27 Mai Journée nationale de la résistance

 

 UNE JOURNÉE REVENDIQUÉE DÈS 1945 PAR

LES ASSOCIATIONS ISSUES DE LA RÉSISTANCE

Se souvenir, pourquoi ?

« Événement majeur de notre histoire, la Résistance n'est pas seulement l'affaire de ceux qui la vécurent, y participèrent, l'organisèrent. Bien au-delà du souvenir, elle continue de génération en génération, à dispenser à tous son lucide enseignement.

Cet événement majeur réclame un moment fort au cours duquel chacun puisse, non seulement l'honorer et le célébrer, mais avant tout le comprendre !

Incessante pédagogie de l'espoir, la Résistance reste à l'œuvre dans la mémoire collective des Français. Elle est une des forces profondes qui structurent notre durée, proclament notre passion de la liberté et donnent un sens véritable à notre héritage. »

Jean MARCENAC, poète Résistant

 « Au volontariat que fût le nôtre, il y a plus de soixante-dix ans, doit succéder un nouveau volontariat au service des valeurs de la Résistance. Une société est en péril lorsque le tissu social se déchire, quand la fracture s'élargit entre ‘’le peu’’ qui ont trop et le ‘’reste ‘’ qui a peu, quand la désespérance frappe une large fraction de la population.

Sans justice, sans égalité, sans solidarité, la démocratie devient un mot vide de sens.

La remise en cause de ce qu'on appelle les acquis de la Résistance, notamment sur le plan social, constitue un recul historique qui tend à priver de son sens véritable le combat du peuple français pour sa libération. »

Robert CHAMBEIRON, Résistant, secrétaire général adjoint du Conseil national de la Résistance

Programme du Conseil national de la Résistance

(15 mars 1944)

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans  cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la

Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

 

I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée

par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le  C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan del’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction de s comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

Le but de ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par-dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.

Ces comités devront :

1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :

a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états-majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organiser des milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état-major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;

4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.

Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d’assurer :

- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

- le respect de la personne humaine ;

- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la

loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;

- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;

- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

- la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;

- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une  politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accord ant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

- le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les incitera à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

 

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

L'A.N.C.A.C    ET LA FLAMME

 

 Août 1944, la défaite de l'Allemagne se précise, bientôt la bête nazie qui depuis 4 ans porte la mort dans l'Europe entière sera enfin vaincue.

 Les cheminots, durant cette période tragique, payèrent un lourd tribut dans la lutte entreprise, puisque 450 d'entre eux furent assassinés, parmi lesquels Pierre SEMARD, Georges WOLDI, Jean CATELAS ; des milliers furent déportés et beaucoup ne revinrent pas, tels nos camarades GUGELOT, GAUTHIER, JOSEPH, PERREGOT, BRIN, PERIOT, GIRARD et tant d'autres militants de l'A.N.C.A.C, dissoute par le gouvernement de VICHY.

 Mais ni les déportations, ni les fusillades ne devaient ralentir l'élan des patriotes, et le 10 août 1944, les cheminots déclenchaient la grève insurrectionnelle. Cette grève, désorganisant les transports ferroviaires de troupe et de matériels ennemis, créa l'enthousiasme qui entraîna l'ensemble de la population parisienne dans les combats libérateurs, elle a contribué pour une large part à hâter la libération de PARIS le 25 août 1944 et la défaite de l'ennemi nazi.

 

Sur la demande de l'A.N.CAC, le Comité de la Flamme a modifié son calendrier et c'est ainsi que notre Association Nationale a eu l'insigne honneur de ranimer la flamme, le 10 août 1965, jour anniversaire de la grève insurrectionnelle du 10 août 1944 et ceci sans discontinuer.

 

En raison de cet anniversaire, la cérémonie du souvenir au « Poilu Inconnu » doit revêtir une ampleur exceptionnelle et ce d'autant plus que nous serons les seuls ce jour là « comme association d'Anciens Combattants » pour accomplir le geste rituel.

 

Plus particulièrement dans la région île de France, et même au-delà, un gros effort doit être effectué et déjà, il importe que dans chaque section soit envisagée une très large participation.

