Les violons de la Shoah : la musique contre l’oubli.

Des violons ayant appartenu à des déportés juifs dans les camps de la mort ont résonné à Dresde le temps d’un concert. Ils ont été patiemment restaurés par Amnon Weinstein, un luthier israélien lui-même issu d’une famille de juifs lituaniens ayant échappé à la Shoah.

 

Le soir là sur la seine du Philarmonique de Dresde (Allemagne) Amnon Weinstein reçoit une ovation debout du public, c’est lui, le luthier de Tel Aviv qui a redonné vie aux violons des déportés juifs d’Auschwitz que les musiciens du Philarmonique viennent de faire résonner.

Chacun des 16 violons a résonné dans les camps de la mort. Les nazis imposaient aux musiciens juifs de jouer pour accompagner les condamnés vers les chambres à gaz. Le luthier Israélien a entamé son travail de restauration de ces instruments il y a 20 ans. Il a redonné vie à plus de 60 violons parmi ceux-ci un violon marqué à l’intérieur par le luthier allemand qui l’a fabriqué ; Il avait écrit <<Heil Hitler en 1936  et dessiné une croix gammée>> il faut que ça reste.

Chaque violon à son histoire comme celui qu’il a dû nettoyer d’une épaisse poussière noire … celle des cendres des fours crématoires.

Benny Boret, lui, a confié au luthier de Tel Aviv un violon rescapé de la guerre. Il a appartenu à un jeune juif lyonnais et qui enfermé dans un train qui les conduisait à Drancy en 1942 a pu confier son instrument à un cheminot. Benny Boret raconte <<c’est un violon, je n’en n’ai  plus besoin, je vais vous le faire passer par la petite ouverture au dessus de la porte mais promettez moi de le garder. L’instrument est resté longtemps caché. Il porte aujourd’hui le nom du père de Benny Boret rescapé lui aussi de la Shoah.

Dans son atelier de Tel Aviv Amnon Weinstein continu de recevoir des instruments à restaurer.

Pour moi, c’est une mission de retrouver tous les violons qui ont quelque chose à raconter  de la guerre parce qu’il ne faut pas oublier ça. Si on écoute bien la musique, ont peut comprendre ce qu’ils veulent dire, les violons parlent, les violons racontent.

Le 27 janvier 2019 sera l’anniversaire de la libération du camp de la mort d’Auschwitz par les troupes soviétiques. N’oublions jamais les millions de morts de la Shoah exterminés par un régime qui se croyait la race supérieure et qui ont anéanti des millions de femmes d’enfants, d’hommes de tous âges et de conditions sociales différentes.

A l’heure où le populisme refait surface en Europe n’oublions jamais les victimes innocentes de la Shoah.

Annette COLAS

Amie de l’ANCAC

Journée Internationale des Droits de la Femme

Hommage aux femmes dans la Résistance

 Charlotte DELBO

 

Ainée de quatre enfants d'une famille d'immigrés Italiens, Charlotte DELBO est la fille d'un chef monteur riveteur.

Elle adhère en 1932 aux jeunesses communistes puis en 1936 à l'Union des jeunes filles de France fondée par Danièle Casanova. Elle est scolarisée jusqu'à l'âge de seize ans. Si elle n'a jamais obtenu son baccalauréat elle étudie la philosophie avec Henri Lefèvre de 1930 à 1934 et suit des cours dans le cadre de l'Université ouvrière. Elle suit notamment des cours d'économie politique dispensé par Jacques Solomon et de philosophie par Georges Politzer, c'est à l'université ouvrière qu'elle rencontre en 1934 son futur mari militant communiste Georges Dudach formé à Moscou qu'elle épouse en 1936.

Ayant une formation de sténodactylo bilingue en Anglais, Charlotte commence à écrire en 1937 pour le journal communiste les cahiers de la jeunesse, la même année elle y réalise une interview de Louis Jouvet et il décide d'en faire sa secrétaire.

Pendant l'occupation elle fait avec lui une tournée en Amérique du Sud, en mai 1941 sous l'égide du gouvernement de Vichy. Alors qu'elle se trouve à Buenos - aires en septembre 1941 elle apprend que Jacques Woog, une jeune architecte de ses amis a été guillotiné car condamné à mort par le tribunal spécial crée en août 1941 par Philipe Pétain pour juger des "terroristes". Malgré l'insistance de Jouvet elle rentre en France en novembre 1941.

Son mari est chargé d'entretenir des liens avec Louis Aragon refugié en zone libre. Avec Charlotte ils font partie du groupe Politzer chargé de la publication des lettres Françaises et elle est chargée de l'écoute de radio Londres et de radio Moscou qu'elle prend en sténo et qu'elle retranscrit dans des tracts et des revues.

Charlotte Delbo et son mari sont arrêtés le 2 mars 1942 dans le 16éme arrondissement de Paris par les brigades spéciales lors de la série d'arrestations qui visent le mouvement intellectuel du PCF dont Mai et Georges Politzer, Marie Claude Vaillant Couturier, Jacques Solomon et Hélène Solomon Langevin.

Les hommes subissent des tortures, les femmes sont relativement épargnées jusqu'au 29 avril 1942 où elles sont remises à la Gestapo et fichées Nuit et Brouillard.

Son mari est fusillé au Mont Valérien le 13 mai 1942 à l'âge de 28 ans.

D'abord incarcérée à la prison de la Santé à Paris, Charlotte est transférée au fort de Romainville pendant un an.

