L'armée soviétique libère Auschwitz

 

27 janvier 1945

 

« Si leur voix faiblit nous périrons »

Paul ELUARD

 

 

Le 25 janvier 1945 après 6 jours et 6 nuits de durs combats et la perte de 231 hommes, une poignée d'éclaireurs de la 60e armée du 1er front d'Ukraine, commandé par le général KONIER, entre dans le village d'Oswiecim rebaptisé Auschwitz par les Allemands en 1939.

Renseignés par les villageois polonais, l'armée rouge va faire la plus terrible des découvertes. Ils viennent de découvrir et d'investir le maillon essentiel de l'industrie nazie de la mort: le camp de concentration d'Auschwitz. Ils ont entendu parler des horreurs que leurs camarades ont découvert quelques mois auparavant à Majdanek un autre camp d'extermination mais n'imaginent pas le spectacle qui les attend.

Le camp d’Auschwitz est un vaste complexe de plusieurs centaines d'hec­tares composé de trois entités principales: Auschwitz, Stammlager ou Camp Source : Auschwitz II Birkenau ; Auschwitz III Buna Monowitz, Camp de travail pour les usines de fabrication du Zygon B et de ses filiales.

Lorsque l'armée soviétique arrive, il ne reste plus dans tout le complexe que 7000 hommes et femmes et une centaine d'enfants malades, mourants, grelottants et affamés ; petits cobayes soumis aux expériences médicales du docteur MENGELE, ce médecin nazi obsédé par la génétique qui menait des travaux visant à la perpétuation et la pérennité de la race aryenne des enfants furent ses principales victimes.

Quelques jours auparavant, les SS avaient contraint 60000 prisonniers à partir à pied vers l'ouest dans une marche de la mort qui tuera 15000 per­sonnes dont les cadavres jonchent alors les routes de Silésie,

Les témoignages accablants de plusieurs militaires soviétiques viennent confirmer ces découvertes macabres. Enver ALIMBEKON, 60e armée sovié­tique : « J'ai ouvert la porte d'un baraquement, l'entrée donnait sur une pièce très longue: j'ai regardé, des enfants, des enfants partout là et là et là. Des restes de vêtements pendaient sur leurs corps tout maigre. Ils s'approchaient de moi en rampant. Leurs petites mains sales et osseuses s'accrochaient a mes jambes... » Sergent tirailleur Ivan SAVOKOPOUD du 60e régiment de fusillés : « ce que j'ai vu à Auschwitz allait au-delà de l'imaginable à tel point que le souvenir de ce spectacle me secoue encore. En passant le portail nous avons vu une douzaine de squelettes vivants qui se déplaçaient avec peine. À travers les trous de leurs haillons transparaissaient les membres de leurs corps décharnés. Une odeur putride se dégageait de ces morts vivants Ils étaient sales au-delà de toute description, des yeux semblaient énormes mangeaient tout le visage, /es pupilles étaient anormalement dilatés. Il en émanait un regard inhumain, animal, indifférent à ce qui les entourait. Ils ne nous demandaient rien, ne cherchaient pas à nous parler, restaient à distance mais gardaient leurs yeux sur nous ».

Au mois de mars 1945, les autorités militaires soviétiques firent des obsèques grandioses aux 700 hommes et femmes dont ils avaient trouvé les cadavres dans les allées, les baraques, les fosses et symboliquement à toutes les victimes de la barbarie nazie.

Durant les quatre années de fonctionnement du camp d'Auschwitz 1 300 000 personnes dont 1 100 000 Juifs y ont été assassinés.

 

GIDDE.             Toulouse le 27 janvier 2015

Le Chant des Partisans

1

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux

Sur nos plaines ?...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays

Qu'on enchaîne ?...

Ohé! partisans, ouvriers et paysans,

C'est l'alarme.

Ce soir, l'ennemi connaîtra 1e prix du sang

Et des larmes.

2

Montez dans la mine

Descendez des collines,

Camarades.

... Sortez de la paille les fusils, la mitraille,

les grenades.

Ohé! les tueurs,

A la balle et au couteau,

Tuez vite.

