 4 décembre pour la centrale de Fontevrault, puis celle de Clairvaux.

Le lendemain du 22 octobre, on retrouva sur les parois de la baraque 6 cette courte inscription signée Grande! :

 Nous vaincrons quand même

                               

Henri BARTHELEMY

58 ans

Cheminot retraité

 

 

 

Arrêté en même temps que sa femme à Thouars (Deux Sèvres) Pour diffusion du journal clandestin «l'Humanité», il arrive à Châteaubriant le 4 juillet 1941.

De taille herculéenne, il est d'un naturel très doux, chacun l'estime pour son bon sourire et le respecte pour ses cheveux blancs.

C'est la tête haute, qu'il sortira de la 6 pour se rendre au supplice, refusant l'aide que voulait lui apporter un soldat pour monter dans le camion.

11 fut avec Timbaud et Pourchasse, le signataire de cette phrase retrouvée le lendemain sur la paroi de la sinistre baraque :

«Vive le Parti communiste qui fera une France libre, forte et heureuse !».

   

Guy MOQUET

17 ans

Etudiant Militant des JC

 

 

 

 

II naît à Paris le 26 avril 1924. Etudiant au lycée Carnot, il se passionne très tôt pour la politique et choisi, dès l'arrestation de son père, le syndicaliste cheminot et député communiste Prosper Moquet. de suivre ses traces.

Le 13 octobre 1940, Guy Môquet, alors âgé de 16 ans, est arrêté Gare de l'Est par des policiers français qui recherchent les militants communistes. On l'interroge. On veut lui faire livrer les amis de son père.

Incarcéré à la prison de Fresnes, le jeune militant est inculpé, sous le même chef d'accusation que son père, «d'infraction au décret du 26 septembre 1939, portant dissolution des organisations communistes». Le 23 janvier 1941, il est acquitté par la 15e chambre correctionnelle de Paris, et doit être mis en liberté surveillée.

Guy Môquet n'est pourtant pas relâché. Au contraire, il est transféré à la prison de la Santé, à Paris, le 10 février suivant. L'adolescent s'impatiente, écrit au procureur mais rien n'y fait. Il est transféré à la prison de Clairvaux, dans l'Aube, puis au camp de Choisel à Châteaubriant, en Loire-Inférieure (Loire-Atlantique actuelle), où sont détenus d'autres militants communistes généralement arrêtés entre l'automne 1939 et 1940.

Arrivé le 16 mai 1941, il est à la baraque 10, la baraque des jeunes où il lie de nombreuses amitiés.

 

22 octobre 1941

Guy Môquet va mourir. Quelques minutes avant d'être conduit sur le lieu d'exécution, alors rassemblés avec ses camarades dans la baraque 6, il écrit une dernière lettre à sa famille, cette fameuse lettre qui commence par, «Je vais mourir !», et se termine par, «Je vous embrasse de tout mon cœur d'enfant».

Enfin, il griffonne un dernier petit mot pour une jeune communiste, Odette Leclan (aujourd'hui Odette Nilès), militante de l'Union des jeunes illes de France. Il a fait sa connaissance un mois plus tôt alors qu'elle vient d'être internée au camp de Choisel et multiplie les contacts à travers une palissade de bois surmontée d'un grillage, qui sépare le secteur des garçons et celui des filles.

Tombés rapidement amoureux, le jeune Guy regrette, dans ses dernières lignes, le baiser qu'elle lui avait promis.


 

Eugène KERIVEL

50 ans

Marin – pêcheur

 

Arrêté avec sa femme pour propagande anti Allemande, il fut l’un des premiers internés politiques du camp de Châteaubriant Châteaubriant. Il habitait la baraque n° 20 où les bourreaux vinrent le prendre le 22 octobre pour le conduire à la baraque 6 où furent enfermés les otages.

