Le Chant des Partisans

1

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux

Sur nos plaines ?...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays

Qu'on enchaîne ?...

Ohé! partisans, ouvriers et paysans,

C'est l'alarme.

Ce soir, l'ennemi connaîtra 1e prix du sang

Et des larmes.

2

Montez dans la mine

Descendez des collines,

Camarades.

... Sortez de la paille les fusils, la mitraille,

les grenades.

Ohé! les tueurs,

A la balle et au couteau,

Tuez vite.

Ohé! saboteur, Attention à ton fardeau

Dynamite...

3

C'est nous qui brisons

Les barreaux des prisons

Pour nos frères

La haine à nos trousses

Et la faim qui nous pousse

La misère.

il y a des pays

où les gens au creux des lits

Font des rêves.

Ici, nous, vois-tu,

Nous on marche et nous on tue

Nous on crève...

4

Ici, chacun sait

Ce qu'il veut, ce qu'il fait

Quand il passe.

Ami, si tu tombes,

Un ami sort de l'ombre

A ta place.

Demain du sang noir

Sèchera au grand soleil

Sur les routes.

Chantez, compagnons,

Dans la nuit la liberté

Nous écoute...

5

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays

Qu'on enchaîne ?...

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux

Sur nos plaines ?...

Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...

LA LIBERATION DE PARIS

 

 

Suite au mouvement insurrectionnel qui a chassé les occupants allemands de PARIS, (19 - 25 août 1944) à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la libération de la capitale s'est déroulée en deux phases principales, interrompues par une trêve.

Du 19 au 22 août, les résistants insurgés, toutes tendances confondues, sous la direction d'Henri ROL - TANGUY et des émissaires du général Charles de GAULLE, Alexandre PARODI et Georges BIDAULT, prennent par surprise les occupants allemands : les mairies, l'Hôtel de Ville, la Préfecture de police, la Bourse du travail sont occupés.

Dès le 20 août, le consul général de SUEDE, NORDLING, s'entremet pour négocier une trêve. L'insurrection, soucieuse de consolider ses positions en attendant l'arrivée des alliés, a intérêt à cette trêve, de même que les forces allemandes commandées par Dietrich VON SCHOLTITZ, qui peut ainsi préparer une éventuelle contre - offensive.

Alexandre PARODI, arrêté le même jour, est libéré par Dietrich VON SCHOLTITZ.

Après une séance tendue, le 21 août, les instances insurrectionnelles (le Conseil National de la Résistance et les représentants du général Charles de GAULLE) décident la reprise de l'insurrection.

Du 22 au 25 août, des barricades sont dressées dans tout PARIS, les troupes allemandes, épaulées par la milice, résistent, et il faut l'arrivée des premiers chars de la 2ème Division Blindée du général LECLERC, le 24 août au soir, pour que les allemands se rendent: Dietrich VON SCHOLTITZ capitule le 25 août, tout d'abord à la Préfecture de police à 15 heures 30, puis à la gare de PARIS MONTPARNASSE.

Le jour même, le général Charles de GAULLE entre à PARIS et prononce sa célèbre allocution aux parisiens depuis l'Hôtel de Ville; « PARIS, PARIS outragé, PARIS brisé, PARIS martyrisé, mais PARIS libéré, libéré par lui - même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France toute entière, c'est-à-dire de la France qui se bat, c'est-à-dire de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle ».

Malgré les fusillades de quelques miliciens postés sur les toits autour de Notre - Dame et d'autres édifices, PARIS-est libéré.

Le prix payé par la Résistance et la population parisienne est assez lourd: 3.000 morts et 7.000 blessés attestent la difficulté des combats, menés souvent avec des moyens de fortune. L'insurrection est déclenchée contre l'avis des américains qui sont surpris de son envergure : ils pensent contourner PARIS et attendre sa reddition.

Le succès de cet épisode hautement symbolique est lié à la capacité d'union manifestée par les différents courants de la Résistance intérieure et extérieure, le désir de participer à la libération de la France transcendant les oppositions sans apaiser les méfiances: le général Charles de GAULLE, le 25 août, reproche au général LECLERC d'avoir suivi les instructions d'Henri ROL - TANGUY ; auparavant, la séance du 21 août s'est ouverte sur un constat de rupture entre les partisans de la trêve et ceux de l'insurrection.

Mais le FRONT NATIONAL, qui regroupe les organisations résistantes, sait adopter finalement des positions fermes auxquelles le général Charles de GAULLE sait s'adapter.

Les journées du 25 et du 26, le général Charles de GAULLE les veut et les fait symboliques de la restauration de la France républicaine : il refuse de proclamer la IVème République depuis l'Hôtel de Ville malgré l'avis de Georges BIDAULT.

Il préfère une manifestation populaire à un défilé militaire pour la journée du 26, fondant dans l'appui du peuple la légitimité de son pouvoir.

La libération de PARIS, étape stratégique imprévue pour l'état - major américain, témoignait pour l'avenir que la France était redevenue un partenaire à part entière dans la lutte finale contre l'Allemagne nazie.

 

LA LIBERATION ET

LA BATAILLE DES CHEMINOTS

 

Le rôle des cheminots dans la libération de la France concrétisa la place qu'ils tinrent au long de l'occupation dans l'action contre l'occupant nazi.

 

Les cheminots se trouvent au centre des combats de la libération durant l'année 1944.

