Le Bleuet de France

C'est à l'occasion du 11 novembre 1934 que, pour | la première fois, des fleurs de bleuet en tissu fabriquées par des anciens combattants sont vendues sur la voie publique à Paris. La Nation veut témoigner de sa reconnaissance et venir en aide aux hommes qui ont sacrifié leur jeunesse à défendre la France. Le succès est tel que, dès 1935, l'Etat décide de la vente officielle du Bleuet chaque 11 novembre. Après la Seconde Guerre mondiale, en 1957, il crée un second jour de collecte, le 8 mai.

Aujourd'hui encore, lors de ces deux journées commémoratives, l'Œuvre nationale du Bleuet de France organise des collectes dans toute la France grâce à son réseau de 20 000 bénévoles. Les fonds récoltés (près de 1 120 000 euros en 2013) lui permettent d'aider les ressortissants de l'ONACVG en difficulté : maintien à domi­cile des anciens combattants et de leurs veuves, financement des études des pupilles de la Nation, assistance aux militaires blessés et aux familles en­deuillées, etc. Le Bleuet de France, dont la gestion est assurée depuis 1991 par l'ONACVG, soutient également des centaines de projets mémoriaux aux plans national et local visant l'éducation civique des jeunes.

Les 300000 bleuets annuels sont désormais confectionnés en France dans quatre établissements réservés aux personnes en situation de handicap. Du 2 au 11 novembre, la campagne d'appel au don du Bleuet de France, symbole du souvenir et de la solidarité, battra son plein.

Le pavoisement des édifices publics constitue une opération à caractère hautement symbolique qui ne fait cependant l'objet d'aucun texte réglementaire .

Emblème national, le drapeau tricolore doit être manipulé avec précautions et être dans un état conforme au respect qui lui est du.

A l'occasion des cérémonies commémoratives officielles, les communes sont invitées par le préfet (sur instruction du gouvernement) à procéder au pavoisement des édifices publics.

Cette directive est également rappelée dans la circulaire que le secrétaire d'état auprès du ministre de la Défense et des Anciens combattants adresse aux préfets de tous les départements à l'occasion des neuf journées nationales.
 
Le pavoisement doit être effectif pendant toute la journée de commémoration officielle.
 
Il est donc conseillé d'y procéder la veille au soir et de retirer les drapeaux le lendemain de la cérémonie.

Le ministre de l'intérieur dispose du pouvoir de suspendre le maire en cas de refus de procéder au pavoisement, en vertu de l'article L.2122-16 du code général des collectivités territoriales.

Le Chant des Partisans

1

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux

Sur nos plaines ?...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays

Qu'on enchaîne ?...

Ohé! partisans, ouvriers et paysans,

C'est l'alarme.

Ce soir, l'ennemi connaîtra 1e prix du sang

Et des larmes.

2

Montez dans la mine

Descendez des collines,

Camarades.

... Sortez de la paille les fusils, la mitraille,

les grenades.

Ohé! les tueurs,

A la balle et au couteau,

Tuez vite.

Ohé! saboteur, Attention à ton fardeau

Dynamite...

3

C'est nous qui brisons

Les barreaux des prisons

Pour nos frères

La haine à nos trousses

Et la faim qui nous pousse

La misère.

il y a des pays

où les gens au creux des lits

Font des rêves.

Ici, nous, vois-tu,

Nous on marche et nous on tue

Nous on crève...

4

Ici, chacun sait

Ce qu'il veut, ce qu'il fait

Quand il passe.

Ami, si tu tombes,

Un ami sort de l'ombre

A ta place.

Demain du sang noir

Sèchera au grand soleil

Sur les routes.

Chantez, compagnons,

Dans la nuit la liberté

Nous écoute...

5

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays

Qu'on enchaîne ?...

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux

Sur nos plaines ?...

Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...

LA LIBERATION DE PARIS

 

 

Suite au mouvement insurrectionnel qui a chassé les occupants allemands de PARIS, (19 - 25 août 1944) à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la libération de la capitale s'est déroulée en deux phases principales, interrompues par une trêve.

