Journée Internationale des Droits de la Femme

 

Hommage aux femmes dans la Résistance

Simone Lagrange née Simy Kadosche le 23 octobre 1930 à Saint Fons dans le Rhône et morte le 17 février 2016 à la Tronche (près de Grenoble) est une ancienne résistante et ancienne déportée française. Elle nait au sein d’une famille de confession juive originaire du Maroc. Ils ont rejoint la France dans les années 1920, le couple a cinq enfants, le père Simon travaille dans la chimie à Vénissieux.

Pendant l’occupation son père Simon Kadosche aide au transfert de réfugiés de la zone occupée et transporte des armes et Simy profite des alertes aériennes pour diffuser des tracts de la Résistance.

Dénoncés comme Résistants par une personne que la famille hébergeait, les Kadosche sont arrêtés le 06 juin 1944 avec deux de leurs filles et embarqués au siège de la Gestapo, place Bellecour, puis incarcérés dans la prison de Montluc.

Simy est torturée durant plusieurs jours par Klaus Barbie pour savoir où sont cachés ses frères et sœurs. Elle raconte ce calvaire subi au procès Barbie.

Barbie voulait l’adresse des enfants. A 9 heures, il m’a emmenée dans sa voiture à la Gestapo, j’y suis restée toute la journée, il arrivait avec son sourire mince comme une lame de couteau. Cela a duré sept jours, coups de pied, coups de poing sur les plaies mal refermées de la veille. Le premier soir il m’a ramenée lui-même à Montluc. J’étais un pansement sanguinolent. Il m’a jetée dans les bras de ma mère en lui disant , voilà ce que tu as fait de ta fille. Après une semaine il m’a mise dans une autre cellule. Pendant quinze jours, ma mère a cru que j’avais été tuée.

Transférée à Drancy le 23 juin 1944 avec sa mère, elles sont déportées au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz Birkenau le 30 juin 1944. Son père sera déporté avec ses deux neveux de 5 et 7 ans qui quittent Lyon le 11 août 1944, vous devinez aisément le sort des enfants.

Sa mère est gazée le 23 août 1944. Il faut imaginer le calvaire de Simy qui était une enfant de 14 ans dans l’enfer concentrationnaire, à la merci des SS, des kapos.

Le 19 janvier 1945 devant l’avancée des armées Russes, les Allemands les forcèrent à une marche de la mort en direction de Ravensbruck. Elle croise alors une colonne de prisonniers en partance et y reconnait son père Simon a qui elle fait un signe. Un officier SS s’approche alors d’elle et lui demande si elle le connaissait « c’est mon père » répondit elle, le SS le fit alors sortir du rang et l’abattit d’une balle dans la nuque devant sa fille pétrifiée d’horreur. Simy rentre en France fin mai 1945 et retrouve son jeune frère et sa jeune sœur qui avaient été cachés dans une institution religieuse.

Toute sa vie Simone Lagrange témoigna sur la Shoah contre le racisme, l’antisémitisme et l’oubli dans les établissements scolaires de sa région pour faire passer le devoir de mémoire aux jeunes générations.

Obéir c’est trahir, désobéir c’est servir.

Voila une devise à méditer surtout en ces jours troublés.

L’histoire de Simone Lagrange qui, à 13 ans fut déportée et a subi les pires exactions de la part de Barbie, alors nous nous inclinons devant sa force de caractère qui lui a permis de survivre.

Prix et Distinctions

Chevalière de la Légion d’Honneur

Chevalière de l’Ordre des Palmes Académiques

Médaille de la Déportation pour faits de Résistance

Médaille de la Famille

Médaille d’Or de la Ville de Grenoble

Médaille de la Ville de Fréjus

Prix Louis-Blum de la Ville de Grenoble

 

Annette Colas