Journée Internationale des Droits de la Femme

Hommage aux femmes dans la Résistance

 Charlotte DELBO

 

Ainée de quatre enfants d'une famille d'immigrés Italiens, Charlotte DELBO est la fille d'un chef monteur riveteur.

Elle adhère en 1932 aux jeunesses communistes puis en 1936 à l'Union des jeunes filles de France fondée par Danièle Casanova. Elle est scolarisée jusqu'à l'âge de seize ans. Si elle n'a jamais obtenu son baccalauréat elle étudie la philosophie avec Henri Lefèvre de 1930 à 1934 et suit des cours dans le cadre de l'Université ouvrière. Elle suit notamment des cours d'économie politique dispensé par Jacques Solomon et de philosophie par Georges Politzer, c'est à l'université ouvrière qu'elle rencontre en 1934 son futur mari militant communiste Georges Dudach formé à Moscou qu'elle épouse en 1936.

Ayant une formation de sténodactylo bilingue en Anglais, Charlotte commence à écrire en 1937 pour le journal communiste les cahiers de la jeunesse, la même année elle y réalise une interview de Louis Jouvet et il décide d'en faire sa secrétaire.

Pendant l'occupation elle fait avec lui une tournée en Amérique du Sud, en mai 1941 sous l'égide du gouvernement de Vichy. Alors qu'elle se trouve à Buenos - aires en septembre 1941 elle apprend que Jacques Woog, une jeune architecte de ses amis a été guillotiné car condamné à mort par le tribunal spécial crée en août 1941 par Philipe Pétain pour juger des "terroristes". Malgré l'insistance de Jouvet elle rentre en France en novembre 1941.

Son mari est chargé d'entretenir des liens avec Louis Aragon refugié en zone libre. Avec Charlotte ils font partie du groupe Politzer chargé de la publication des lettres Françaises et elle est chargée de l'écoute de radio Londres et de radio Moscou qu'elle prend en sténo et qu'elle retranscrit dans des tracts et des revues.

Charlotte Delbo et son mari sont arrêtés le 2 mars 1942 dans le 16éme arrondissement de Paris par les brigades spéciales lors de la série d'arrestations qui visent le mouvement intellectuel du PCF dont Mai et Georges Politzer, Marie Claude Vaillant Couturier, Jacques Solomon et Hélène Solomon Langevin.

Les hommes subissent des tortures, les femmes sont relativement épargnées jusqu'au 29 avril 1942 où elles sont remises à la Gestapo et fichées Nuit et Brouillard.

Son mari est fusillé au Mont Valérien le 13 mai 1942 à l'âge de 28 ans.

D'abord incarcérée à la prison de la Santé à Paris, Charlotte est transférée au fort de Romainville pendant un an.

Elle passe par le camp de Compiègne pour être déportée par le convoi du 24 janvier 1943 de 230 femmes qui viennent de toute la France et sont issues de différentes classes sociales. Il s'agit du seul convoi de déportées politiques envoyé à Auschwitz, beaucoup sont communistes et se trouvent dans le convoi Marie Claude Vaillant Couturier et Danièle Casanova, le train arrive le 27 janvier 1943 à Auschwitz Birkenau où elles entrent dans ce camp en chantant la Marseillaise.

Elles sera l'une des 49 femmes rescapées de ce convoi. Charlotte Delbo dira en 1974 que malgré l'aspect horrible de ce camp elle a appris le courage, la bonté, la générosité, la solidarité et que cela lui a donné une très grande confiance dans son semblable.

Elle est envoyée à Ravensbrück le 7 janvier 1944 et elle est libérée par la Croix Rouge le 23 avril 1945 et rentre en France en passant par la Suède.

Après la guerre elle travaille pour l'ONU à Genève puis à partir de 1961 au CNRS, elle écrira de nombreux ouvrages sur son expérience dans l'univers concentrationnaire dont le livre "Aucun de nous ne reviendra" qui ne sera publié que 20 ans après son retour.

Elle n'a pas eu d'enfant. Elle meurt d'un cancer du poumon en 1985. Ses derniers mots adressés à sa meilleure amie sont tu leur diras, toi que j'ai eu une belle vie.