Du 19 au 22 août, les résistants insurgés, toutes tendances confondues, sous la direction d'Henri ROL - TANGUY et des émissaires du général Charles de GAULLE, Alexandre PARODI et Georges BIDAULT, prennent par surprise les occupants allemands : les mairies, l'Hôtel de Ville, la Préfecture de police, la Bourse du travail sont occupés.

Dès le 20 août, le consul général de SUEDE, NORDLING, s'entremet pour négocier une trêve. L'insurrection, soucieuse de consolider ses positions en attendant l'arrivée des alliés, a intérêt à cette trêve, de même que les forces allemandes commandées par Dietrich VON SCHOLTITZ, qui peut ainsi préparer une éventuelle contre - offensive.

Alexandre PARODI, arrêté le même jour, est libéré par Dietrich VON SCHOLTITZ.

Après une séance tendue, le 21 août, les instances insurrectionnelles (le Conseil National de la Résistance et les représentants du général Charles de GAULLE) décident la reprise de l'insurrection.

Du 22 au 25 août, des barricades sont dressées dans tout PARIS, les troupes allemandes, épaulées par la milice, résistent, et il faut l'arrivée des premiers chars de la 2ème Division Blindée du général LECLERC, le 24 août au soir, pour que les allemands se rendent: Dietrich VON SCHOLTITZ capitule le 25 août, tout d'abord à la Préfecture de police à 15 heures 30, puis à la gare de PARIS MONTPARNASSE.

Le jour même, le général Charles de GAULLE entre à PARIS et prononce sa célèbre allocution aux parisiens depuis l'Hôtel de Ville; « PARIS, PARIS outragé, PARIS brisé, PARIS martyrisé, mais PARIS libéré, libéré par lui - même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France toute entière, c'est-à-dire de la France qui se bat, c'est-à-dire de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle ».

Malgré les fusillades de quelques miliciens postés sur les toits autour de Notre - Dame et d'autres édifices, PARIS-est libéré.

Le prix payé par la Résistance et la population parisienne est assez lourd: 3.000 morts et 7.000 blessés attestent la difficulté des combats, menés souvent avec des moyens de fortune. L'insurrection est déclenchée contre l'avis des américains qui sont surpris de son envergure : ils pensent contourner PARIS et attendre sa reddition.

Le succès de cet épisode hautement symbolique est lié à la capacité d'union manifestée par les différents courants de la Résistance intérieure et extérieure, le désir de participer à la libération de la France transcendant les oppositions sans apaiser les méfiances: le général Charles de GAULLE, le 25 août, reproche au général LECLERC d'avoir suivi les instructions d'Henri ROL - TANGUY ; auparavant, la séance du 21 août s'est ouverte sur un constat de rupture entre les partisans de la trêve et ceux de l'insurrection.

Mais le FRONT NATIONAL, qui regroupe les organisations résistantes, sait adopter finalement des positions fermes auxquelles le général Charles de GAULLE sait s'adapter.

Les journées du 25 et du 26, le général Charles de GAULLE les veut et les fait symboliques de la restauration de la France républicaine : il refuse de proclamer la IVème République depuis l'Hôtel de Ville malgré l'avis de Georges BIDAULT.

Il préfère une manifestation populaire à un défilé militaire pour la journée du 26, fondant dans l'appui du peuple la légitimité de son pouvoir.

La libération de PARIS, étape stratégique imprévue pour l'état - major américain, témoignait pour l'avenir que la France était redevenue un partenaire à part entière dans la lutte finale contre l'Allemagne nazie.

 

LES CHEMINOTS ET LA LUTTE ARMEE

Le devoir de français, de patriote, de cheminot ?

 

C’est SABOTAGES PAR TOUS LES MOYENS

 

 

Le rôle des cheminots dans l'action armée contre l'occupant est considérable et multiforme, du renseignement à l'action directe.

 

 

 

Le caractère stratégique du transport ferroviaire en fait un enjeu militaire essentiel.