Ohé! saboteur, Attention à ton fardeau

Dynamite...

3

C'est nous qui brisons

Les barreaux des prisons

Pour nos frères

La haine à nos trousses

Et la faim qui nous pousse

La misère.

il y a des pays

où les gens au creux des lits

Font des rêves.

Ici, nous, vois-tu,

Nous on marche et nous on tue

Nous on crève...

4

Ici, chacun sait

Ce qu'il veut, ce qu'il fait

Quand il passe.

Ami, si tu tombes,

Un ami sort de l'ombre

A ta place.

Demain du sang noir

Sèchera au grand soleil

Sur les routes.

Chantez, compagnons,

Dans la nuit la liberté

Nous écoute...

5

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays

Qu'on enchaîne ?...

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux

Sur nos plaines ?...

Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...

LA LIBERATION DE PARIS

 

 

Suite au mouvement insurrectionnel qui a chassé les occupants allemands de PARIS, (19 - 25 août 1944) à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la libération de la capitale s'est déroulée en deux phases principales, interrompues par une trêve.

Du 19 au 22 août, les résistants insurgés, toutes tendances confondues, sous la direction d'Henri ROL - TANGUY et des émissaires du général Charles de GAULLE, Alexandre PARODI et Georges BIDAULT, prennent par surprise les occupants allemands : les mairies, l'Hôtel de Ville, la Préfecture de police, la Bourse du travail sont occupés.

Dès le 20 août, le consul général de SUEDE, NORDLING, s'entremet pour négocier une trêve. L'insurrection, soucieuse de consolider ses positions en attendant l'arrivée des alliés, a intérêt à cette trêve, de même que les forces allemandes commandées par Dietrich VON SCHOLTITZ, qui peut ainsi préparer une éventuelle contre - offensive.

Alexandre PARODI, arrêté le même jour, est libéré par Dietrich VON SCHOLTITZ.

Après une séance tendue, le 21 août, les instances insurrectionnelles (le Conseil National de la Résistance et les représentants du général Charles de GAULLE) décident la reprise de l'insurrection.

Du 22 au 25 août, des barricades sont dressées dans tout PARIS, les troupes allemandes, épaulées par la milice, résistent, et il faut l'arrivée des premiers chars de la 2ème Division Blindée du général LECLERC, le 24 août au soir, pour que les allemands se rendent: Dietrich VON SCHOLTITZ capitule le 25 août, tout d'abord à la Préfecture de police à 15 heures 30, puis à la gare de PARIS MONTPARNASSE.

Le jour même, le général Charles de GAULLE entre à PARIS et prononce sa célèbre allocution aux parisiens depuis l'Hôtel de Ville; « PARIS, PARIS outragé, PARIS brisé, PARIS martyrisé, mais PARIS libéré, libéré par lui - même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France toute entière, c'est-à-dire de la France qui se bat, c'est-à-dire de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle ».

Malgré les fusillades de quelques miliciens postés sur les toits autour de Notre - Dame et d'autres édifices, PARIS-est libéré.

Le prix payé par la Résistance et la population parisienne est assez lourd: 3.000 morts et 7.000 blessés attestent la difficulté des combats, menés souvent avec des moyens de fortune. L'insurrection est déclenchée contre l'avis des américains qui sont surpris de son envergure : ils pensent contourner PARIS et attendre sa reddition.

Le succès de cet épisode hautement symbolique est lié à la capacité d'union manifestée par les différents courants de la Résistance intérieure et extérieure, le désir de participer à la libération de la France transcendant les oppositions sans apaiser les méfiances: le général Charles de GAULLE, le 25 août, reproche au général LECLERC d'avoir suivi les instructions d'Henri ROL - TANGUY ; auparavant, la séance du 21 août s'est ouverte sur un constat de rupture entre les partisans de la trêve et ceux de l'insurrection.

Mais le FRONT NATIONAL, qui regroupe les organisations résistantes, sait adopter finalement des positions fermes auxquelles le général Charles de GAULLE sait s'adapter.