Merci Madame pour votre parcours qui malgré les sévices, la mort de votre mari vous gardiez le moral et considériez que la déportation vous avait appris la solidarité et l'amitié dans un monde hostile mais qui pour nous en 2019 représente la foi dans la liberté l'égalité et la fraternité de la République laïque, soyez-en remerciée à jamais que votre vie soit un exemple pour la jeunesse de demain et serve pour se souvenir et passer la mémoire aux générations futures.

 

Amie de l'ANCAC

Annette COLAS

L’OUTIL PRECIEUX DU GRAND MEMORIAL

 

   En un clic, grâce à la plateforme du grand Mémorial, il est désormais possible de retracer le parcours de guerre des poilus en une seule recherche.

   Curieux amateur ou spécialiste, chacun peut accéder aux registres des matricules des archives départementales et au fichier des morts pour la France du ministère des Armées, dans une base nationale.

   Près de 9 millions de fiches représentant 17 millions d’images, ont en effet été numérisées et indexées.

   Un outil précieux pour les historiens, mais aussi pour les recherches généalogiques.

                        http://www.culture.fr/Genealogie/grand-memorial

        

Chanson d'auteur anonyme recueillie par R. Lefèvre et Paul Vaillant-Couturier. Elle se chante sur l'air de Bonsoir M'amour (Sablon).
    Elle a circulé en 1917, après l'offensive Nivelle, et est symptomatique de la lassitude de la guerre, qui a engendré de nombreuses mutineries.

Un lecteur de Bordeaux nous fait savoir que la chanson de Craonne  a aussi été interprétée par Yvon Dautin

Interdite par le commandement militaire qui la censura en raison de ses paroles antimilitaristes qui incitaient à la mutinerie alors qu’une guerre était en train de se livrer sur le territoire national.

 

Les restes de l'ancien village dévasté de Craonne, aujourd'hui

Quant au bout d'huit jours, le r'pos ter­miné,

On va r'prendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile.

Mais c'est bien fini, on en a assez,

Personn1 ne veut plus marcher,

 Et le cœur bien gros, comm' dans un san­glot

On dit adieu aux civ'lots.

Même sans tambour, même sans trompette,

On s'en va là-haut en baissant la tête.

 

Refrain

 

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours,

De cette guerre infâme.

C'est à Craonne, sur le plateau,

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés !


 

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards

Tous ces gros qui font leur foire ;

Si pour eux la vie est rose,

Pour nous c'est pas la mêm' chose.

Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,

F'raient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,

Nous autr's, les pauvr's purotins.

Tous les camarades sont enterrés là,

Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

 

Refrain

 

Huit jours de tranchées, huit jours de souf­france,

Soudain, dans la nuit et dans le silence,

On voit quelqu'un qui s'avance,

C'est un officier de chasseurs à pied,

Qui vient pour nous remplacer.

Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

 

Refrain

 

Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,

Car c'est pour eux qu'on crève.

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève.

Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,

De monter sur l'plateau,

Car si vous voulez la guerre,

Payez-la de votre peau !

 

1914-1918

8,5 millions de vies détruites et un désastre Européen que nous payons encore.

 

 

Le 11 novembre 1918, à 11 heures du matin, le clairon annonce l'entrée en vigueur de l'armistice, signé six heures plus tôt. Les conséquences de la Grande Guerre se font encore sentir 90 ans après.

« Vous avez gagné la plus grande bataille de l'his­toire », affirme le maréchal Foch, généralissime des armées victorieuses, dans son dernier ordre du jour. Il n'en dit pas le prix. La guerre qui a duré 51 mois a fait 8,5 millions de morts, 21 millions de blessés dont un quart gravement mutilé, plusieurs millions de disparus, sans compter les victimes des épidémies et de la sous-alimentation. À peine un soldat français ou bri­tannique sur trois en sort indemne.

Des régions entières sont dévastées, particulièrement dans le nord et l'est de la France, zone occupée par l'Allemagne et théâtre des opérations durant quatre ans, systématiquement saccagée lors de la retraite allemande. L'Allemagne n'a subi aucune destruction.

Les dépenses ont été énormes. La France a jeté 143 milliards de francs or au feu. La couverture or de la Banque de France est tombée de 69,4 % en 1914 à 21,5 % en 1919.