Pour affaiblir la machine de guerre allemande et préparer la Libération, les cheminots, qui sont les premiers concernés, ne restent pas spectateurs et prennent leur part dans le combat qui doit gêner et bloquer les chemins de fer mais aussi les utiliser pour la Résistance.

L'action de résistance se développe précocement sous des formes très diverses. Dans les dépôts, les ateliers, les trains, des cheminots ont commencé très tôt des actions concrètes qui détériorent le matériel, ralentissent ou paralysent les transports.

Mais après le sable dans les boîtes d'essieu, le décollage des étiquettes mentionnant la destination des wagons, voici le temps, dès l'année 1942, des actions dans les gares, dans les triages, dans les dépôts sabotages des locomotives « explosées », la participation aux déraillements, etc.

Ce sont également les renseignements recueillis et transmis par les cheminots qui conditionnent l'efficacité des bombardements aériens et permettent d'organiser des déraillements meurtriers pour les troupes allemandes.

 

Jean JAURES 1859-1914

 

L'Année du centenaire de la première guerre mondiale, et aussi celle de l'assassinat de JEAN JAURES.

 Le danger de guerre entrevue en 1905 donna, par réaction, un élan au pacifisme. La défense de la paix a été le souci d'un certain nombre d'écrivains, de savants en France ou en Allemagne - un bureau international de la paix, à BERNE, regroupant des sommités de plusieurs pays.

 Dès 1907, Jean JAURES dénonce les crimes coloniaux au MAROC; il accuse « le Parti Colonial » marchands d'obus, aventuriers, banquiers de vouloir, en disputant à l'Allemagne la domination du MAROC, «  nous conduire aux pires aventures ».

En 1912, un (( concours international Pacifiste » est ouvert, en toutes langues, entre les écoles primaires par la ligue internationale de la paix et de la liberté. Parallèlement à ces effets pédagogiques, un mouvement en faveur de l'arbitrage international de la convention de LA HAYE crée comme cour permanente d'arbitrage où les nations représentées signèrent une série de vœux et de conventions favorables aux règlements pacifiques des conflits.

En novembre t912, des manifestations en faveur de la paix se déroulent dans plusieurs pays d'Europe à l'appel du bureau Socialiste international. Jean JAURES participe à deux meetings à BERLIN sur un retentissant « Paix aux peuples et guerre à la guerre ! ». Au Congrès de BALE (Suisse) de l'international Socialiste, celui-ci, s'impose comme un chantre de la paix sur la scène internationale. Jean JAURES est obsédé par la menace de guerre. Réunions de toute sorte, Congrès Nationaux et internationaux, Chambre des députés, il n'est plus de lieu où ne résonne sa voix, journaux, revues, dans son journal « l'Humanité » qu'il a créé en 1904.

Le 25 mai 1913, en plein débat sur les trois ans (du service militaire), la manifestation annuelle à la mémoire des communards est interdite par le gouvernement. Elle se transforme vite en un rendez-vous pacifiste de tous ceux qui refusent les bruits de bottes qui s'annoncent. Au PRE-SAINT-GERVAIS près de PARIS, la SFIO rassemble plus de 100.000 personnes et se transforme en meeting pacifiste contre la loi des trois ans de service militaire. Jean JAURES y prononce l'un de ses plus célèbres discours.

Dès le lendemain, les va-t’en guerre stigmatisent cette manifestation. La loi est votée en juillet 1913. Ecrivant en 1910, « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage ». Jusqu'au bout, il se dresse contre la guerre imminente. Il faut mesurer sa détermination à tenter de rassembler les peuples d'Europe contre la tragédie annoncée, tant par sa plume dans son journal que par ses interventions multiples.

Le 28 juin 1914, l’assassinat à SARAJEVO de l'archiduc François FERDINAND, héritier du trône AUSTRO-HONGROIS, précipite l'Europe et le monde dans l'inévitable engrenage belliqueux fatal .Il est assassiné dans la soirée du 31 juillet 1914 au café du CROISSANT par le nationaliste Raoul VILLAIN. La guerre éclate au lendemain de sa mort.

 

Robert BAPTIER