Les journées du 25 et du 26, le général Charles de GAULLE les veut et les fait symboliques de la restauration de la France républicaine : il refuse de proclamer la IVème République depuis l'Hôtel de Ville malgré l'avis de Georges BIDAULT.

Il préfère une manifestation populaire à un défilé militaire pour la journée du 26, fondant dans l'appui du peuple la légitimité de son pouvoir.

La libération de PARIS, étape stratégique imprévue pour l'état - major américain, témoignait pour l'avenir que la France était redevenue un partenaire à part entière dans la lutte finale contre l'Allemagne nazie.

 

LA LIBERATION ET

LA BATAILLE DES CHEMINOTS

 

Le rôle des cheminots dans la libération de la France concrétisa la place qu'ils tinrent au long de l'occupation dans l'action contre l'occupant nazi.

 

Les cheminots se trouvent au centre des combats de la libération durant l'année 1944.

Dès le début de l'année, l'ensemble du réseau fait l'objet de bombardements systématiques de la part des alliés.

Souvent meurtriers pour les populations civiles, les cheminots notamment, ils sont pourtant peu efficaces parce qu'imprécis.

L'action des cheminots résistants, par leurs sabotages des installations, du matériel et des voies, se révèle décisive.

Au cours du premier semestre de l'année 1944 ces actions ne cessent de croître. Après le débarquement des troupes alliées en Normandie, elles revêtent une nouvelle ampleur et, s'ajoutant aux actions aériennes, elles contribuent à paralyser les transports ferroviaires de l'ennemi nazi.

Dans la région parisienne, le déclenchement de la grève générale sonne en août le début du processus insurrectionnel.

LES CHEMINOTS ET LA LUTTE ARMEE

Le devoir de français, de patriote, de cheminot ?

 

C’est SABOTAGES PAR TOUS LES MOYENS

 

 

Le rôle des cheminots dans l'action armée contre l'occupant est considérable et multiforme, du renseignement à l'action directe.

 

 

 

Le caractère stratégique du transport ferroviaire en fait un enjeu militaire essentiel.

Pour affaiblir la machine de guerre allemande et préparer la Libération, les cheminots, qui sont les premiers concernés, ne restent pas spectateurs et prennent leur part dans le combat qui doit gêner et bloquer les chemins de fer mais aussi les utiliser pour la Résistance.

L'action de résistance se développe précocement sous des formes très diverses. Dans les dépôts, les ateliers, les trains, des cheminots ont commencé très tôt des actions concrètes qui détériorent le matériel, ralentissent ou paralysent les transports.

Mais après le sable dans les boîtes d'essieu, le décollage des étiquettes mentionnant la destination des wagons, voici le temps, dès l'année 1942, des actions dans les gares, dans les triages, dans les dépôts sabotages des locomotives « explosées », la participation aux déraillements, etc.

Ce sont également les renseignements recueillis et transmis par les cheminots qui conditionnent l'efficacité des bombardements aériens et permettent d'organiser des déraillements meurtriers pour les troupes allemandes.

LES PREMIERS TEMPS

DE LA RESISTANCE

 

Les cheminots sont parmi les premiers à résister à l'occupant nazi, dès 1940. Certains ont déjà l'expérience du militantisme et de la répression; d'autres, très jeunes, s'engagent pour la première fois dans des actions qui témoignent de leur refus de la collaboration.

 

Durant l'été 1940, en dépit du choc provoqué par la défaite, de petits groupes de cheminots s'organisent.

Ils sont souvent en liaison avec leur direction syndicale clandestine. Ici, l'action pour constituer des comités populaires commence dès l'automne 1940 ; là, ce sont les premières filières qui aident des réfugiés, des juifs ou des antifascistes allemands à passer la ligne de démarcation et à quitter la France de Vichy.

La répression conjointe de la police française et de la gestapo, dès le mois d'octobre 1940, oblige les cheminots résistants à s'organiser avec plus de rigueur dans la clandestinité.

Les actions résistantes associent la propagande contre la collaboration, celle pour les revendications et celle pour l' affirmation patriotique.

Ce sont des actions qui vont préparer et faciliter le développement de la lutte armée et des sabotages.

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