Elle passe par le camp de Compiègne pour être déportée par le convoi du 24 janvier 1943 de 230 femmes qui viennent de toute la France et sont issues de différentes classes sociales. Il s'agit du seul convoi de déportées politiques envoyé à Auschwitz, beaucoup sont communistes et se trouvent dans le convoi Marie Claude Vaillant Couturier et Danièle Casanova, le train arrive le 27 janvier 1943 à Auschwitz Birkenau où elles entrent dans ce camp en chantant la Marseillaise.

Elles sera l'une des 49 femmes rescapées de ce convoi. Charlotte Delbo dira en 1974 que malgré l'aspect horrible de ce camp elle a appris le courage, la bonté, la générosité, la solidarité et que cela lui a donné une très grande confiance dans son semblable.

Elle est envoyée à Ravensbrück le 7 janvier 1944 et elle est libérée par la Croix Rouge le 23 avril 1945 et rentre en France en passant par la Suède.

Après la guerre elle travaille pour l'ONU à Genève puis à partir de 1961 au CNRS, elle écrira de nombreux ouvrages sur son expérience dans l'univers concentrationnaire dont le livre "Aucun de nous ne reviendra" qui ne sera publié que 20 ans après son retour.

Elle n'a pas eu d'enfant. Elle meurt d'un cancer du poumon en 1985. Ses derniers mots adressés à sa meilleure amie sont tu leur diras, toi que j'ai eu une belle vie.

Merci Madame pour votre parcours qui malgré les sévices, la mort de votre mari vous gardiez le moral et considériez que la déportation vous avait appris la solidarité et l'amitié dans un monde hostile mais qui pour nous en 2019 représente la foi dans la liberté l'égalité et la fraternité de la République laïque, soyez-en remerciée à jamais que votre vie soit un exemple pour la jeunesse de demain et serve pour se souvenir et passer la mémoire aux générations futures.

 

Amie de l'ANCAC

Annette COLAS

L’OUTIL PRECIEUX DU GRAND MEMORIAL

 

   En un clic, grâce à la plateforme du grand Mémorial, il est désormais possible de retracer le parcours de guerre des poilus en une seule recherche.

   Curieux amateur ou spécialiste, chacun peut accéder aux registres des matricules des archives départementales et au fichier des morts pour la France du ministère des Armées, dans une base nationale.

   Près de 9 millions de fiches représentant 17 millions d’images, ont en effet été numérisées et indexées.

   Un outil précieux pour les historiens, mais aussi pour les recherches généalogiques.

                        http://www.culture.fr/Genealogie/grand-memorial

        

Le jour du cessez le feu

Le premier conflit mondial s’est achevé le lundi 11 novembre 1918 à 11h

A 5 heures, les représentants des forces alliées et du gouvernement Allemand se sont retrouvés à RETHONDES (Oise). Dans une clairière de la forêt de Compiègne, un wagon restaurant de l’état-major Français avait été réaménagé et acheminé à la hâte. Ce lieu éloigné avait été choisi pour tenir éloigné les journalistes.

Chez les vainqueurs, le Maréchal FOCH et l’Amiral WEMYSS étaient présents pour la France et la Grande Bretagne. En face d’eux, l’Allemagne avait dépêche 1un homme politique Mathias ERZBERGER plutôt qu’un militaire.

Au total dix personnes étaient sur place pour négocier. Les alliés ont imposé leurs conditions : dureté économique, militaire et territoriale, avant que le Maréchal FOCH, commandant suprême des forces alliées n’appose sa signature sur ce texte.

Le premier des 34 articles ratifiés stipulait « la cessation des hostilités, sur terre et dans les airs six heures après la signature de l’Armistice »

L’armistice a donc été effectif à 11 heures précises.

Se souvenir de la grande guerre, c‘est avant tout rester fidèle au deuil porté dès le lendemain de l’Armistice par les millions de combattants et les familles confrontées par l’absurdité du carnage.

 

Le secrétariat national

 

Chanson d'auteur anonyme recueillie par R. Lefèvre et Paul Vaillant-Couturier. Elle se chante sur l'air de Bonsoir M'amour (Sablon).
    Elle a circulé en 1917, après l'offensive Nivelle, et est symptomatique de la lassitude de la guerre, qui a engendré de nombreuses mutineries.

Un lecteur de Bordeaux nous fait savoir que la chanson de Craonne  a aussi été interprétée par Yvon Dautin

Interdite par le commandement militaire qui la censura en raison de ses paroles antimilitaristes qui incitaient à la mutinerie alors qu’une guerre était en train de se livrer sur le territoire national.

 

Les restes de l'ancien village dévasté de Craonne, aujourd'hui

Quant au bout d'huit jours, le r'pos ter­miné,

On va r'prendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile.

Mais c'est bien fini, on en a assez,

Personn1 ne veut plus marcher,

 Et le cœur bien gros, comm' dans un san­glot

On dit adieu aux civ'lots.

Même sans tambour, même sans trompette,

On s'en va là-haut en baissant la tête.

 

Refrain

 

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours,

De cette guerre infâme.

C'est à Craonne, sur le plateau,

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés !


 

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards

Tous ces gros qui font leur foire ;

Si pour eux la vie est rose,

Pour nous c'est pas la mêm' chose.

Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,

F'raient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,

Nous autr's, les pauvr's purotins.

Tous les camarades sont enterrés là,

Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

 

Refrain

 

Huit jours de tranchées, huit jours de souf­france,

Soudain, dans la nuit et dans le silence,

On voit quelqu'un qui s'avance,

C'est un officier de chasseurs à pied,

Qui vient pour nous remplacer.

Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

 

Refrain

 

Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,

Car c'est pour eux qu'on crève.

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève.

Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,

De monter sur l'plateau,

Car si vous voulez la guerre,

Payez-la de votre peau !

 

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