Lorsque l'officier allemand eut déclaré aux condamnés qu'il leur accordait une heure pour écrire leurs dernières lettres, Eugène Kérivel demanda et obtint de faire ses adieux à sa femme internée elle aussi dans le camp, (baraque 21).

Madame Kérivel et son mari se retirèrent dans un coin de la baraque n°6 en présence d'un garde. Ils s'étreignirent, la femme sanglotait doucement, mais l'homme était calme, cherchant encore à la consoler.

Quand l'heure de la séparation arriva, La femme d'Eugène montra Guy Môquet et dit :

« Je n'ai que mon homme, fusillez-moi à la place de ce gosse.»

Le tortionnaire eut un geste évasif et dit au gendarme : «Reconduisez-la.»

Emile DAVID

19 ans.

Mécanicien - dentiste

Arrêté à Nantes, au début de Tannée 1941, à la suite de manifestations anti Allemandes organisées par la Jeunesse communiste dont il est le secrétaire, il est envoyé à Châteaubriant fin avril 1941.

Il est sportif et chaque dimanche participe aux compétitions.

Voisin de lit de Maximilien Bastard, ils sont liés tous les deux par une profonde amitié. Ils suivent ensemble un cours de langue étrangère, et chaque matin, au cours d'une promenade sur la piste, ils s'exercent mutuellement à la prononciation.

 

Edmond LEFEVRE

38 ans

Métallurgiste

 

 

Arrêté le 6 octobre 1940, il est interné à Aincourt.

Au début d'avril 1941, une grève de protestation contre l'insuffisance de la nourriture à lieu dans ce camp. Considéré comme le meneur, il est envoyé à la centrale de Poissy pour un mois et le 5 mai, il est envoyé à Châteaubriant.

Ce père de quatre enfants, qui ne verra jamais son dernier né, figure sur la liste des otages du 22 octobre.

Sur la paroi de la baraque, où la sentence de mort fut signifiée aux martyrs, on retrouvera le lendemain cette courte inscription parmi les autres :

«Edmond LEFEVRE

38 ans Métallurgiste

Arrêté le 6 octobre 1940, il est interné à Aincourt.

Au début d'avril 1941, une grève de protestation contre l'insuffisance de la nourriture à lieu dans ce camp. Considéré comme le meneur, il est envoyé à la centrale de Poissy pour un mois et le 5 mai, il est envoyé à Châteaubriant.

Ce père de quatre enfants, qui ne verra jamais son dernier né, figure sur la liste des otages du 22 octobre.

Sur la paroi de la baraque, où la sentence de mort fut signifiée aux martyrs, on retrouvera le lendemain cette courte inscription parmi les autres :

«Edouard Lefèvre, mort pour son parti et la France.»

 

 

Désiré GRANET

37 ans

Secrétaire de la Fédération CGT du papier-carton

 

        

Né le 10 janvier 1904 à Ivry-sur-Seine (Seine) Jeune adhérent des Jeunesses communistes.

Mobilisé le 8 septembre 1939 dans la DCA, il fut démobilisé le II août 1940.

En 1930, il adhère au Parti communiste. Il habite à Vitry-sur-Seine (Seine).

En 1935 il entame une activité de syndicaliste et participe et dirige en 1936 les grèves à Vitry.

Le PC interdit il entre en clandestinité.

Il est arrêté le 4 octobre à Vitry et connut les camps d'internement et plusieurs prisons. Il est transféré à Châteaubriant le 15 mai 1941 et fusillé le 22 octobre.

 

Claude LALET

21 ans

Etudiant

 

 

 

Arrêté au début de l'année 1941, au cours d'une manifestation déjeunes patriotes contre l'occupant.

Incarcéré à la Santé, il obtint l'autorisation de se marier pendant sa détention.

Sa jeune femme .aussitôt, entreprend de multiples démarches pour obtenir sa libération. Au ministère de l'intérieur on lui fait d'évasives promesses, puis un jour une lettre signée du ministre l'informe que son mari sera libre le 23 octobre .