 

Tous les cheminots se souviennent de la grève insurrectionnelle du 10 août 1944 et de son action déterminante, aussi ils auront à cœur de se rendre au rassemblement place de l'Etoile -Charles de GAULLE en ce mercredi 10 août 2016.

Le COLONEL Henri ROL-TANGUY

 

Commandant la région des Forces Françaises de l'Intérieur

de l'Ile de France


 

 

 

Henri ROL-TANGUY, (1908 / 2002) homme politique et résistant fiançais, qui a dirigé l'insurrection de PARIS contre les allemands en août 1944

 

Né à MORLALX (Finistère) dans une famille de marins, Henri TANGUY, dit Henri ROL-TANGUY, travaille comme ouvrier métallurgiste. Il rejoint très tôt le parti communiste, et s'engage dans l'action militante. Lors de la guerre d'Espagne, il fait partie des brigades internationales et occuppe le poste de commissaire politique.

 

Mais c'est surtout durant la seconde guerre mondiale que Henri ROL-TANGUY s'illustre. Il entre dans la Résistance dans les rangs des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTP ou FTPF). Connu sous le nom de colonel ROL, il organise les différents réseaux dans la région parisienne et devient, le 5 juin 1944, le chef d'état- major des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) pour la région Ile de France. Dans ce cadre, il prend la tête de l'insurrection de PARIS, qui débute le 18 août 1944. Après une trêve signée le 21, il décide, en accord avec le Comité Parisien de Libération, de reprendre les combats de rue.

 

Dans le même temps, le général Charles de GAULLE obtient d'EISENHOWER d'envoyer la 2eme Division Blindée ( 2ème D.B) du général LECLERC aider à la libération de PARIS. Le 24 août, la division blindée entre dans la capitale. Le commandant allemand de PARIS, le général Diétrich von CHOLTITZ, signe une convention de capitulation avec le général LECLERC. Le lendemain, ROL-TANGUY convainc cependant ce dernier de le laisser signer également cette capitulation, obtenant ainsi la reconnaissance du rôle de la Résistance intérieure dans la libération de la capitale.

 

Membre du comité central du parti communiste français de 1964 à 1987, Henri ROL-TANGUY était compagnon de la Libération et grand-croix de la Légion d'honneur.

CHEMINOTS, SOUVENEZ-VOUS!

 

les cheminots dans l'insurrection

 

Partout dans Paris les barricades s'élèvent

Comme en 1848, comme en 1871, le peuple de Paris passe à l'action insurrectionnelle qui libérera notre capitale.

cheminots

 

Vous avez l'honneur d'être à l'origine de cette gigantesque lutte libératrice.

Par la grève, vous avez tout d'abord arrêté tout trafic boche diminuant ainsi terriblement le potentiel de guerre de l'ennemi nazi.

Stratégiquement, vous avez contribué sensiblement à l'avance des alliés. Ensuite, vous avez déclenché la grève générale et enfin l'insurrection.

 

Votre grève sera historique

 

Vous resterez à la pointe du combat en luttant les armes à la main. Avec le peuple parisien, vous exterminerez le boche. Déjà les cheminots groupés dans les milices patriotiques ont participé énergiquement à la libération de notre Patrie. Sur tous les réseaux, les cheminots sont entrés dans leurs dépôts. Partout ces établissements sont des bastions de la résistance.

 

sud- est les camarades des différents « centres », s'armant sur les boches, ont fait sauter le rail de raccordement de la grande ceinture de VILLENEUVE, -un déraillement qui obstrue deux voies à Bercy.

-au raccordement de la ceinture à Bercy, les cheminots coupent les voies retardant le départ des trains de repli.

-à CONFLANS, plusieurs wagons de blé, pris à l'ennemi sont mis à disposition du ravitaillement d'ALFORTVILLE et CHARENTON,.

-attaque au fusil-mitrailleur d'un train boche à la ceinture (passerelle de Picpus).