En ce 11 novembre 1918, la France victorieuse est plus mal en point que l'Allemagne vaincue.

Dès le 13 août, l'empereur Guillaume II reconnaît « qu’il faut tirer le bilan ». Max de Bade, le nou­veau chancelier, est pressé par les autorités mili­taires de demander l'armistice.

Dans la nuit du 3 au 4 octobre, il s'adresse à Thomas Woodrow Wilson, président des États-Unis, intervenus depuis un an dans cette guerre européenne.

Le général Ludendorff, adjoint du commandant en chef, le maréchal Hindenburg, refuse les condi­tions imposées. Il est contraint de démissionner, et Hindenburg ramène l'armée qui recule en bon ordre.

Sur fond de soulèvements populaires et de mutineries dans la flotte, Guillaume II abdique, le 9 novembre, et s'enfuit aux Pays-Bas.

A Rethondes, dans la forêt de Compiègne, le maré­chal Foch, assisté d'un amiral britannique, accueille les plénipotentiaires allemands.

Pour maintenir leur pouvoir face à la révolution spar­takiste, la grande bourgeoisie et l'aristocratie allemandes disposent de troupes et de la compli­cité active de certains dirigeants du SPD. Ce sau­vetage du militarisme favorisera la montée du nazisme. Ludendorff sera un des chefs du natio­nalisme le plus réactionnaire. Très populaire pour avoir sauvé l'armée, Hindenburg sera élu président de la République, en 1925. Réélu en 1932, il fera de Hitler son chancelier.

 

COMMEMORATION

6 Aout 1945 Hiroshima et 9 Aout Nagasaki

Deux ville Japonais emblématique anéanties par des armes nucléaires---Nouvelle puissance de destruction dont la violence a dépassé toutes les limites imaginées par les humains.

 

Le monde entrait alors dans l’ère nucléaire, la nature des armes changeait désormais une guerre pourrait rendre la terre impropre à la vie humaine, maintenant il y a bien sûr le risque de guerre, les dépenses d’argent public qui fait défaut à nos hôpitaux.

Mais il y a aussi la menace d’un arsenal nucléaire multiplié et modernisé sans relâche, une menace de mort globale, véritable défi universel.

De nombreuses structures agissent également pour l’élimination des armes nucléaires (Mouvement de la paix PUGWASH, maires pour la paix etc…) beaucoup parmi elles se sont regroupées pour donner naissance à une fédération d’organisation.

Un traité prévoit cette élimination de non-prolifération de l’arme nucléaire, or son application tarde. La France l’a ratifié et elle pourrait s’honorer par une diplomatie novatrice sur ce thème.

 En 2017 un nouveau traité d’interdiction de ces armes a été adopté par 122 pays aux Nations Unies. La France pourrait s’y rallier.

Il est donc urgent de faire de ces questions une priorité politique, sociale, environnementale. Il serait crédible de se donner comme objectif d’éliminer 15000 bombes atomiques prêtes à l’emploi, faire de l’action pour la paix la priorité afin de donner sens à la vie et nourrir l’espoir.

 

                                                                                   Le secrétaire National

 

Le 18 juin 1940, à 18heures, d’un studio de la BBC à Londres, le Général DE GAULLE lance son célèbre appel ;

« J’invite les officiers, les soldats Français…Les ingénieurs…, les ouvriers spécialisés… à se mettre en rapport avec moi »

D’autre appels suivront, à mesure que s’organisera la France libre. Le 7 août, il conclut un accord avec Churchill sur l’utilisation des volontaires Français dans les forces alliées, le tribunal militaire convoqué par le gouvernement de Vichy vient de le condamner à mort pour trahison.

Chef des Français libres et reconnu comme tel, il se comporte en chef d’état… Bien plus tard, le 25 août 1944 il fait son entrée dans Paris, qui fête sa victoire le lendemain.

Des centaines de milliers de personnes se sont massées sur les Champs Elysées que le général descend en triomphateur.

 

Texte de l'appel du 18 juin 1940

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l'ennemi.Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.Cette guerre n'est pas limitée au territoire de notre malheureux pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.Quoi qu'il arrive, la Flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la radio de Londres.»