Tout heureuse elle se présente le matin de ce même jour à la porte du camp, où on lui communique l'affreuse nouvelle son jeune époux de 21 ans a été fusillé la veille.

 

 

Charles MICHELS

39 ans

Député communiste de Paris Secrétaire de la Fédération CGT des cuirs et peaux

 

       

Arrêté le 5 octobre 1940, détenu au camp d'Aincourt, puis successivement dans les prisons centrales de Fontevrault et Clairvaux, est transféré finalement à Châteaubriant, où il arrive le 15 mai 1941. Désigné comme responsable de la direction illégale du camp après les évasions du 19 juin 1941, il monte à la baraque des otages le 23 septembre. Informé par un gendarme de la garde le 21 octobre que des otages pris dans le camp seraient fusillés le lendemain, il convoque dans la nuit la direction illégale «19», baraque des otages, propose qu'après la signification de la sentence aux victimes, celles-ci répondent en entonnant le chant national et que tous les internés du camp les soutiennent en chantant avec les condamnés.

C'est ainsi que le 22 octobre 1941, vers 14h30, de la baraque où était parqués les otages s'éleva d'abord la voix de Charles Michels, puis celle de tous les héros. Et, la «Marseillaise» fut reprise par les 700 internés du camp, les visages ruisselants de larmes.

Par ceux dont l'heure n'était pas encore venue: par ceux qui devaient en sortir et qui n'oublieront jamais, ni les martyrs ni les bourreaux.

 

Charles DELAVACQUERIE

19 ans

Imprimeur

 

 

 

Arrête en décembre 1940 pour son activité patriotique au sein de la section des Jeunesses

communistes de Montreuil - sous - Bois dont il est membre.

Il est emprisonné à la Santé, puis envoyé à Châteaubriant au début d'avril 1941.

Serviable et doux, timide presque, il ne participait que très rarement aux compétitions sportives organisées le dimanche par les jeunes.

Il fut courageux devant la mort pour laquelle les valets de l'occupant l'avaient désigné parce que, sans doute, comme Guy Môquet, il n'était encore qu'un enfant de 19 ans

Titus BARTOLI

58 ans

Instituteur

 


 

Il nait le 22 Février 1883 à Palneca dans une famille d'agriculteurs-éleveurs. A sa sortie de l'école normale d'Ajaccio, il est nommé instituteur dans l'Allier, de 1905 à 1910, puis en Saône-et-Loire. à Dijon en 1910. Il y fera l'essentiel de sa carrière, s'enracinant, par son mariage en terre bourguignonne, tout en restant profondément attaché à sa Corse natale. Il sera blessé et décoré pendant les quatre années de guerre de 1914 à 1918 (cité Croix de Guerre et médaille militaire. C'est dès la fondation du Parti Communiste en 1920 dont il devient un militant actif en tant que secrétaire du rayon de Digoin. Enseignant estimé de tous il est aussi engagé dans le syndicalisme. Il quittera renseignement en 1938 par suite de sa mise à la retraite.

En 1939, le Parti Communiste est interdit et la répression s'abat sur ses membres. Dès la fin octobre, il est signalé comme continuant une « certaine activité » par le sous-préfet Charolles

En 1941 la guerre prend une dimension nouvelle, la Résistance communiste s'amplifie . la répression conjointe des autorités de Vichy et de l'occupant nazi conduit à l'arrestation de Titus Bartoli pour distribution de tracts, le 21 juillet 1941. Il sera interné quelques semaines plus tard à Chateaubriand.

Le 22 octobre, Titus Bartoli montre beaucoup de calme et de courage, comme l'écrit son compagnon de détention , Fernand Grenier dans « Ceux de Chateaubriand » : « Après son transfert à la baraque 19, celle des otages, il a continué sa promenade habituelle, sans faire allusion à sa situation d'otage. Tous nous avons aimé ce grand gaillard, toujours plein de bon sens et de franchise.