 

sud-quest, à IVRY, les cheminots, dans une expédition combinée avec les forces locales, tuent six allemands, en blessant plusieurs, s'arment sur l'ennemi et se retirent sans perte.

 

ouest, aux Batignolles les cheminots attaquent le dépôt, tuent deux allemands, en blessent grièvement un, récupèrent ainsi les armes. Au cours de cette action qui a permis la réoccupation du dépôt, quatre de nos camarades sont blessés.

 

NORD, à la Chapelle, le Comité de grève a mis à la disposition de la Croix- Rouge pour les besoins de la population, 40 wagons chargés de vivres arrachés aux boches. Les cheminots de ce centre, groupés dans les milices patriotiques, d'accord avec les autorités compétentes de la résistance procèdent à l'arrestation des cheminots traîtres à la Patrie.

 

est, les cheminots de NOIS Y participent en accord avec les milices locales à la prise de la Mairie. Voici des exemples parmi tant d'autres qui démontrent que les cheminots sont dans la lutte insurrectionnelle.

 

IL FAUT AMPLIFIER CETTE LUTTE

 

Tous les cheminots à partir de 18 ans doivent appartenir aux milices patriotiuques et se battre, se battre les armes à la main contre l'ennemi qu'il faut exterminer.

Honneur aux camarades de Vitry, qui sont morts en combattant pour la libération de la Patrie. Debout, cheminots Parisiens pour venger nos héros tombés pour que vive la France.

 

Le Comité Central de la Région Parisienne

L'appel à l'insurrection (1944)

Porte-drapeaux

 

Un peu d'histoire

Emblème national de la République, le drapeau tricolore est né sous la Révolution, de la réunion de la couleur du Roi (le blanc) à celles de la ville de Paris (le bleu et le rouge). Aux premiers jours de la Révolution de 1789, les trois couleurs sont d'abord réunies dans une cocarde. Le 17 juillet (la Bastille a été prise le 14) Louis XVI, venu officialiser la nouvelle garde nationale, porte une cocarde bleue et rouge... à laquelle Lafayette aurait ajouté le blanc.

Quoi qu'il en soit, c'est la loi du 15 février 1794 (27 pluviôse An II) qui fait du drapeau tricolore le pavillon national de la France. Et si c'est le bleu qui est attaché à la hampe, nous le devons aux recommandations du peintre David, un orfèvre en matière de couleurs.

Porte-drapeau et diplôme

Selon la formule, le porte-drapeau agit bénévolement et se doit de demeurer impassible, quelles que soient les circonstances du déroulement de la cérémonie à laquelle il participe.La reconnaissance de la Nation aux porte-drapeaux est devenue concrète par arrêté du 26 juillet 1961, date à la­quelle ces bénévoles se virent attribuer un diplôme d'honneur.

Seuls les anciens combattants comptant au moins dix années de service comme porte-drapeaux pouvaient le recevoir.

Dès 1978, l'obligation d'être ancien combattant disparaît, et le temps de service est ramené à cinq ans.

L'arrêté du 30 janvier 2003 permet l'adjonction des associations de sapeurs-pompiers, celles de policiers, des gardes champêtres communaux et intercommunaux, et des associations de la protection civile (sauveteurs secouristes, hospitaliers, Croix-Rouge, etc.).

La durée de service est ramenée à trois ans pour tous.

Bon à savoir: subventionsL'ONAC, chargé de l'attribution des diplômes, a également, depuis janvier 2002, mission d'aider à l'achat et au renouvellement des drapeaux associatifs. Elle octroie donc des subventions pour l'achat d'un drapeau (150 euros) ou pour la restauration d'un drapeau ancien (80 euros), aux associations départementales, régionales ou interdéparte­mentales.Le diplôme d'honneur de porte-drapeau ouvre droit au port d'un insigne (Médaille ou pin's). Depuis 2005, trois nou­veaux modèles ont été créés. On distingue donc aujourd'hui :

un insigne ordinaire à partir de 3 ans de service,

un insigne pour 10 ans de service, avec étoile argentée,

un insigne pour 20 ans de service, avec étoile dorée,

un insigne pour 30 ans de service, avec palme argentée.