Dès le début de l'année, l'ensemble du réseau fait l'objet de bombardements systématiques de la part des alliés.

Souvent meurtriers pour les populations civiles, les cheminots notamment, ils sont pourtant peu efficaces parce qu'imprécis.

L'action des cheminots résistants, par leurs sabotages des installations, du matériel et des voies, se révèle décisive.

Au cours du premier semestre de l'année 1944 ces actions ne cessent de croître. Après le débarquement des troupes alliées en Normandie, elles revêtent une nouvelle ampleur et, s'ajoutant aux actions aériennes, elles contribuent à paralyser les transports ferroviaires de l'ennemi nazi.

Dans la région parisienne, le déclenchement de la grève générale sonne en août le début du processus insurrectionnel.

LES CHEMINOTS ET LA LUTTE ARMEE

Le devoir de français, de patriote, de cheminot ?

 

C’est SABOTAGES PAR TOUS LES MOYENS

 

 

Le rôle des cheminots dans l'action armée contre l'occupant est considérable et multiforme, du renseignement à l'action directe.

 

 

 

Le caractère stratégique du transport ferroviaire en fait un enjeu militaire essentiel.

Pour affaiblir la machine de guerre allemande et préparer la Libération, les cheminots, qui sont les premiers concernés, ne restent pas spectateurs et prennent leur part dans le combat qui doit gêner et bloquer les chemins de fer mais aussi les utiliser pour la Résistance.

L'action de résistance se développe précocement sous des formes très diverses. Dans les dépôts, les ateliers, les trains, des cheminots ont commencé très tôt des actions concrètes qui détériorent le matériel, ralentissent ou paralysent les transports.

Mais après le sable dans les boîtes d'essieu, le décollage des étiquettes mentionnant la destination des wagons, voici le temps, dès l'année 1942, des actions dans les gares, dans les triages, dans les dépôts sabotages des locomotives « explosées », la participation aux déraillements, etc.

Ce sont également les renseignements recueillis et transmis par les cheminots qui conditionnent l'efficacité des bombardements aériens et permettent d'organiser des déraillements meurtriers pour les troupes allemandes.

LES PREMIERS TEMPS

DE LA RESISTANCE

 

Les cheminots sont parmi les premiers à résister à l'occupant nazi, dès 1940. Certains ont déjà l'expérience du militantisme et de la répression; d'autres, très jeunes, s'engagent pour la première fois dans des actions qui témoignent de leur refus de la collaboration.

 

Durant l'été 1940, en dépit du choc provoqué par la défaite, de petits groupes de cheminots s'organisent.

Ils sont souvent en liaison avec leur direction syndicale clandestine. Ici, l'action pour constituer des comités populaires commence dès l'automne 1940 ; là, ce sont les premières filières qui aident des réfugiés, des juifs ou des antifascistes allemands à passer la ligne de démarcation et à quitter la France de Vichy.

La répression conjointe de la police française et de la gestapo, dès le mois d'octobre 1940, oblige les cheminots résistants à s'organiser avec plus de rigueur dans la clandestinité.

Les actions résistantes associent la propagande contre la collaboration, celle pour les revendications et celle pour l' affirmation patriotique.

Ce sont des actions qui vont préparer et faciliter le développement de la lutte armée et des sabotages.

II y a 70 ans, BRETENOUX (lot) - TULLE (Corrèze)

ARGENTON (Creuse) - ORADOUR-SUR-GLANE (Haute-Vienne)

Le 08 juin 1944, à la suite du débarquement allié, ordre est donné à la division SS DAS REICH de se porter en Normandie tout en liquidant, sur le chemin, la résistance implantée dans le grand SUD-OUEST et dans le LIMOUSIN.

Le commandement allemand réclame l'utilisation « des mesures les plus énergiques » contre « les bandes terroristes » et pour effrayer les habitants.

.

Le 08 juin 1944, a BRETENOUX (Lot), elle décime 45 jeunes de la résistance qui défendaient un pont sur la CERE.

Le 09 juin à TULLE, les premiers éléments atteignent la ville. Les francs ­tireurs et partisans (FTP) les ont pris pour cibles. En représailles, un général SS décide d'arrêter puis de pendre 99 habitants de la cité, 149 autres sont déportés.

Le régime de grenadiers SS massacre 67 civils et résistants à ARGENTON-SUR-CREUSE.

Le 10 juin, la division SS DAS REICH encercle ORADOUR-SUR-GLANE, ce petit bourg de la Haute-vienne; leur passage a tous anéanti. II ne reste rien, sinon des ruines et des corps suppliciés: 642 innocents, 245 femmes, 207 enfants et 190 hommes, tous brûlés vifs. Une seule femme a survécu.

Le massacre apparaît comme un déchaînement de violence incontrôlée, or il a été parfaitement planifié. Depuis, le village est resté pétrifié cet après-midi de 1944. Comme l'a écrit ARAGON « la même lumière du jour baigne les ruines d'ORADOUR ».

Le 11 juin, les éléments motorisés de la division SS remontent vers le front de Normandie. Mais ils sont fortement affaiblis et ralentis par les sabotages ferroviaires, les embuscades des réseaux de résistance et les bombardements alliés.

Robert BAPTIER

2943719
Aujourd'hui
Hier
Cette semaine
Semaine dernière
Ce mois
Mois dernier
Total
423
3050
13142
2910853
38650
100149
2943719
Votre IP: 66.249.66.77
14/12/2018 02:42