                                      

 

Antoine PESQUE

55 ans

Docteur en médecine.

                    

Arrête au début de l'année 1941, écroué à la Santé, puis à la centrale de Clairvaux, il arrive à Châteaubriant le 15 juin 1941.

A Aubervilliers, la ville où il exerce, le docteur PESQUE est bien connu des familles des pauvres dont il est le médecin dévoué et désintéressé.

Au camp, il se dévoue sans relâche pour apporter ses soins aux malades, malgré la pauvreté des moyens mis à la disposition des docteurs. Il harcèle sans cesse la direction pour obtenir les médicaments qui font défaut.

Le 23 septembre, avec ses trois collègues internés, il est envoyé à la baraque 19, qu'il quitte un mois plus tard, pour la carrière où il trouvera une mort héroïque.

 

Massacre d’ASCQ

Le dimanche des rameaux de 1944 dans la gare d’ASCQ est survenu un déraillement d’un train de militaires Nazis transportant environ 300 SS, sabotage par la résistance ou avarie technique la question reste posée. S’en est suivi la fureur du commandant du convoi. Il va faire fusiller 86 habitants. Si ce massacre n’avait pas été arrêté par les autorités allemandes, les SS auraient incendié le village, en faisant ainsi un « Oradour du nord ».

A la libération sur les lieux, outre un mémorial, un dispensaire pédiatrique a été édifie

« La où les nazis semèrent la mort, nous aiderons la vie ».

Ces évènements reviennent sur le devant de la scène médiatique en mars 2018.

Karl Munter a aujourd’hui 96 ans, et dit ne rien regretter de sa participation au massacre de la nuit du 1er au 2 avril 1944 en gare d’Ascq. Après la guerre, il a travaillé tranquillement à la Bundespost, et assiste régulièrement à des réunions de Néo-nazis.

Cet ancien SS pourtant condamné par contumace en France en 1949 à défaut d’être emprisonné, n’a jamais été inquiété par la justice allemande. Seuls peuvent aujourd’hui retenus contre lui ses propos négationnistes sur l’holocauste, pour lesquels il risque cinq ans de prison. Compte tenu de son grand âge il ne sera pas poursuivi.

Il est dommage que ce procès ne se tienne pas, au-delà de l’homme aussi répugnant qu’il soit, pour le respect du souvenir des victimes et le devoir de mémoire pour ces faits horribles.

 

 

 

 

 

Le dimanche des rameaux de 1944 dans la gare d’ASCQ est survenu un déraillement d’un train de militaires Nazis transportant environ 300 SS, sabotage par la résistance ou avarie technique la question reste posée. S’en est suivi la fureur du commandant du convoi. Il va faire fusiller 86 habitants. Si ce massacre n’avait pas été arrêté par les autorités allemandes, les SS auraient incendié le village, en faisant ainsi un « Oradour du nord ».

A la libération sur les lieux, outre un mémorial, un dispensaire pédiatrique a été édifie

« La où les nazis semèrent la mort, nous aiderons la vie ».

Ces évènements reviennent sur le devant de la scène médiatique en mars 2018.

Karl Munter a aujourd’hui 96 ans, et dit ne rien regretter de sa participation au massacre de la nuit du 1er au 2 avril 1944 en gare d’Ascq. Après la guerre, il a travaillé tranquillement à la Bundespost, et assiste régulièrement à des réunions de Néo-nazis.

Cet ancien SS pourtant condamné par contumace en France en 1949 à défaut d’être emprisonné, n’a jamais été inquiété par la justice allemande. Seuls peuvent aujourd’hui retenus contre lui ses propos négationnistes sur l’holocauste, pour lesquels il risque cinq ans de prison. Compte tenu de son grand âge il ne sera pas poursuivi.

Il est dommage que ce procès ne se tienne pas, au-delà de l’homme aussi répugnant qu’il soit, pour le respect du souvenir des victimes et le devoir de mémoire pour ces faits horribles.